Hockey sur glace - Pourquoi Lausanne est favori de son quart de finale
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Hockey sur glacePourquoi Lausanne est favori de son quart de finale

Dès mardi, les Lions vaudois affronteront leurs homonymes zurichois en quart de finale des play-off. A la veille du coup d’envoi, tour d’horizon des forces en présence avec un léger avantage au club romand.

par
Grégory Beaud
Les Vaudois auront l’avantage de commencer cette série de quart de finale à domicile.

Les Vaudois auront l’avantage de commencer cette série de quart de finale à domicile.

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Et dire que cela aurait pu être Rapperswil en quarts de finale au lieu de Zurich… Lausanne ne devra pas gamberger trop longtemps sur cette défaite de lundi dernier chez les Saint-Gallois qui le prive de la deuxième place et donc d’un affrontement autrement plus abordable au premier tour des séries éliminatoires. Ce sont donc aux Lions du Hallenstadion que se frotteront les hommes de Craig MacTavish. Et si, face à «Rappi», le favori aurait été très simple à désigner, ce n’est pas autant aisé dans cette série entre le 4e et le 5e qui s’annonce passionnante. Pourtant, le LHC part avec un léger avantage. On détaille.

Les gardiens

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Avec deux gardiens parmi les cinq meilleurs de la ligue au pourcentage d’arrêts, Lausanne a pu s’appuyer sur un Tobias Stephan et un Luca Boltshauser terriblement solides durant l’entier de la saison régulière. Bien aidés par une défense imperméable devant eux, les derniers remparts ont donné tous les soirs une chance de gagner au LHC. Une question désormais: qui sera devant le filet lors de l’acte I de cette série face à Zurich? Avec 29 titularisations sur 51 matches, Tobias Stephan devrait avoir les faveurs de son coach. A 37 ans et avec une expérience de plus de 100 matches de play-off, le Zurichois est un atout majeur dans le jeu des Vaudois. Souvent cantonné au rôle d’excellent gardien de saison régulière, Tobias Stephan aura à cœur de prouver qu’il peut également performer lors des séries éliminatoires.

Entre les poteaux zurichois, Ludovic Waeber a créé une belle surprise. Barré par Reto Berra à Fribourg, le No 35 du Hallenstadion paraissait promis au rôle de doublure de Lukas Flüeler. Mais entre ses bonnes prestations (surtout) et les pépins de santé de son concurrent (aussi), «Ludo» s’est approprié la place dans la cage. En 37 matches, il a même de meilleures statistiques (pourcentage d’arrêts et nombre de buts encaissés par match) que Reto Berra. Rien que ça. Problème? A 24 ans, il n’a pour l’heure jamais disputé le moindre match de play-off. Il faut bien commencer un jour, évidemment. Mais cela pourrait être un facteur à prendre en considération.

Avantage: Lausanne

Défense

Si l’on ne regarde que les chiffres «bruts», Lausanne est censé avoir une bien meilleure défense que Zurich. En effet, le LHC n’a encaissé que 125 buts en 51 matches (2,45 buts par rencontre). Impressionnant. Mais si l’on creuse un petit peu, on se rend compte que les Zurichois, bien qu’ayant capitulé 143 fois en 52 sorties (2,75 par match), font un travail défensif plus que correct. En effet, la troupe de Rikard Grönborg est l’équipe qui concède le moins de tirs par match. Avec un corsi de 53,14 tirs concédés par 60 minutes (CA/60). Lausanne, meilleure arrière-garde du championnat, n’est pas loin avec 58,18. Preuve de la superbe saison réalisée par les deux gardiens vaudois. Mais en terme de prestation défensive pure, Zurich ne doit pas être négligé. Bien au contraire. Les routiniers que sont Christian Marti, Patrick Geering ou Phil Baltisberger n’auront pas peur des attaquants vaudois, tandis que Maxim Noreau n’a absolument rien à envier – offensivement – à Mark Barberio.

Corsi, définition

Pour éviter de perdre les moins férus de statistiques, un point «vocabulaire» s’impose. Qu’est-ce que le corsi? C’est une statistique qui peut se calculer pour une équipe ou pour un joueur. Elle peut être offensive (CF, corsi for) ou défensive (CA, corsi against) Elle totalise le nombre total de tirs réalisés (ou concédés), qu’ils soient cadrés, non-cadrés ou bloqués. Pourquoi est-ce intéressant? Elle permet de quantifier le volume de jeu d’une équipe/d’un joueur en comptant toutes les fois qu’il lui aura été possible de déclencher un tir ou tous les tirs concédés

Le corsi peut s’exprimer en valeur absolue ou en pourcentage. Soit on calcule le nombre de tirs par 60 minutes soit le pourcentage de tirs d’une équipe ou d’un joueur par rapport à ses adversaires (CF%). Historiquement, avoir un corsi positif – au-delà de 50% – est un élément prédictif du succès des équipes.

Malgré l’expérience et les jolis noms composant la défense de Zurich – on oublie presque Tim Berni… –, la fin de saison de Johann Morant est un coup dur qu’il ne faut pas négliger. Le «policier» aurait probablement été très utile lors des séries éliminatoires. Toujours est-il que les deux défenses semblent assez similaires en terme de qualité.

Avantage: Lausanne, d’un cheveu.

Attaque

Cette série s’annonce pour le moins passionnante pour les amateurs de beau jeu. En effet, deux des attaques les plus productives seront opposées. Si Lausanne peine à la finition (8,15%), le LHC est l’équipe qui se crée le plus de tirs par rencontre avec un Corsi de 63,33 contre 62,29 pour les ZSC Lions, qui ne sont de loin. Cet affrontement verra une panoplie d’internationaux (ou anciens) se faire face. Les Zurichois Sven Andrighetto et Denis Hollenstein seront opposés aux Denis Malgin et Christoph Bertschy. Attention, ça va décoiffer.

Mais à ce petit jeu, qui est le mieux loti? A cause (ou grâce, cela dépend de quel côté de la Limmat on se trouve) de la «lex Suter», Zurich peut faire évoluer cinq étrangers simultanément sur la glace contre quatre pour le LHC.

«Lex Suter», rappel

Pour la première fois cette saison, les clubs ont le droit de compenser le départ d’un de leurs joueurs en NHL par un étranger supplémentaire si le partant avait un contrat encore valable. Cette règle a été instaurée à la suite de l’accord entre la National League et le prestigieux championnat nord-américain. De ce fait et comme Pius Suter était encore sous contrat avec les ZSC Lions, le club du Hallenstadion a pu combler le trou par un certain Ryan Lasch qui rejoint les attaquants Garrett Roe, Markus Krüeger et Fredrik Pettersson. Ce dernier est toutefois blessé et semble souffrir d’une rechute à la suite d’une commotion. Teemu Rautiainen a été rappelé des GCK Lions pour «faire le nombre».

La légion étrangère lausannoise, elle, est moins en vue offensivement. Brian Gibbons, après un début très prometteur, est rentré dans le rang, tandis que la valeur de Cory Emmerton n’est pas uniquement liée à son rendement devant le filet adverse. Toujours est-il que si Lausanne veut rivaliser avec Zurich, il faudra pouvoir compter sur un Denis Malgin en grande forme et des étrangers productifs.

Avantage: Zurich

Situations spéciales

Le power-play lausannois a été un chantier au long cours pour Craig MacTavish. Très efficace lors de l’arrivée de Charles Hudon, le jeu de puissance est rouillé depuis un certain temps. Avec 15,62% de réussite, seul Langnau a une unité spéciale moins productive. Comme l’on dit que ce sont souvent ces secteurs de jeu qui font la différence en play-off, il reste à espérer que le déclic arrive rapidement. Si le «PP» de Zurich n’est pas exemplaire (19,37%), il est dans la moyenne de la National League. Il manque toutefois l’artilleur Fredrik Pettersson (lire plus haut). En infériorité numérique, les deux équipes se valent en pourcentage de réussite. Problème? Lausanne est plus pénalisé que son adversaire. Dès lors, le LHC encaisse forcément plus de buts en «PK». Aux Vaudois de corriger le tir en étant plus disciplinés.

Avantage: Zurich

Coach

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Triple champion du monde, vice-champion olympique, champion du monde juniors: Rikard Grönborg sait gagner des titres lorsqu’il est à la tête des sélections suédoises. Et en club? Le technicien de 52 ans n’a quasi jamais entraîné une équipe professionnelle. Est-ce un problème? Ils sont nombreux à le penser. Toujours est-il qu’avec le «Tre Kronor», le technicien du Hallenstadion a gagné bon nombre de matches couperets. Si la longueur d’une saison régulière peut s’avérer difficile pour un homme habitué au rôle de sélectionneur et non de coach, le début des play-off ne répond pas à la même logique. Oui, Rikard Grönborg sera un atout pour Zurich.

Craig MacTavish n’est pas en reste en matière d’expérience. S’il n’a pas le lustre de son rival, «MacT» a tout de même entraîné des équipes de NHL durant de nombreuses années. Il a même emmené Edmonton en finale de la grande ligue en 2006. Ce n’est pas rien. En sélection, il a mené le Canada à deux médailles d’argent alors qu’il était entraîneur assistant. Bref, en matière d’expérience, Craig MacTavish en a davantage que Rikard Grönborg même s’il a moins gagné. Problème? Il ne bénéficie pas du même calme que son vis-à-vis pour travailler sereinement.

Avantage: Zurich.

Conclusion

Si l’on s’amusait à «compter» les points, il y a 3-2 en faveur des Lions du Hallenstadion. lls sont donc favoris de ce duel? Pas si vite. Il paraît que l’attaque gagne des matches et la défense gagne des championnats, non? C’est justement ce qui pourrait faire la différence dans cette série valdo-zurichoise. Avec des gardiens plus sûrs et une arrière-garde légèrement plus solide, le LHC semble tout de même partir avec un léger avantage. Surtout que les Vaudois ont l’avantage de la glace.

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