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Votation du 28 septembreVoilà pourquoi les assureurs privés rejettent la caisse publique

Le système suisse d'assurance maladie est l'un des plus performants au monde, selon l'Association suisse d'assurances (ASA) pour qui ni les coûts de la santé, ni les primes ne baisseront.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

L'Association suisse d'assurances (ASA), la faîtière des assureurs privés, ne veut pas de la caisse publique unique soumise à votation le 28 septembre.

Elle dénonce les «promesses trompeuses» des initiants: ni les coûts de la santé, ni les primes ne baisseront. Bien au contraire.

Les assureurs privés ont décidé de sortir du bois en Suisse romande, «car les opposants y sont moins présents qu'en Suisse alémanique». «En Suisse romande, la parole est monopolisée par quelques acteurs politiques en vue», a déclaré mercredi à Lausanne Philippe Hebeisen, qui s'exprimait en tant que membre du comité de l'ASA.

Le système suisse d'assurance maladie est l'un des plus performants au monde, a rappelé Lucius Dürr, directeur de l'ASA. Pourquoi révolutionner un système qui fonctionne bien? Pourquoi faudrait-il le remplacer par «un monstre bureaucratique».

Pas une solution

«La gauche espère l'emporter à l'usure», a relevé Philippe Hebeisen. Mais ce qui fait débat aujourd'hui c'est l'explosion des primes: or, la caisse publique n'est pas la solution à la hausse des coûts.

Les frais administratifs des caisses maladie - source d'économies selon les initiants - ne représentent en moyenne que 5,2% de l'ensemble des primes, soit moins que ceux de l'AI (6,8%), de l'AVS (9,2%) ou de la Suva, notent les assureurs. «Nous contrôlons 90 millions de factures par an. Nous négocions dur avec les prestataires de soins», a dit Thomas Grichting, directeur du Groupe Mutuel.

Onéreux changement de système

Les coûts de passage d'un système à l'autre sont évalués à 4,582 milliards de francs par an, ce qui augmenterait les primes d'environ 17%, estiment les assureurs. Selon leurs calculs, ces charges supplémentaires résulteront des tarifs publics plus élevés, de la suppression des franchises à options et des modèles alternatifs d'assurance.

Des arguments mensongers, ont rétorqué les initiants, qui disent n'avoir jamais eu l'intention de supprimer les rabais pour enfants, par exemple.

Incertitudes

Dans tous les cas de figure, les assureurs prédisent un long processus de transition et d'incertitude. Les assurés devront s'habituer à un nouveau système et perdront la liberté de choisir leur caisse.

Interrogés sur la possibilité pour les cantons romands de créer une caisse unique cantonale - si le oui l'emporte localement -, les assureurs en doutent fortement, car cela implique un changement de la législation fédérale. L'idée avait été lancée par le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard, partisan de la caisse unique.

(ats)

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