France: Voiture de police brûlée: lourdes peines requises
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FranceVoiture de police brûlée: lourdes peines requises

Neuf hommes, dont un Suisse, sont actuellement jugés pour l'attaque très médiatisée d'un véhicule de police en mai 2016 à Paris.

L'attaque de la voiture était survenue en marge des manifestations contre la loi Travail en 2016.

L'attaque de la voiture était survenue en marge des manifestations contre la loi Travail en 2016.

Archives, AFP

La justice française a requis vendredi de lourdes peines de prison ferme contre des activistes proches de l'ultra-gauche qui avaient incendié le 18 mai 2016 une voiture de police occupée par deux policiers à Paris. Un homme résidant en Suisse est impliqué dans cette agression, sur fond de mouvement anti-loi du travail. Il a obtenu la plus lourde peine.

Le parquet a ainsi donné un tour très politique à ce qui aurait pu n'être qu'un fait divers en marge du mouvement contre la «loi El Khomri» sur le travail, ont estimé des avocats de la défense. Huit prévenus de 20 à 40 ans comparaissent depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour cette attaque commise en marge d'une manifestation contre un rassemblement de policiers dénonçant «la haine antiflics».

Parmi eux, deux frères de 20 et 23 ans, Angel et Antonin Bernanos, étudiants, descendants directs de l'écrivain Georges Bernanos. Ils se revendiquent de la lutte antifasciste et nient toute participation à l'agression des deux gardiens de la paix.

Huit ans pour le résidant helvétique

Un mandat d'arrêt a été lancé contre un neuvième homme, âgé de 28 ans, demeurant en Suisse. Il est soupçonné d'avoir jeté dans la voiture le fumigène qui y a mis le feu, alors que les deux policiers étaient dedans. Le ministère public a requis contre cet homme, en son absence, une peine de huit ans de prison ferme.

«C'est bien le procès de quelques casseurs, d'incendiaires», d'une «bande ultraviolente» qui, «par idéologie», a «lynché» deux policiers, a dit le procureur, qui a retourné l'accusation de «dérive anti-démocratique violente» contre les prévenus.

Malgré les dénégations d'Antonin Bernanos, qui a dit être là «à cause d'un témoin qui raconte n'importe quoi», le procureur a requis cinq ans de prison contre lui, dont quatre fermes.

Ce jeune homme à l'allure sage, qui a fait dix mois de détention provisoire, déjà condamné en 2013 pour violences aggravées, est accusé d'avoir frappé un des deux policiers et défoncé la vitre arrière du véhicule, par où sera lancé le fumigène.

Avec une barre métallique

Une peine de cinq ans de prison dont trois fermes a été demandée pour le plus âgé des prévenus, 40 ans, informaticien sans emploi. Celui-ci a pour sa part reconnu avoir frappé le policier avec une barre métallique.

Il a invoqué la colère, nourrie selon lui par l'usage de la force par les forces de l'ordre lors de manifestations contre la réforme du travail, et la peur devant le policier qui lui a fait face après s'être extrait de la voiture enfumée.

Cet accusé, qui a déjà effectué treize mois de détention provisoire, a présenté ses excuses au policier, qui a dit «avoir cru mourir», comme sa collègue, qui revenait avec lui d'une séance de tir quand ils ont été bloqués quai de Valmy.

Verdict le 29 septembre

Le ministère public a requis des peines de trois ans de prison à l'encontre d'un autre homme, surnommé Kara, transgenre d'origine américaine, et du plus jeune prévenu, 20 ans, dont deux fermes pour le premier et un pour le second. Ils ont reconnu les faits qui leur sont reprochés.

Un autre homme est en détention provisoire depuis seize mois et le ministère public a requis son maintien en détention. Des peines de 12 mois de prison avec sursis ont été demandées à l'encontre des autres prévenus, assorties comme pour tous les accusés de trois ans d'interdiction de manifester.

Les audiences depuis mardi ont été houleuses, scandées par les cris des sympathisants des prévenus groupés à l'extérieur de la salle: «Tout le monde déteste la justice» ou «Flics violeurs assassins». Des journalistes ont été pris à partie. Le verdict est attendu le 29 septembre.

(ats)

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