Pollution: Voitures neuves en 2018: le bonnet d'âne pour la Suisse!
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PollutionVoitures neuves en 2018: le bonnet d'âne pour la Suisse!

En 2018, c'est en Suisse que l'on a acheté les voitures les plus polluantes d'Europe. Presque deux fois plus qu'en Norvège, qui, elle, taxe les voitures au poids.

par
E.F.
En 2018, plus de la moitié des voitures neuves achetées par les particuliers fait partie de la catégorie des véhicules lourds, des SUV, dont les émissions de CO2 sont plus élevées.

En 2018, plus de la moitié des voitures neuves achetées par les particuliers fait partie de la catégorie des véhicules lourds, des SUV, dont les émissions de CO2 sont plus élevées.

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Les véhicules neufs vendus en Suisse en 2018 émettent en moyenne 137,3 grammes de CO2 par kilomètre. Selon le site d'expertise automobile JATO, c'est le pays d'Europe où la moyenne a été la plus élevée, devant l'Allemagne avec 129,1 grammes. Cette situation s'explique en grande partie par la mode des voitures lourdes et grosses, les SUV, qui représentent plus de la moitié des ventes automobiles dans ces deux pays.

La taxe au poids en Norvège

A l'inverse, avec 72,4 grammes de CO2 au kilomètre pour ses voitures vendues en 2018, la Norvège a des véhicules près de deux fois plus économes et propres que la Suisse. Il faut dire que la Norvège a décidé de lutter contre la vague des voitures lourdes d'une manière bien simple: en les taxant au poids. Par exemple, une Audi Q7 est taxée 20 000 euros, tandis une smart Fortwo vingt fois moins et une voiture électrique est subventionnée.

Tendance inversée

Le quotidien «Libération» qui publie ces chiffres précise que la tendance s'est inversée. Jusqu’en 2016, les voitures vendues étaient chaque année plus économes en moyenne que l’année précédente en Europe. Mais en 2018, on retombe au niveau de 2014-2015, avec plus de 120 grammes de CO2 émis par kilomètre parcouru: «Une des raisons de cette inversion de tendance est l’augmentation du poids des voitures, qui augmente mécaniquement la consommation et les émissions de gaz à effet de serre.»

Baisse impossible

Pour le quotidien français, les accords actuels dans la branche sont à l'origine aussi de ce phénomène car «plus un constructeur fabrique des voitures lourdes, plus il a le droit que ces voitures émettent du CO2.» Il constate aussi d'une manière générale qu'en Europe, le secteur des transports est le seul dans lequel les émissions de gaz à effet de serre ne parviennent pas à baisser. Sur 30 ans, les émissions de CO2 ont augmenté de plus de 25%, alors qu’elles ont baissé dans les autres secteurs (industrie, chauffage). Il rappelle que les transports sont constitués à 60% de voitures particulières.

Des objectifs inatteignables

Pour remédier à ce problème, l’Union européenne a fixé des objectifs ambitieux et contraignant de réduction des émissions des voitures vendues: 95 grammes de CO2 émis par kilomètre en moyenne. Mais «Libération» constate que ces objectifs ont peu de chances d’être atteints justement «en raison de l’augmentation du poids des voitures et du sabotage du mode de calcul par les lobbys des constructeurs automobiles allemands». La France étudie donc la question d'instaurer comme les Norvégiens un «bonus-malus» sur les voitures neuves en fonction de leur poids.

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