27.03.2019 à 09:15

Transports publicsVol d’identité: il écope d'une amende

Un Biennois a reçu une amende de 100 francs pour un trajet en bus qu'il n'a jamais effectué. Un resquilleur a utilisé son identité lors d'un contrôle. Un cas qui ne serait pas isolé.

von
Christine Talos
Les resquilleurs sont nombreux à dénoncer une connaissance au moment de livrer leurs données aux contrôleurs.

Les resquilleurs sont nombreux à dénoncer une connaissance au moment de livrer leurs données aux contrôleurs.

Keystone

Mauvaise surprise pour un Biennois de 28 ans. L'homme a en effet reçu une amende de 100 francs de la part des transports publics bernois dans sa boîte aux lettres. Selon Bernmobil, il n'aurait pas payé son billet sur un trajet dans la région bernoise. L'homme tombe des nues: car il n'utilise jamais les transports publics. Il ne se déplace qu'en voiture. Du coup, pour prouver son innocence, il a dû aller fournir un échantillon de son écriture au transporteur. «Je suis très fâché car j'ai dû prendre congé exprès pour cela», confie-t-il mercredi à «20 Minuten».

Que s'est-il passé? Le Biennois est sûr que quelqu'un d'autre a livré ses données au contrôleur, quelqu'un qui connaît son adresse. Il songe à un ami sur Facebook. En effet, jusqu'à peu, sa date de naissance figurait encore sur son compte. C'était donc très facile pour une personne malintentionnée de recouper et de donner ses données personnelles. En attendant d'éclaircir le cas, il a porté plainte contre inconnu.

Cas fréquents

Son cas ne serait pas rare, explique «20 Minuten». Ils se produisent d'autant plus facilement qu'en Suisse on n'est pas obligé d'avoir sur soi une carte d'identité.

Selon la porte-parole de CarPostal, des fraudeurs livrent ainsi au moins une fois par jour une fausse identité aux contrôleurs. Chaque année, CarPostal enregistre quelque 300 cas de ce type. La plupart du temps, les resquilleurs dénoncent des gens qu'ils connaissaient. «Mais il y a aussi ceux qui ont une adresse à portée de main en cas d'inspection», explique Katharina Merkle.

Aux CFF ainsi que dans d'autres entreprises de transport, ce genre de cas est fréquent mais on ne tient pas de statistiques. Partout on pointe du doigt le fait que l'on n'est pas obligé en Suisse d'avoir une carte d'identité sur soi.

«20 Minuten» rappelle encore que le 1er avril prochain, le registre national des fraudeurs sera lancé. Ce système enregistrera de manière centralisée tous les voyageurs qui sont contrôlés dans les transports publics sans titre de transport valable. CarPostal espère que cela permettra d'améliorer la situation. «Le but premier est de dissuader les fraudeurs notoires. Grâce à ce registre, ils pourront être identifiés dans toutes les compagnies de transport», estime Katharina Merkle.

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