Actualisé

CriseVolée de bois vert contre le Européens

Les dirigeants de deux des principales institutions économiques internationales ont vivement critiqué dimanche à Los Cabos la réponse des Européens à la crise sur le continent, à la veille d'un sommet du G20.

Le G20 se réunit lundi dans l'Ouest du Mexique.

Le G20 se réunit lundi dans l'Ouest du Mexique.

S'adressant à des hommes d'affaires, rassemblés dans cette cité balnéaire du Pacifique à la veille du sommet des pays riches et émergents, le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick s'en est pris au plan de sauvetage des banques espagnoles, d'un montant de 100 milliards d'euros, jugeant qu'il avait été «gâché».

Le patron de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), Angel Gurria, a jugé de son côté qu'il était temps que les Européens «retirent les échafaudages» qui encombrent encore le chantier de leur gouvernance, et qu'ils se décident enfin à utiliser les moyens «considérables» qui sont à sa disposition pour calmer les marchés.

«Chacun sait que cette réunion intervient à un moment absolument critique et nous attendons de l'Europe qu'elle nous dise ce qu'elle va faire», a-t-il dit devant des dirigeants du monde des affaires rassemblés dans le B20, réunis à Los Cabos au Mexique.

Incertitude

«Les marchés savent gérer les risques qu'ils connaissent. Mais le risque que nous créons, c'est que le modèle de nos décisions politiques accroisse l'incertitude et rende les marchés plus nerveux, ce qui a des conséquences négatives», a-t-il dit.

Citant l'exemple du renflouement des banques espanoles, il a estimé que «l'exécution (avait) été très mauvaise». Selon lui, les marchés n'ont pas bien compris les rôles joués par les différents mécanismes de stabilité de la zone euro, les fonds de secours et la banque centrale. «Donc il ont utilisé des grosses munitions et les ont gachées», a dit M. Zoellick.

Devant le même auditoire, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a indiqué que son institution allait «superviser» l'application du plan d'aide aux banques espagnoles, soulignant que l'Espagne ne faisait pas l'objet d'un programme d'aide du FMI, contrairement à la Grèce, au Portugal ou à l'Irlande.

M. Gurria avait déjà la veille à Los Cabos critiqué les Européens pour leur gestion de la crise de la dette qui a démarré en décembre 2009 en Grèce avant d'atteindre Lisbonne, Dublin et maintenant Madrid.

Pas correcte

«L'Europe a les moyens, les institutions, la vigueur et la force» pour faire face à la crise de ses finances publiques, mais «cette volonté ne s'est pas transmise de manière correcte, de manière suffisamment claire en raison des problèmes de gouvernabilité des institutions» européennes, avait déclaré devant la presse M. Gurria.

Il a aussi renouvelé samedi ses appels en faveur d'un fonds de secours européen doté de moyens «imposants» pour enfin calmer les marchés.

«Les Européens doivent montrer la force de frappe considérable qui est à leur disposition, et ils doivent faire passer le message qu'ils ont la volonté de l'utiliser», a-t-il souligné.

(AFP)

Ton opinion