Brésil: Volkswagen accusé de pratiques «esclavagistes» durant la dictature 
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BrésilVolkswagen accusé de pratiques «esclavagistes» durant la dictature 

Des ouvriers du groupe automobile allemand auraient été victimes de sévices et de violences dans les années 1970 et 1980, sur le chantier d’un grand site agricole au bord du bassin amazonien. 

«VW a manifestement non seulement accepté cette forme d’esclavagisme mais l’a aussi encouragée», a déclaré le procureur brésilien en charge du dossier. 

«VW a manifestement non seulement accepté cette forme d’esclavagisme mais l’a aussi encouragée», a déclaré le procureur brésilien en charge du dossier. 

AFP

Le groupe allemand Volkswagen, deuxième constructeur automobile mondial, fait face à de nouvelles accusations liées à la dictature au Brésil, cette fois pour des pratiques «esclavagistes» entre 1974 et 1986, affirment dimanche plusieurs médias allemands.

Affaire prise «très au sérieux»

Selon la chaîne de télévision publique ARD et le quotidien «Süddeutsche Zeitung», Volkswagen est convoqué le 14 juin devant un tribunal des Prud’hommes à Brasilia, suite à une notification qui lui a été envoyée par la justice locale le 19 mai.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de Volkswagen a assuré que l’entreprise prenait «très au sérieux» cette affaire et les «éventuels incidents» qui se seraient produits «et sur lesquels se basent les investigations des autorités judiciaires brésiliennes».Le groupe n’a toutefois pas voulu à ce stade en dire plus «en raison d’une possible procédure judiciaire».

Les faits qui lui sont reprochés remontent à la période 1974-1986, durant la dictature militaire qui a sévi au Brésil entre 1964 et 1985. Cela fait déjà plusieurs années que d’anciens employés du groupe durant cette période demandent des indemnisations, mais jusqu’ici sans succès.

«Violations systématiques des droits de l’homme»

Les plaintes examinées par la justice brésilienne font état, selon les médias allemands, de recours par le constructeur automobile à des «pratiques esclavagistes», à de la «traite d’êtres humains» et accusent le groupe d’avoir été complice de «violations systématiques des droits de l’homme». A l’époque, le groupe avait eu pour projet de construire un grand site agricole au bord du bassin amazonien pour le commerce de viande, la «Companhia Vale do Rio Cristalino».

Des centaines d’ouvriers journaliers et intérimaires furent à l’époque recrutés pour des travaux de déforestation notamment sur 70’000 hectares, via des intermédiaires, mais, selon les médias allemands, avec probablement l’assentiment de la direction du constructeur. Selon ces médias, qui ont pu consulter plus de 2000 pages de témoignages et de rapports de police, les ouvriers étaient parfois victimes de sévices et de violences de la part des intermédiaires et des gardiens armés du chantier.

«Une forme d’esclavagisme moderne»

Les témoignages font état de mauvais traitements contre les ouvriers qui tentaient de s’enfuir, voire de disparitions suspectes. La femme de l’un d’eux a été violée comme punition, selon les médias allemands. Une mère affirme que son enfant est décédé des suites de violences. «C’était une forme d’esclavagisme moderne», a déclaré aux médias allemands le procureur brésilien de Rio en charge de l’enquête, Rafael Garcia.

Il parle de conditions de travail inhumaines sur le site, «avec des ouvriers qui avaient la malaria, pour certains d’entre eux en mourraient et étaient enterrés sur place sans que les familles soient informées». «VW a manifestement non seulement accepté cette forme d’esclavagisme mais l’a aussi encouragée, car c’était de la main d’œuvre bon marché», a ajouté le procureur.

(AFP)

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