Commentaire - Votation: cinq fois oui, ou le triomphe de l’État protecteur
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CommentaireVotation: cinq fois oui, ou le triomphe de l’État protecteur

Mais où sont passés les «Neinsager»? Après une année de pandémie, une majorité de Suisse semble vouloir passer au «monde d’après».

par
Eric Felley
La pandémie a intensifié le travail parlementaire à Berne, où les questions environnementales ont pris une part prépondérante.

La pandémie a intensifié le travail parlementaire à Berne, où les questions environnementales ont pris une part prépondérante.

matin.ch/felley

Les premiers sondages Tamedia et de la SSR pour les votations du 13 juin prochain sont très proches. Ils montrent que les Suissesses et les Suisses sont dans des dispositions positives face aux 5 propositions qui leur sont faites. Mais où sont donc passés les «Neinsager» d’antan face à tant de lois nouvelles? L’opinion va évoluer sans doute, mais ces premières prises de température montrent que le besoin d’un État protecteur est bien présent. La population veut être protégée des pesticides avec les initiatives, du réchauffement climatique avec la loi sur le CO2, de la pandémie avec la loi Covid-19 et enfin des terroristes avec les mesures policières préventives.

«Moi je vote 5x non», a commenté un lecteur du «matin.ch» après le premier sondage Tamedia. D’un point de vue libéral au sens strict, il aurait bien raison. Les initiatives contre les pesticides imposent de nouvelles règles drastiques aux agriculteurs. Elles les menacent de ne plus recevoir de paiements directs s’ils ne suivent pas la pratique bio ou de ne plus pouvoir importer du fourrage. La loi sur le CO2 introduit des taxes sur la mobilité individuelle, renchérit le prix de l’avion et va obliger à changer nos chaudières à mazout. La loi Covid-19 introduit un certificat vaccinal qu’il faudra montrer pour aller au concert ou au stade. Enfin, les mesures policières contre le terrorisme font de chaque citoyen un auxiliaire de police potentiel pour dénoncer des terroristes potentiels.

Une année de pandémie a fragilisé les esprits et intensifié les peurs diverses dans la société. Le procès fait aux pesticides par les citadins, par exemple, relève d’une réaction un peu irrationnelle. Si les résultats dans l’urne confirment les sondages d’aujourd’hui, c’est que quelque chose a changé en Suisse. Une majorité veut passer au «monde d’après», en particulier sur les questions environnementales. C’est une réponse à un sentiment de culpabilité collective face à la pandémie et l’espoir d’une prochaine résilience.

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