19.02.2016 à 09:37

Votations 28 févrierVotations cantonales alémaniques: menu chargé

Sous-enchère salariale et interdiction de danser sont notamment au programme. Des élections sont également au menu.

Les Suisses allemands vont devoir se prononcer sur une foule d'objets le 28 février.

Les Suisses allemands vont devoir se prononcer sur une foule d'objets le 28 février.

Keystone

De nombreux cantons alémaniques sont appelés aux urnes le 28 février. Sous-enchère salariale, protection contre les crues, assurance-maladie, initiative UDC sur l'asile et interdiction de danser sont notamment au menu.

Primes de l'assurance maladie à Berne

Les citoyens bernois diront le 28 février s'ils veulent supprimer de la loi la proportion de la population qui bénéficie de subsides pour réduire le montant des primes de l'assurance maladie. Cette mesure contestée par la gauche découle d'un programme d'économies.

La loi aujourd'hui en vigueur prévoit qu'une part de 25 à 45% de la population du canton de Berne doit toucher une aide de l'Etat pour participer au paiement des primes de l'assurance maladie. Mais le Grand Conseil a biffé l'an dernier ce principe, choix attaqué par un référendum lancé par la gauche.

La décision d'abroger cet objectif de prestations découle du plan d'austérité adopté par le Grand Conseil en 2013. La majorité de droite s'était prononcée en faveur d'une coupe de 24 millions de francs dans l'enveloppe allouée à la réduction des primes. Le seuil minimum de 25% inscrit dans la loi ne pouvait dès lors plus être atteint.

Sous-enchère salariale à Zurich

Donner au Conseil d'Etat zurichois le pouvoir de bloquer des chantiers en cas de soupçons de sous-enchère salariale: c'est ce que souhaite une initiative du syndicat Unia sur laquelle se prononcent les Zurichois le 28 février. Pour les partisans, les sanctions actuelles ne sont pas dissuasives. Les opposants, des milieux économiques et bourgeois, dénoncent des mesures disproportionnées et nocives pour l'économie.

Une autre initiative veut rendre l'accès à la formation gratuit pour tous. Les taxes des hautes écoles seraient abolies, les livres de cours et les excursions et camps gratuits. Cela engendrerait des frais de 100 millions de francs pour le canton. Seuls le PS et la Liste alternative soutiennent le texte. Les autorités le considèrent inutile, car le système actuel permet déjà à tous d'accéder à la formation.

Les citoyens se prononceront également sur la réduction des taxes cadastrales décidée par le Parlement cantonal. Le PS, la Liste alternative, les Verts et le Parti évangélique avaient saisi le référendum législatif critiquant une perte de 15 millions de francs.

La décision du Grand Conseil de limiter à 30 jours le délai de recours des communes dans les affaires de droit public fait également l'objet d'un référendum législatif. Le PS et les Verts estiment la mesure inutile et elle signifierait une importante charge de travail supplémentaire pour les communes.

Initiative UDC à Lucerne

Les Lucernois votent sur une initiative de l'UDC qui veut durcir la politique d'accueil cantonale. Le texte veut donner davantage de compétences aux communes, pour qu'elles puissent voter sur l'hébergement des demandeurs d'asile. L'initiative vise aussi à limiter à une année le séjour des requérants dans une localité.

L'initiative a été lancée en 2012, bien avant la crise migratoire que connait l'Europe actuellement. Le scrutin lucernois pourrait aussi être interprété comme un baromètre sur l'état d'esprit des citoyens vis-à-vis de la politique d'asile de la Suisse.

Communes en question à Schaffhouse

Supprimer l'échelon communal, réduire le nombre de communes ou miser sur le statu quo: les Schaffhousois se prononcent sur le principe d'une réforme des structures du canton. En cas d'approbation d'une des variantes, les autorités soumettront un projet de réforme aux citoyens d'ici à 2019. La variante la plus radicale proposée aux votants prévoit la suppression des 26 communes schaffhousoises. Leurs tâches administratives et politiques seraient reprises par le canton.

L'option plus modérée suggère le maintien des deux échelons. Dans ce cas, le nombre de communes serait toutefois réduit et leurs structures rendues plus performantes. L'administration cantonale serait, de son côté, adaptée en conséquence.

Les Schaffhousois doivent par ailleurs voter sur une révision de la loi hospitalière. En cas d'adoption, l'Hôpital cantonal deviendra propriétaire de ses bâtiments et responsable de leur assainissement ou de ses nouvelles constructions.

Jusqu'à présent, les hôpitaux versent un loyer au canton dont ils sont une «filiale», le canton étant responsable de l'entretien ou des constructions. Seule la Liste alternative et les Jeunes socialistes d'opposent au texte. Ils craignent une suppression de codécision démocratique en la matière.

Le «sol» à Bâle-Ville

Les citoyens de Bâle-Ville voteront sur la «nouvelle initiative sur le sol». En cas de «oui», le canton ne pourrait pratiquement plus vendre de terrains, mais seulement proposer des droits de superficie. L'objectif est de dégager plus de recettes, d'encourager la construction d'immeubles à loyers abordables et de mettre un frein à la spéculation. Au Parlement, la gauche a soutenu l'initiative et la droite a recommandé son rejet.

Les Bâlois se prononceront aussi sur l'initiative «pour un libre choix de toutes les options à l'école secondaire». Elle vise à empêcher une dévaluation des branches artistiques dans le cadre de la réforme scolaire HarmoS. Actuellement, les élèves d'une filière peuvent choisir toutes les options, alors ceux de deux autres filières ont un choix limité.

Les citoyens voteront également sur une modification de la constitution cantonale visant à donner plus de compétences au Parlement face au gouvernement. En cas de «oui», le législatif pourrait ainsi exiger par motion que le gouvernement prenne des mesures concrètes sur un dossier ou qu'il modifie une ordonnance. Actuellement, le législatif peut seulement demander à l'exécutif de lui soumettre des lois ou des modifications constitutionnelles.

Danse en question en Argovie

Les Argoviens se prononceront sur l'abolition de l'interdiction de danser en vigueur lors des principaux jours fériés. Une initiative du Parti pirate exige que bars et restaurants puissent ouvrir jusqu'à 02h00 du matin, au lieu de 00h15 actuellement le Vendredi Saint, à Pâques, le dimanche de la Pentecôte, à Noël et le jour du Jeûne fédéral.

La première initiative cantonale du Parti pirate a la vie dure. Gouvernement et parlement recommandent de la rejeter. L'UDC, le PDC et trois Eglises nationales s'y opposent. Elle est soutenue par le PS, le PLR et les Verts.

Inondations au menu à Soleure

Les Soleurois se prononcent sur des mesures incontestées de protection contre les inondations le long de la rivière Emme entre Biberist et l'embouchure dans l'Aar. Le crédit cantonal de 18,8 millions de francs doit contribuer à élargir le lit du cours d'eau et à renforcer ses rives avec de nouvelles digues sur cette distance de 4,8 km.

Deux décharges doivent céder la place à des zones inondables. Au total, le projet coûte 73,6 millions de francs dont 36 millions sont couverts par la Confédération, 6,9 millions par les communes, 1,8 million par les particuliers concernés. 8,3 millions de francs proviennent d'un fonds d'assainissement.

Haute école à Schwytz

Le peuple schwyzois doit décider de la participation du canton au nouvel accord sur la Haute école technique de Rapperswil (SG). Un«oui» ferait presque doubler sa contribution financière, soit de 1,9 million à 3,6 millions de francs (calculés sur la base des 113 étudiants schwyzois qui fréquentent l'établissement actuellement).

Par souci d'économies, le gouvernement a refusé le nouvel accord. Le Parlement l'a approuvé, mais une majorité des deux tiers a manqué, rendant une votation populaire nécessaire.

Formation à Uri

Le centre de formation professionnelle et continue du canton d'Uri devient trop étroit. Les citoyens votent sur un crédit de 8,4 millions de francs pour l'agrandir. La construction d'un bâtiment de trois étages est prévue.

Elections également au menu

Berne: élection complémentaire

Les Bernois désigneront le 28 février les successeurs des conseillers d'Etat socialistes Philippe Perrenoud et Andreas Rickenbacher lors d'une élection complémentaire. L'enjeu est de savoir si le gouvernement va basculer à droite après 10 ans de majorité de gauche. Seule certitude, l'un des deux élus sera un francophone. Six candidats se disputent les deux sièges vacants.

Election cantonale à St-Gall

Les citoyens st-gallois sont appelés aux urnes pour renouveler leurs autorités cantonales. L'UDC veut un deuxième représentant au gouvernement et compte reprendre les six sièges perdus en 2012 au Parlement.

Lors des élections fédérales du 18 octobre dernier, l'UDC a récolté 35,8% des suffrages, un record. Pourtant, quatre semaines plus tard, le candidat UDC Thomas Müller a été nettement battu par le socialiste Paul Rechsteiner dans la course au Conseil des Etats.

Pour les élections du 28 février, tous les scénarios sont envisageables. L'UDC pourrait à nouveau triompher, mais il n'est pas exclu que les partis du centre confirment leur progression d'il y a quatre ans. Une chose est certaine, la droite gardera une large majorité au Parlement.

Sur les sept membres du gouvernement, deux se retirent: Willi Haag (PLR) et Martin Gehrer (PDC). En plus de cinq sortants (Benedikt Würth PDC, Heidi Hanselmann PS, Martin Klöti PLR, Stefan Kölliker UDC et Fredy Fässler PS), quatre autres candidats sont en lice: le président de la section cantonale de l'UDC Herbert Huser, le PDC Bruno Damann, le libéral-radical Marc Mächler et Andreas Graf (Groupement sans-parti).

Elections en Thurgovie et à Uri

Thurgoviens et Uranais élisent leurs autorités cantonales le 28 février. Les premiers désignent leur gouvernement, les seconds renouvellent leur exécutif et leur législatif. Si les élections thurgoviennes devraient entériner le statu quo, Uri pourrait voir le PS perdre le dernier siège gouvernemental qu'il occupe en Suisse centrale.

Nidwald: élection complémentaire

Quatre hommes briguent le siège laissé vacant par le conseiller d'Etat Hans Wicki (PLR) au gouvernement nidwaldien. L'élection aura lieu le 28 février et l'éventuel deuxième tour le 10 avril. Le PLR veut défendre son siège. Le PDC et l'UDC cherchent chacun à décrocher un troisième fauteuil. Quant aux Verts, ils tentent un retour à l'exécutif dont ils avaient été éjectés en 2010. Le gouvernement nidwaldien est actuellement composé de trois PLR, deux UDC et deux PDC.

(ats)

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