Delémont: «Votre expulsion, vous pouvez vous la mettre où je pense»
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Delémont«Votre expulsion, vous pouvez vous la mettre où je pense»

Un ministre jurassien et ses voisins ont obtenu gain de cause: un couple sera délogé par la police avec leur fille de deux ans s'il n'obtempère pas. Mais ce dernier ne l'entend pas de cette oreille.

par
Vincent Donzé
Les locataires indésirables devront libérer les lieux (ici l'entrée de leur domicile).

Les locataires indésirables devront libérer les lieux (ici l'entrée de leur domicile).

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La décision rapportée par «Le Quotidien jurassien» émane de la juge civile Marjorie Noirat: saisie par neuf riverains d'un beau quartier de Delémont, la magistrate a ordonné aux deux copropriétaires d'une villa de résilier le contrat de bail d'un couple de locataires indésirables.

Selon nos informations, la maison n'appartient plus qu'à une seule personne depuis le 18 décembre: la maman du locataire, Cédric (26 ans), laquelle devra s'acquitter de 4'300 francs de frais judiciaires et de 11'345 francs de frais d'avocat. À elle de se soumettre à l'ordre d'expulsion décrété par la juge.

Mi-janvier

Si la décision n'est pas exécutée d'ici mi-janvier, les voisins seront autorisés à faire appel à la force publique pour évacuer l'appartement, moyennant une avance de frais. Selon le QJ, les voisins ne supportent plus les cris et menaces du couple venu s'installer dans leur quartier il y a 18 mois.

Il apparaît aujourd'hui que le couple «ne supportera pas d'être expulsé» en plein hiver, selon un proche. Mardi, personne n'avait reçu un avis d'expulsion, ni les locataires, ni la propriétaire, selon leurs dires.

Sans emploi ni salaire, Émilie (19 ans) avait affiché sa détermination face à son voisin, le ministre jurassien Martial Courtet: «Votre expulsion, vous pouvez vous la mettre où je pense», avait-elle écrit sur un carton placardé dans la rue.

«Ils finiront dans la rue»

Le couple indésirable a visité des appartements, mais ses chances d'en louer un sont minces. «Ils finiront dans la rue, avec une fille qui a fêté ses deux ans dimanche dernier», pronostique une source proche du dossier.

La démarche des voisins a été motivée par des chiens qui hurlent, des portes qui claquent et des insultes qui fusent. Il est aussi question de pneus crevés et de boulons dévissés: pour accéder à leurs deux garages, le ministre et son épouse avocate utilisent un droit de passage sur la parcelle maudite. "Affabulations!", rétorquent les accusés, en dénonçant une «affaire politique».

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