Web: Vous avez été infidèles? Tremblez!

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WebVous avez été infidèles? Tremblez!

Les Suisses qui ont utilisé le site de rencontres extraconjugales Ashley Madison risquent gros!

par
Renaud Michiels
Pour la Suisse, la base de données contient plus de 55?000 adresses e-mail.

Pour la Suisse, la base de données contient plus de 55?000 adresses e-mail.

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Celles et ceux qui ont utilisé le site de rencontres extraconjugales Ashley Madison pour tromper leur conjoint(e) peuvent paniquer. Toutes les données piratées ont été mises en ligne. Soit plus de 35 millions de courriels, sans compter des données bancaires, numéros de téléphone, photos ou même descriptifs des préférences sexuelles! Pour la Suisse, cette base de données contient plus de 55?000 adresses e-mail, révélait hier Watson.ch. Les spécialistes s'accordent pour penser que ces données sont authentiques. Même si toutes ne prouvent pas une infidélité – il y a de faux profils et être inscrit sur le site ne prouve pas qu'on a «consommé».

Juriste spécialiste des nouvelles technologies, François Charlet s'est intéressé aux adresses helvétiques. «Je voulais voir si beaucoup utilisent leur messagerie professionnelle pour un usage privé, ce qui est en principe interdit dans les administrations comme dans la plupart des entreprises privées.» Verdict? Il a trouvé 19 adresses de l'Administration fédérale (dont 10 à l'armée), 4 de l'administration vaudoise ou 3 de la neuchâteloise. Sans compter 20 e-mails des Nations Unies, 5 de l'EPFL, 11 de l'Université de Lausanne, une du PLR, 12 des CFF, 32 d'UBS ou 7 de La Poste… Cette liste est loin d'être exhaustive.

«Ces personnes sont deux fois inconscientes, souligne-t-il. Elles risquent théoriquement une sanction, voire un licenciement. Et elles sont en plus facilement identifiables puisque ces adresses ont la forme prenom.nom@qqch.ch. Mon but était de rappeler qu'Internet est une jungle, toute donnée peut se retrouver sur la place publique du jour au lendemain.»

Porte-parole de l'Office fédéral du personnel, Anne Marie de Andrea confirme que «l'adresse électronique professionnelle» des employés fédéraux «ne doit pas être utilisée à des fins privées». Les 19 concernés risquent donc d'être identifiés et sanctionnés? «Ces questions doivent être traitées par les unités administratives concernées et par l'évaluation de la situation dans son ensemble.»

Ravages en perspective

Concrètement, le danger principal n'est de toute façon probablement pas du côté du boulot – ces données étant le produit d'une infraction, une solide bataille juridique pourrait avoir lieu en cas de licenciement. Le péril est d'abord à la maison. La montagne de données du site d'infidélités a été publiée dans le «Web profond» et n'est pas si accessible. Par contre de nombreux sites – trouvables en quelques clics – ont été créés hier et pris d'assaut. On y entre une adresse e-mail et on sait instantanément si elle est dans la base de données d'Ashley Madison. On peut donc savoir si son mari, sa femme, son employé, son patron, son voisin ou son ennemi a probablement trompé son conjoint! Les résultats sont prévisibles: de belles engueulades et des séparations. Ce piratage est la «meilleure chose qui nous est arrivée» depuis le 7e commandement de la Bible interdisant l'adultère, s'est réjoui hier l'avocat américain spécialiste des divorces Raoul Felder…

Licenciements, séparations, possibilités de salir une réputation, d'outing, de chantage: les ravages potentiels de ce piratage sont vertigineux. Sur Reddit, un homme se présentant comme un homosexuel vivant en Arabie saoudite qui a utilisé Ashley Madison avec son vrai nom expliquait hier qu'il risque désormais la peine de mort.

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