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Conflit«Vous faites à Mossoul ce que nous faisons à Alep»

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a interpellé son homologue John Kerry au sujet de l'action américaine en Irak.

Le ministre des affaires étrangères russe reproche le traitement réservé aux civils irakiens.

Le ministre des affaires étrangères russe reproche le traitement réservé aux civils irakiens.

Archives, Reuters

L'offensive à Mossoul des forces irakiennes soutenues par les Etats-Unis est identique à celle des troupes syriennes soutenues par l'aviation russe à Alep, dans le nord de la Syrie, a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

«Hier, j'ai demandé à John Kerry au téléphone: qu'est-ce qu'il se passe à Mossoul? Ils préparent une opération pour libérer cette ville des terroristes. A Alep aussi, il faut libérer la ville des terroristes», a déclaré le responsable russe lors d'un forum à Moscou de l'Association of European Business (AEB).

«A Mossoul, il y a exactement le même mot d'ordre que ce que nous faisons à Alep. La coalition américaine prévient les habitants et leur dit de partir. Exactement comme à Alep, des couloirs (humanitaires) ont été mis en place», a ajouté Sergueï Lavrov, qui s'est entretenu lundi avec le secrétaire d'Etat américain par téléphone.

Raids aériens

L'armée irakienne a lancé il y a plus d'une semaine une large offensive pour reprendre Mossoul, dernier grand fief du groupe Etat islamique (EI) en Irak, soutenue par la coalition antijihadistes dirigée par les Etats-Unis qui a mené lundi une vague sans précédent de raids aériens.

Mais selon le ministre russe des Affaires étrangères, son homologue américain lui a assuré que la situation était «complètement différente». «A Mossoul, nous avons planifié cela à l'avance tandis qu'à Alep, vous n'aviez rien prévu et les civils souffrent», a répondu John Kerry à Sergueï Lavrov, selon les propos de ce dernier.

«Mais les estimations de l'ONU disent que si une opération à Mossoul a lieu comme prévu, et elle aura lieu, le nombre de réfugiés qui s'en iront, qui quitteront leur foyer, variera de quelques centaines de milliers à presque un million», a poursuivi Sergueï Lavrov.

L'opération sur Alep est très critiquée par les Occidentaux qui dénoncent la brutalité des bombardements russes et syriens.

Réunion à Paris

Une semaine après le début de l'offensive sur Mossoul, treize ministres de la Défense occidentaux sont réunis mardi à Paris pour faire le point sur la reconquête de la deuxième ville d'Irak. Ils évoquent les scénarios possibles, y compris à Rakka, la capitale autoproclamée du groupe djihadiste en Syrie.

La reconquête de Mossoul, qui sera longue, «n'est pas une fin en soi car nous devons d'ores et déjà anticiper les conséquences de la chute» de la ville, a dit François Hollande à l'ouverture de la réunion, organisée au ministère de la Défense.

Parmi les colonnes de réfugiés qui quitteront Mossoul «il y aura aussi des terroristes, qui se cacheront et qui se dissimuleront et qui tenteront d'aller plus loin, et notamment vers Rakka», a souligné le chef de l'Etat français. La question d'un retour des combattants étrangers vers leur pays d'origine doit également être prise en compte, a-t-il dit.

La réunion des ministres de la Défense de treize pays (France, Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark et Norvège), les plus engagés militairement dans la coalition anti-EI, est la cinquième depuis janvier 2016.

(ats)

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