Coronavirus: Voyages: «Cette année pour Pâques, ce n’est pas la folie»
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CoronavirusVoyages: «Cette année pour Pâques, ce n’est pas la folie»

Partir à l’étranger pour les vacances de Pâques semble compliqué, et les destinations propices ne sont pas légion. Premières tendances.

par
Jonathan Zalts
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Les autorités suisses recommandent toujours de renoncer aux voyages non urgents. Mais à l’aube des vacances pascales et avec l’arrivée des beaux jours, les envies d’ailleurs se font de plus en plus présentes.

Malheureusement, au vu de la situation sanitaire, partir à l’étranger ne semble pas chose aisée. Si la Suisse n’est plus en «situation extraordinaire», contrairement à la même période l’an dernier, les différentes restrictions tendent à décourager les potentiels intéressés, qui renoncent donc à voyager. «Cette année pour Pâques, ce n’est pas la folie. On reste quand même dans l’inconnu», résume David Léchot, président du Groupement des agences de voyages fribourgeoises (GAVF).

La raison principale de cette faible demande? Le véritable parcours du combattant qu’il est nécessaire de surmonter pour accéder à la majorité des destinations. «Il y a les quarantaines, les tests, les formulaires à remplir pour l’arrivée, ceux pour le retour en Suisse, le risque que de nouvelles mesures soient prises…»

Destinations privilégiées

Nombre de pays exigent en effet une quarantaine pour toute arrivée depuis un pays étranger. Et ceux qui y font exception – et qui ne figurent pas sur la liste de l’OFSP – font dès lors figure de destinations privilégiées pour les voyageurs les plus persévérants. Parmi ces dernières, la République dominicaine, le Mexique, le Costa Rica, et l’Égypte sont les plus plébiscitées auprès des agences de voyages interrogées. La Tanzanie, qui en faisait également partie, a quant-à-elle intégré la liste des pays à risque qui entrera en vigueur le 4 avril prochain.

«On nous demande aussi souvent s’il y a encore un pays où on peut aller sans test PCR, ajoute Reza Nafissy, directeur de l’agence Tech Travel à Lausanne. Mais on répond qu’il n’y en a pas, puisque même pour les pays qui ne l’exigent pas, ce sont les compagnies qui le demandent pour monter à bord

Pour lui, ces tests peuvent d’ailleurs en démotiver plus d’un à partir en vacances, puisqu’ils nécessitent un certain budget. Lorsqu’il est effectué en vue d’un voyage, un test PCR n’est ainsi pas pris en charge par la Confédération. «Avec un test à l’aller comme au retour, c’est un budget d’au moins 300 francs par personne. C’est quand même cher», souligne-t-il.

«Marché ethnique»

Concernant les vols, ils sont relativement pleins pour le week-end de Pâques, notamment en ce qui concerne le Portugal et l’Espagne, qui ont quitté la liste des pays à risque le 11 mars dernier. Mais il s’agit là surtout d’un «marché ethnique»: «Ce sont les gens qui ont de la famille là-bas, une maison ou autre. Au niveau touristique, il n’y a quasiment rien», explique David Léchot. «Les vols sont surtout pleins parce qu’il y en a beaucoup moins. Mais niveau prix, les compagnies n’ont pas exagéré. Quand ils sont chers c’est qu’il s’agit vraiment des dernières places.»

En résumé, ça ne se bouscule pas pour voyager à Pâques. Pour le moment en tout cas, puisque la donne pourrait changer avec ceux qui attendent le tout dernier moment pour réserver et ainsi éviter de s’engager dans des procédures d’annulation suivant l’évolution de la situation sanitaire.

Mais du côté des agences, c’est surtout pour la période d’automne et la fin de l’année qu’elles sont sollicitées. «Pour Pâques, mai ou juin, les gens font tout au dernier moment, ils attendent encore. Il y a beaucoup de questions qui se posent, confirme David Léchot. On a beaucoup plus de requêtes pour septembre, octobre, novembre et décembre. Les gens en ont marre et ont envie de partir, donc ils prévoient.»

Et vous?

Sur Facebook, nous vous avons demandé si vous comptiez partir durant ces vacances de Pâques. Sur la centaine de réponses récoltées, une écrasante majorité de lecteurs indique qu’ils ne voyageront pas.

Parmi les raisons avancées, il y a évidemment les restrictions sanitaires, qui rendent toutes vacances «trop compliquées». Il y a également l’impact financier de la crise et le manque de moyens pour voyager cette année. Et il y a aussi ceux qui tout simplement travaillent durant la période et qui n’auront donc pas le temps pour voir du pays.

Quant aux rares chanceux qui partent, certains vont voir de la famille en France ou en Espagne. D’autres vont visiter la Tunisie ou la Turquie ou encore «prendre le soleil à Dubaï».

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