Election américaine: Vu de Moscou, Trump est le «meilleur ami»
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Election américaineVu de Moscou, Trump est le «meilleur ami»

Certains médias américains accusent le rival d'Hillary Clinton d'être le «cheval de Troie» de Vladimir Poutine.

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La potentielle première présidente des Etats-Unis, entourée par les deux derniers présidents démocrates Barack Obama et son mari Bill Clinton, le 7 novembre 2016 à Philadelphie. (Mardi 8 novembre 2016).

La potentielle première présidente des Etats-Unis, entourée par les deux derniers présidents démocrates Barack Obama et son mari Bill Clinton, le 7 novembre 2016 à Philadelphie. (Mardi 8 novembre 2016).

AFP
Bruce Springsteen est venu soutenir Hillary Clinton à Philadelphie, le 7 novembre 2016. (Mardi 8 novembre 2016).

Bruce Springsteen est venu soutenir Hillary Clinton à Philadelphie, le 7 novembre 2016. (Mardi 8 novembre 2016).

AFP
Donald Trump a rejoint Mike Pence et sa fille Ivanka (à droite) lors de son avant-dernier meeting de Manchester, dansl e New Hampshire, lundi soir. (Mardi 8 novembre 2016).

Donald Trump a rejoint Mike Pence et sa fille Ivanka (à droite) lors de son avant-dernier meeting de Manchester, dansl e New Hampshire, lundi soir. (Mardi 8 novembre 2016).

AFP

Donald Trump, «meilleur ami» de la Russie? Qu'ils soient députés ou chanteurs, étudiants ou animateurs de radio, de nombreux Russes soutiennent le candidat républicain à la présidentielle américaine. Ils espèrent que sa russophilie affichée permettra un rapprochement entre les deux pays.

Le rival d'Hillary Clinton à la présidentielle américaine de novembre affiche depuis des mois sa sympathie pour Vladimir Poutine. Mais il a franchi un nouveau pas en louant avec force et insistance les qualités de dirigeant du président russe, supérieures à celle de son homologue américain, Barack Obama.

«Je pense que j'aurai une très bonne relation avec M. Poutine (...) Il a été un leader, beaucoup plus que notre président ne l'a été», a-t-il lancé lors d'un débat avec la candidate démocrate.

Si les élections américaines se déroulaient en Russie, le milliardaire américain serait élu sans inquiétudes: 35% des Russes voteraient pour lui, contre seulement 13% pour Hillary Clinton, selon un sondage fin août du centre indépendant russe Levada.

«Un gars cool»

Cette semaine, un célèbre chanteur russe Filip Kirkorov lui a donné sa préférence, affirmant sur la chaîne de télévision britannique BBC que «si Donald Trump devient président, la relation entre nos pays sera bien meilleure».

A Moscou, Vadim Lativ, étudiant en ingénierie de 18 ans, est d'accord. «J'aime bien ses idées. M. Trump est un gars cool», dit-il à l'AFP. «Il a une bonne attitude face à la Russie. M. Poutine et lui trouveront un langage commun».

Pour Vadim Voronov, musicien, «il est évident que M. Trump est le meilleur ami de la Russie». «Tous mes amis le soutiennent», assure-t-il. Mais, ajoute-t-il, «ce sera compliqué de l'avoir au pouvoir: c'est quelqu'un de très spontané». Et «c'est peut-être mieux d'avoir Hillary: c'est une mère de famille. Elle n'appuiera pas sur le bouton rouge. M. Trump, oui», finit-il par dire.

A la douma, chambre basse du Parlement russe, certains députés affichent sans détour leur soutien au candidat républicain, comme le président de la commission des affaires étrangères, Alexeï Pouchkov.

«Un homme brillant»

Donald «Trump nous promet une 'très très bonne relation'. Mme Clinton nous en garantit une très très mauvaise. La différence se voit, même sans jumelles», a-t-il écrit jeudi sur Twitter.

Si le Kremlin, par le biais de son porte-parole Dmitri Peskov, s'est limité jeudi à se féliciter que «le sujet Poutine revient quasiment chaque jour» dans la campagne américaine, certains médias américains accusent M. Trump d'être le «cheval de Troie» du président russe.

À la fin juillet, après une vaste fuite d'emails du parti démocrate, des responsables du parti et des experts en piratage ont montré du doigt la Russie. Le Kremlin a alors démenti toute ingérence dans la campagne présidentielle outre-Atlantique.

Vladimir Poutine, qui n'a jamais dit soutenir la candidature de Donald Trump, a déclaré qu'il s'agissait d'un «homme brillant et plein de talent».

Le milliardaire américain «est plus populaire que Mme Clinton en Russie, car il fait de la politique comme les Russes l'aiment: en étant franc, parfois drôle et en nourrissant un sentiment 'anti-establishment'», explique à l'AFP l'analyste politique Konstantin Kalatchev.

Comparé à Jirinovski

«Mais les Russes oublient que, même s'il a l'air sympathique, il suivra les intérêts des Etats-Unis s'il est élu», ajoute-t-il. «Or, plus il y a d'attentes, plus il y aura de déceptions.»

Venue en vacances à Moscou, Anna Foutorian, une Russe qui travaille à New York, se dit «choquée par la façon très positive dont il est perçu ici». «La télévision russe le montre sous un jour très favorable, donc mes amis pensent à tort qu'il soutient la Russie et qu'il permettra de rapprocher les deux pays», soupire-t-elle. «C'est totalement faux.»

Comme d'autres, cette trentenaire russe le compare à Vladimir Jirinovski, le président du parti libéral démocratique russe (LDPR), une formation d'extrême droite, connu pour son tempérament sanguin et ses déclarations à l'emporte-pièce.

«Il a des chances d'être élu, vraiment? Non, les Américains ne sont pas aussi bêtes pour élire un Jirinovski, pas vrai?», s'inquiète Elena Kalnoukova, directrice commerciale.

Mais Mikhaïl Klimov, animateur star de la radio russe Maximum, l'assure: «On survivra si M. Trump est élu». «La Russie a déjà épuisé tant de présidents américains: Kennedy, Bush Jr, Obama, bientôt Trump... Ne vous inquiétez pas, Vladimir Vladimirovitch (Poutine) a tout sous contrôle», dit-il.

(ats)

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