22.12.2017 à 13:55

AutomobileVW rabote le salaire de certains de ses cadres

Soupçonnés de s'être octroyés des rémunérations excessives, 14 membres du comité d'entreprise verront leur salaire fortement réduit.

(Image d'illustration) Le constructeur allemand est visé par une enquête pour fraude présumée. (Vendredi 22 décembre 2017)

(Image d'illustration) Le constructeur allemand est visé par une enquête pour fraude présumée. (Vendredi 22 décembre 2017)

AFP

Le constructeur automobile allemand Volkswagen (VW) a plafonné les salaires des cadres de son comité d'entreprise (CE), a-t-on appris vendredi. Une enquête judiciaire est en cours sur des soupçons de versements excessifs à certains représentants du personnel.

Salaire revu à la baisse

De manière rétroactive à compter de début décembre, quatorze éminents et anciens membres du comité d'entreprise, avec Bernd Osterloh à sa tête depuis 2005, vont dorénavant percevoir un salaire fortement revu à la baisse. Ce dernier va correspondre à la tranche supérieure prévue dans la convention de branche, au lieu de se situer bien au-dessus.

«Nous regrettons que les membres de notre comité d'entreprise et les représentants de l'entreprise soient exposés à cette situation», a déclaré vendredi le patron de Volkswagen, Matthias Müller, dans un communiqué. Il a ajouté que 90% des membres du CE de la firme n'étaient pas concernés par cette mesure.

Le salaire de base annuel de Bernd Osterloh, personnage incontournable dans le groupe VW, s'est élevé jusqu'à présent à 200'000 euros (232'184 francs) selon ses propres déclarations, citées par l'agence de presse allemande dpa. Une fois plafonné, il se fixe à environ 96'000 euros. Au temps des bénéfices pléthoriques de l'entreprise, sa rémunération incluant la part variable liée au bonus a pu atteindre 750'000 euros.

Perquisitions

Le parquet de Brunswick à l'ouest de l'Allemagne a confirmé en mai dernier avoir lancé une enquête pour fraude présumée en lien avec la rémunération d'une activité au comité d'entreprise, la dilapidation des fonds d'une entreprise étant considérée en Allemagne comme un délit. Ces investigations ne visent pas Bernd Osterloh.

En novembre, des perquisitions ont été menées dans les bureaux de hauts dirigeants de Volkswagen, à savoir le directeur financier, Frank Witter, et le directeur du personnel, Karlheinz Blessing.

«Nous aspirons avec énergie à une clarification juridique», a ajouté Matthias Müller. Le groupe automobile a toujours clamé que son système de rémunération des membres du comité d'entreprise respectait les dispositions en vigueur en Allemagne.

Le passé de VW a déjà été marqué par une autre affaire ayant mêlé l'ancienne direction du personnel, accusée d'avoir «acheté» le vote des représentants de salariés pour mener certaines restructurations.

(ats)

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