Coup de feu: Warluzel bientôt libre?

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Coup de feuWarluzel bientôt libre?

L'homme de loi, atteint dans sa santé, est en détention depuis un mois aux HUG. Son avocat espère l'en sortir.

par
Evelyne Emeri
RTS

«Il va bien, compte tenu des circonstances. Il a l'air mieux. Il est plus tonique, plus clair et moins abattu.» Hier matin, Me Pascal Maurer était avec Dominique Warluzel, incarcéré depuis le 2 janvier dans le quartier cellulaire de l'hôpital genevois. «Il est davantage dans une position de client «normal», il prend connaissance du dossier, il pose des questions, il est investi.» Visiblement, et bien qu'il n'accepte pas du tout sa détention provisoire, son côté battant et acharné semble reprendre le dessus.

Une visite par semaine

Terrassé en 2013 par deux AVC, le quinquagénaire ronge son frein, dans l'attente d'une potentielle remise en liberté. Ses conditions d'enfermement ne se sont pas véritablement améliorées (pas de promenades, pas de rééducation de pointe, pas de téléphones, pas de cigarettes, pas de chocolat…). Un droit de visite – une heure, une fois par semaine – lui a toutefois été octroyé.

Il y a quinze jours, dans les colonnes du «Matin», le bâtonnier Pascal Maurer se disait choqué du maintien en préventive de son client, très diminué. Son opinion n'a pas changé. Le dossier de demande de remise en liberté s'étoffe. «J'attends encore quelques pièces, des certificats médicaux notamment, pour motiver ma requête que j'espère déposer d'ici à une bonne semaine. Les risques de fuite, de collusion et de récidive n'existent pas.» Son client sera-t-il libre avant les trois mois de détention renouvelables? «Si je n'y croyais pas, je ne le ferais pas.»

Une expertise psychiatrique va être menée. Elle établira le degré de dangerosité et de responsabilité du prévenu Warluzel lorsqu'il a tiré dans sa suite médicalisée de La Réserve, à Genève. La balle était venue se loger dans l'encadrement de la porte à quelques centimètres de sa veilleuse de nuit avec laquelle il entretenait une relation ambiguë. Cet acte de procédure s'annonce particulièrement complexe puisqu'il réunira différents spécialistes: thérapeute, neurologue et toxicologue. Le véritable enjeu sera de déterminer l'impact causal des AVC et de la prise massive de médicaments sur les événements survenus le 2 janvier.

Pour rappel, la victime a été entendue par le procureur Walther Cimino, puis les deux parties ont été confrontées et, la semaine dernière, la gouvernante de jour du détenu a été convoquée à titre de témoin. Des auditions d'employés de La Réserve sont annoncées. En revanche, l'audition de Me Nicholas Antenen et de Me Olivier Péclard, anciens associés de Warluzel, qui ont fait remettre le Smith & Wesson à leur confrère, ainsi que celle du chauffeur de taxi (époux de la gouvernante) qui l'a acheminé se font attendre.

Une reconstitution, deux procs

Ce qui est certain, c'est qu'elles se dérouleront en présence du procureur général Olivier Jornot qui codirige désormais l'instruction avec Walther Cimino. Pareil pour la reconstitution sur place qui devrait avoir lieu début mars.

Détenu pour tentative de meurtre et mise en danger de la vie d'autrui, Dominique Warluzel a toujours dit regretter son geste. Pour la victime, «les lendemains sont très éprouvants. Elle est entre le soulagement et le choc d'avoir échappé au pire», commente brièvement son avocate, Me Yaël Hayat.

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