États-Unis - Washington dénonce la décision de la Cour suprême du Salvador
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États-UnisWashington dénonce la décision de la Cour suprême du Salvador

Vendredi, la Cour suprême a autorisé le président Bukele à briguer un deuxième mandat en 2024, réinterprétant la Constitution du Salvador.

Le président Nayib Bukele à San Salvador le 1er juin 2021.

Le président Nayib Bukele à San Salvador le 1er juin 2021.

AFP

Les États-Unis ont condamné samedi l’arrêt de la Cour suprême du Salvador autorisant le président Nayib Bukele à se représenter en 2024, considérant qu’il contrevient à la Constitution du pays.

«Les États-Unis condamnent la décision prise le 3 septembre par la Chambre constitutionnelle (de la Cour suprême) du Salvador», a déclaré lors d’une brève conférence de presse la chargée d’affaires américaine au Salvador, Jean Manes.

Vendredi, la Chambre avait autorisé le président Bukele à briguer un deuxième mandat de cinq ans en 2024, réinterprétant la Constitution du pays en vertu de laquelle il était jusqu’à présent admis qu’un chef d’État ne puisse pas être immédiatement réélu. Selon la représentante américaine, la décision de la Cour «est clairement contraire à la Constitution salvadorienne qui établit que la réélection immédiate n’est pas autorisée».

L’opposition évoque un «coup d’État»

Cet arrêt «est le résultat direct de la décision prise le 1er mai par l’Assemblée législative salvadorienne (dominée par le parti au pouvoir) de révoquer de manière inconstitutionnelle les magistrats en exercice de la Chambre constitutionnelle et d’installer des remplaçants fidèles au pouvoir exécutif», a ajouté la diplomate.

Le remplacement des magistrats, qualifié de «coup d’État» par l’opposition, «démontre une stratégie claire pour saper l’indépendance judiciaire et supprimer un contrepoids essentiel au pouvoir exécutif», a-t-elle poursuivi, jugeant qu’«un affaiblissement de l’indépendance du pouvoir judiciaire est le signe d’une démocratie en déclin au Salvador». «Ce déclin de la démocratie porte atteinte à la relation bilatérale que les États-Unis s’efforcent d’avoir avec le gouvernement du Salvador», a estimé la chargée d’affaires.

Élu en 2019, Nayib Bukele contrôle avec ses alliés, depuis les élections parlementaires de février, 61 des 84 sièges du Congrès unicaméral, une situation inédite depuis les accords de paix de 1992 qui ont mis fin à douze années de guerre civile. Il bénéficie au Salvador d’une très forte popularité, en affichant sa volonté de lutter contre l’insécurité et le crime organisé. Mais ses penchants autoritaires lui valent des critiques véhémentes de ses opposants.

(AFPE)

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