Corée du Nord : Washington et Séoul préparent une réponse en cas de frappe nucléaire 

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Corée du Nord Washington et Séoul préparent une réponse en cas de frappe nucléaire 

La Maison-Blanche a toutefois précisé que ces préparatifs face aux menaces de Pyongyang n’incluraient pas des «exercices nucléaires conjoints» avec la Corée du Sud.

Kim Jong-un devant un nouveau missile intercontinental «Hwasong Gun 17», en novembre 2022. 

Kim Jong-un devant un nouveau missile intercontinental «Hwasong Gun 17», en novembre 2022. 

AFP

Les Etats-Unis et la Corée du Sud préparent «une réponse coordonnée et concrète à une série de scénarios, y compris une utilisation de l’arme nucléaire par la Corée du Nord», a fait savoir mardi un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche. Il a toutefois précisé que ces préparatifs n’incluraient pas des «exercices nucléaires conjoints», puisque la Corée du Sud n’est pas dotée de l’arme atomique.

Mises au point de Washington et Séoul 

«Les Etats-Unis sont totalement dévoués à notre alliance avec la Corée du Sud et lui fournissent une capacité de dissuasion étendue, reposant sur toute la gamme de l’arsenal de défense américain», a-t-il encore assuré. Cette précision de l’exécutif américain intervient après que le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a, lui, affirmé que «le parapluie nucléaire» américain et sa «dissuasion élargie» ne suffisent plus à rassurer les Sud-Coréens. «Les armes nucléaires appartiennent aux Etats-Unis, mais la préparation, le partage d’informations, les exercices et l’entraînement doivent être effectués conjointement par la Corée du Sud et les Etats-Unis», a-t-il déclaré.

Ces mises au point en provenance de Washington et Séoul répondent à de nouvelles déclarations choc du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui a appelé dimanche à une «augmentation exponentielle de l’arsenal nucléaire» de la Corée du Nord. Au terme d’une grande réunion à Pyongyang, le Parti des travailleurs au pouvoir a également annoncé que le pays allait «développer un nouveau système de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) dont la principale mission sera une rapide contre-attaque nucléaire», a rapporté dimanche, l’agence officielle KCNA.

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«Préoccupation croissante»

«La situation actuelle appelle à redoubler d’efforts pour renforcer massivement la force militaire, afin de garantir pleinement la souveraineté, la sécurité et les intérêts fondamentaux (de la Corée du Nord) en réponse aux manœuvres militaires inquiétantes des Etats-Unis et d’autres forces hostiles», a déclaré Kim Jong-un, selon un compte-rendu de la réunion du Parti publié par l’agence. «Cela souligne l’importance et la nécessité d’une production de masse d’armes nucléaires tactiques et appelle à une augmentation exponentielle de l’arsenal nucléaire du pays», a-t-il poursuivi.

Un haut responsable américain a reconnu que «les actions et déclarations de la Corée du Nord étaient une cause de préoccupation croissante». Il a expliqué par ailleurs que les Etats-Unis et la Corée du Sud «travaillaient ensemble pour renforcer» le dispositif de dissuasion, ce qui impliquera en particulier des «simulations» sur la réponse à une frappe nucléaire de la Corée du Nord.

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«Posture nucléaire»

Le Pentagone, lui, établit très clairement dans sa «posture nucléaire», le document qui fixe les règles d’utilisation de l’arme atomique, que «toute attaque nucléaire de la Corée du Nord contre les Etats-Unis ou ses alliés et partenaires serait inacceptable et aurait pour conséquence la fin du régime». «Il n’existe pas d’hypothèse dans laquelle le régime de Kim pourrait survivre à l’utilisation d’armes nucléaires», ajoute-t-il.

Séoul et Washington prêtent à Pyongyang l’intention de mener prochainement un nouvel essai nucléaire, qui serait le septième de son histoire et le premier depuis 2017. Les dirigeants nord-coréens affirment qu’une dissuasion nucléaire crédible est essentielle à la survie de leur pays, qui se dit constamment menacé d’agression par les Etats-Unis.

(AFP)

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