Diplomatie: Washington juge des progrès «possibles» en Afghanistan
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DiplomatieWashington juge des progrès «possibles» en Afghanistan

La diplomatie américaine presse les dirigeants afghans d’accepter un projet d’accord de paix prévoyant un «nouveau gouvernement inclusif».

Washington propose de relancer les pourparlers de paix entre Kaboul et les insurgés «dans les prochaines semaines» en Turquie,

Washington propose de relancer les pourparlers de paix entre Kaboul et les insurgés «dans les prochaines semaines» en Turquie,

AFP

Les États-Unis, qui ont soumis une nouvelle proposition de paix ambitieuse aux autorités de Kaboul et aux talibans, ont appelé lundi à une «accélération» du processus de paix en Afghanistan, en estimant que des progrès étaient «possibles».

«Nous continuons à encourager toutes les parties à participer de manière constructive et avec un certain empressement» aux négociations de paix interafghanes lancées en septembre à Doha, a déclaré à la presse le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. «Des progrès sont possibles actuellement, nous voulons faire tout notre possible pour faciliter ces progrès», a-t-il ajouté.

La chaîne afghane Tolonews a révélé ce week-end une lettre du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken pressant les dirigeants de l’Afghanistan d’accepter un projet d’accord de paix prévoyant un «nouveau gouvernement inclusif», auquel participeraient les talibans. Il resterait en place pendant une période de transition avec un cessez-le-feu permanent, censée aboutir à des élections libres après rédaction d’une nouvelle constitution.

Relancer les pourparlers de paix

Afin d’y parvenir, Washington propose de relancer les pourparlers de paix entre Kaboul et les insurgés «dans les prochaines semaines» en Turquie, tout en instaurant pendant ce temps une période de «réduction de la violence» de 90 jours pour éviter la traditionnelle offensive de printemps des talibans.

Le nouveau président des États-Unis Joe Biden doit décider prochainement s’il respecte la date-butoir du 1er mai pour retirer d’Afghanistan les 2500 soldats américains qui se trouvent encore sur place, conformément à un calendrier fixé par son prédécesseur Donald Trump dans le cadre de son accord historique conclu il y a un an avec les talibans.

Dans sa lettre, Antony Blinken fait savoir au président afghan Ashraf Ghani que toutes les options restent sur la table. Mais, d’un ton particulièrement direct et peu diplomatique, il le prévient qu’en cas de retrait américain, «la situation sécuritaire (risquerait) de se dégrader» et les talibans pourraient réaliser «des gains territoriaux rapides».

«Je vous le dis clairement pour que vous compreniez l’urgence de mon ton», martèle-t-il. Le secrétaire d’État souhaite également, selon cette lettre, que l’ONU organise une réunion des ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de la Russie, de la Chine, du Pakistan, de l’Iran et de l’Inde pour forger «une approche unitaire» sur l’avenir de l’Afghanistan. Ned Price n’a pas souhaité lundi commenter «une correspondance privée» mais il a reconnu que les États-Unis avaient «avancé des idées» pour «accélérer le processus».

(AFP)

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