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TurquieWashington veut des preuves contre l'exilé Gülen

Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis depuis 1999, est accusé d'être le véritable responsable de la tentative de coup d'Etat.

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La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

AFP
Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Keystone
AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

Keystone

Les Etats-Unis vont aider Ankara dans l'enquête sur le putsch déjoué en Turquie et invitent le gouvernement turc à livrer des preuves contre l'opposant Fethullah Gülen, accusé de l'avoir fomenté, a annoncé samedi le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

En visite à Luxembourg, M. Kerry a précisé que Washington n'avait «pas reçu de demande d'extradition en ce concerne M. Gülen», mais s'attend à «ce que des questions soient posées au sujet de ce dernier».

Le chef de la diplomatie américaine avait auparavant été en contact direct, vendredi soir au téléphone, avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu.

«Nous avons bien sûr invité le gouvernement de Turquie à nous présenter toutes les preuves valides et solides» de l'implication de M. Gülen, a expliqué M. Kerry.

«Les Etats-Unis les recevront, les examineront et porteront des jugements appropriés», a-t-il assuré, lors d'un point de presse avec son homologue luxembourgeois Jean Asselborn.

Exilé aux Etats-Unis depuis 1999, Fethullah Gülen est accusé par le président turc Recep Tayyip Erdogan d'être le véritable responsable de la tentative de coup d'Etat.

Ce prédicateur de 75 ans, ennemi juré du président Erdogan, a condamné «dans les termes les plus forts» la tentative de coup d'Etat lancée vendredi en Turquie par des soldats rebelles.

Au moins 265 morts

Evoquant la situation générale, John Kerry a observé que le calme semblait être revenu en Turquie, précisant que tout le personnel de l'ambassade des Etats-Unis était sain et sauf.

«Les Etats-Unis, sans aucune hésitation, honnêtement et explicitement, soutiennent le régime démocratique, le respect pour un dirigeant démocratiquement élu. Et nous sommes aux côtés du gouvernement turc», a-t-il insisté.

Le secrétaire d'Etat a exprimé ses condoléances aux proches des victimes. La tentative de putsch a fait au moins 265 morts.

John Kerry espère désormais que les prochaines heures «resteront calmes» et que les participants au putsch avorté seront traités selon les procédures «constitutionnelle» et «judiciaire».

Selon lui, cette crise n'a pas eu d'impact sur la coopération de Washington avec ses partenaires de l'Otan ou sur son rôle dans la coalition qui lutte contre l'organisation Etat islamique en Irak et en Syrie.

Réunion à la Maison Blanche

Le président des Etats-Unis Barack Obama a convoqué samedi matin ses conseillers en matière de sécurité et de diplomatie pour évoquer la situation en Turquie après une tentative avortée de putsch, selon un communiqué de la Maison Blanche.

La réunion -- fermée à la presse -- doit débuter à 14H30 GMT. Le président avait dès vendredi exhorté toutes les parties en Turquie à soutenir le gouvernement turc «démocratiquement élu» du président Recep Tayyip Erdogan.

Soldats sur le qui-vive

D'ici là, le commandement militaire américain en Europe a ordonné aux forces américaines en Turquie de prendre les mesures de protection maximum après la tentative de putsch militaire, a indiqué un responsable de la Défense américain.

Les Etats-Unis comptent 2200 militaires et personnels civils de la Défense en Turquie, pays membre de l'Otan et partenaire crucial pour Washington dans la région. Environ 1500 d'entre eux sont stationnés à Incirlik, une base militaire dans le sud du pays d'où l'aviation américaine mène des missions de bombardement du groupe Etat islamique.

Selon le responsable militaire américain, la protection des forces a été portée au niveau Delta, qui s'applique par exemple en cas d'attaque terroriste avérée ou quand une attaque est considérée comme imminente.

Toutes les activités non essentielles sont suspendues et toutes les ressources sont focalisées sur la défense en cas d'attaque.

Un responsable de la Défense américain a affirmé vendredi soir que les opérations contre l'EI continuaient depuis la base d'Incirlik, malgré la tentative de putsch.

Suspension des vols

Les autorités américaines ont suspendu les vols des compagnies aériennes américaines vers Istanbul et Ankara et interdisent tous les vols en provenance de Turquie qu'ils soient avec ou sans escale, après le putsch avorté, selon les services diplomatiques américains.

L'ambassade des Etats-Unis à Ankara, qui depuis le début de la tentative de putsch vendredi essaye d'informer en temps réel les ressortissants américains sur les réseaux sociaux, indique que les autorités américaines de l'aviation civile (FAA) ont «interdit tous les vols de ou vers Istanbul et Ankara».

L'ambassade souligne en particulier que la sécurité à l'aéroport Ataturk d'Istanbul «est considérablement diminuée». Elle a interdit à tout fonctionnaire américain de l'utiliser.

L'ambassade indique également que «toutes les compagnies aériennes, quelle que soit leur nationalité, sont interdites de se rendre de Turquie aux Etats-Unis que ce soit avec ou sans escale».

Contactée samedi la FAA n'avait pas encore répondu aux sollicitations de l'AFP pour savoir quand ces restrictions pourront être levées.

(AFP)

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