Jeu vidéo: «Watch Dogs 2» ou les mérites de la modestie

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Jeu vidéo«Watch Dogs 2» ou les mérites de la modestie

L'épisode 1 de ce jeu bien dans l'ère du temps a beau avoir connu le succès, son image avait pâti de promesses graphiques exagérées. Pour sa suite, Ubisoft s'est bien gardé de survendre.

par
Jean-Charles Canet

Si vous suivez un tant soit peu l'actualité des sorties de jeux vidéo, peut-être être aviez-vous remarqué cette tendance chez certains éditeurs d'en mettre plein les yeux avant le lancement d'un gros titre au risque de subir le contrecoup si les promesses ne sont pas tenues. A ce petit jeu là, Ubisoft n'était pas le dernier. Cas d'école, «Watch Dogs» dont la suite, que nous avons pu découvrir à Paris, sort le 15 novembre 2016.

Présenté pour la première fois en 2012, deux ans avant sa sortie, cette superproduction d'infiltration et d'action dans une société gangrénée par les abus de l'hyperconnexion, avait suscité un enthousiasme proportionnel aux moyens investis par son éditeur. Il faut dire qu'une des séquences jouables révélées, soit l'infiltration d'une galerie d'art aux activités louches, avait de quoi épater: des graphismes à tomber, des effets de lumière et de fumée hallucinants, un hyper réalisme à couper le souffle.

Et le temps passe

En mai 2014, «Watch Dogs» est lancé et les gamers découvrent la même séquence qui n'est plus que l'ombre de ce qu'elle avait été, les programmeurs ayant visiblement revus leurs ambitions à la baisse. Les différences avaient beau n'être pas si flagrantes, il n'en fallait pas plus pour que les youtubeurs se déchaînent en diffusant des vidéos “avant / après” meurtrières. La même année, «Assassin's Creed Unity», une autre superproduction maison était affectée par la polémique, mais moins pour des graphismes revus à la baisse que pour ses trop nombreux bugs qui ont affecté le jeu au lancement. En mars 2016, «The Division» devait également essuyer un tir de mortier (plus léger néanmoins) pour cause d'une présentation un peu trop tape à l'œil effectuée trois ans plus tôt. Malgré ces accrocs, «Watch Dogs» n'en avait pas moins reçu un accueil critique plutôt favorable et rencontré son public. A la fin 2014 Ubisoft annonçait lors de la publication de ses résultats avoir écoulé 10 millions de copies. On est certes très loin des indécents 65 millions enregistrés par «Grand Theft Auto 5», le jeu de tous les records auquel «Watch Dogs» se compare parfois, mais le résultat fut considéré comme suffisant pour lancer une suite. Premier point positif, le titre n'est cette fois pas accompagné d'une «hype» à double tranchant. C'est le jeu sans la crème fouettée que nous avons pu découvrir lors d'un événement spécial à Paris sous l'aimable supervision de quelques-uns de ses artisans à l'accent canadien prononcé. Une version PlayStation 4.

De la pluie au soleil

Premier constat, «Watch Dogs 2» est très beau, ou plutôt exploite au mieux les capacités d'une console au milieu de son cycle de vie. Second constat, la musique est la même mais l'air a changé. On passe de l'austère Chicago à la riante région de San Francisco. Le héros que l'on incarne est un hacker extraverti alors que l'autre était une sorte de justicier solitaire et ténébreux. Les premières heures passées dans ce monde ouvert sont engageantes avec une jolie patine données aux interactions.

Et comme deux ans ont passé, la thématique générale n'est plus seulement dans la maîtrise et le piratage des réseaux pour arriver à ses fins mais aussi dans la nécessité d'être populaire afin d'attirer un maximum de fans qui applaudiront vos exploits à grands coups de «like» sur les réseaux sociaux. Comme dans «Forza Horizon 3». Du coup , on ne pourra guère reprocher à «Watch Dogs 2» de ne pas coller aux tendances actuelle qu'elles paraissent ridicules ou non.

Pour le reste, soit la qualité de la construction et la profondeur du gameplay, un test sur la durée nous le dira.

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