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TENNISWawrinka :« Je peux être détruit ou me relever très vite»

Les yeux rougis par l'effort et le désarroi, le Vaudois a su trouver les mots pour décrire ses sensations après avoir laissé échapper quatre balles de match contre Roger Federer (6-4, 5-7, 6-7).

par
Mathieu Aeschmann
Londres
Stan Wawrinka, abattu après sa défaite au 3e set contre Roger Federer.

Stan Wawrinka, abattu après sa défaite au 3e set contre Roger Federer.

Keystone

Stan, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez enchaîné trois fois service-volée sur vos trois premières balles de match?

Eh bien, je devais faire un choix. C'est des moments où tu es très nerveux, ce n'est pas évident de jouer l'échange du fond. Comme il sliçait toujours en retour de service, je me suis dit: «vas-y, tu peux aller poser une volée» (ndlr: son bilan au 3e set est alors de 10 points gagnés en 10 montées). Il y a deux secondes balles puis une première que je sers au corps avant que la volée ne m'échappe. Dans ce genre de matches, tu dois prendre des décisions avec la fatigue et les nerfs. Je savais que Roger n'allait pas m'offrir le point. Je voulais aller le chercher.

Comment se remet-on d'une telle d'ébauche d'énergie? Et faut-il s'inquiéter pour votre cuisse droite?

Physiquement, le combat a été rude. On jouait vite, il fallait rester bas sur les appuis. Avec la tension en plus, j'ai eu un semi-début de crampe (sic). Mais ce n'est pas grave. Dans l'ensemble, je n'ai pas de bobos. La vraie question est de savoir comment je vais encaisser cette défaite mentalement. On va voir. Il y a deux façons de voir les choses. D'un côté, je peux être fier d'avoir atteint les demi-finales du Masters pour la deuxième année de suite, fier d'avoir joué un match de ce niveau, contre Roger en indoor. De l'autre, ça fait très mal car je ne suis pas certain d'avoir une autre chance de jouer une finale au Masters. Donc soit je suis détruit, soit je me relève très vite.

Et concrètement, comment allez-vous vous y prendre pour passer à la suite ?

L'alcool peut-être. Pour oublier. Non, j'ai un avantage : c'est l'obligation de me focaliser directement sur l'événement qui arrive. Ça sera un peu la course. Mais je sors d'une année exceptionnelle et il y a encore une finale de Coupe Davis à jouer pour la rendre encore plus belle.

Allez-vous parler de ce match avec Roger ces prochains jours ?

Non, on ne se parlera plus jamais (silence)… Ça va faire plaisir à nos amis français (sourire). On a déjà échangé quelques mots à la gym tout à l‘heure. Mais je ne pense pas que l'on reparlera du match, il n'y a pas grand-chose d'autre à dire.

Et Seve, l'avez-vous vu ? Comment ça s'est passé ?

Il est déjà passé me voir. C'est comme toujours une situation assez délicate pour lui. Mais en même temps, c'est un immense privilège que d'avoir ses deux joueurs en demie d'un Masters. Il essaie de donner le maximum pour les deux.

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