Chronique: Wendy Holdener: «la Patagonie est toujours imprévisible»

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ChroniqueWendy Holdener: «la Patagonie est toujours imprévisible»

Découvrez la dernière chronique de la skieuse schwytzoise parue dans le «Matin Dimanche».

par
Wendy Holdener
Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

Je suis de retour en Suisse après avoir passé trois magnifiques semaines à Ushuaia, en Patagonie. Comme je vous l'avais expliqué lors de ma dernière chronique, les skieurs vont chercher l'hiver et de bonnes conditions d'entraînement dans le grand Sud, d'autant plus maintenant que les glaciers suisses sont contraints de fermer de plus en plus tôt en raison du réchauffement climatique.

Et c'est peu dire que nous avons trouvé l'hiver… Lors des trois premiers jours sur place, il a énormément neigé – il est tombé plus d'un mètre de poudreuse. Je n'avais jamais vu ça là-bas, et pourtant, c'était la sixième fois que j'allais sur place à cette période de l'année.

Nous n'en demandions pas tant et cela nous a contraints à renoncer aux premiers jours d'entraînements. Ensuite, les conditions se sont améliorées et nous avons vraiment pu faire de l'excellent travail. Mais la Patagonie reste toujours imprévisible: située à l'extrême sud du continent américain, elle est balayée par des vents très changeants et des dépressions qui peuvent s'avérer violentes. Dans la même journée, il peut d'abord pleuvoir, puis faire grand beau, avant de neiger.

J'ai logé dans un petit chalet au bord des pistes avec Michelle Gisin, qui une amie depuis longtemps. Nous avons partagé tellement de choses ensemble, sur les podiums mondiaux ou olympiques, que des liens très forts nous unissent. Dans notre chalet, il y avait aussi la physiothérapeute et la doctoresse de l'équipe. Elles étaient très calmes, car elles devaient étudier à distance sur leur temps libre, donc c'était vraiment parfait.

Vous vous souvenez, je vous avais parlé d'un paquet de fondue que j'avais pris avec dans mes valises? Et bien, j'ai très vite pu l'utiliser. Pendant les premiers jours de tempête, j'ai invité toute l'équipe, ainsi que le chef de l'hôtel où nous prenions nos repas, pour partager un moment de convivialité. C'était la première fois que ce cuisinier mangeait une fondue au fromage et je crois que passé l'effet de surprise, il a vraiment apprécié.

D'un point de vue sportif, j'ai vraiment pu réaliser d'excellents entraînements – nous avons eu quinze jours sur les pistes en tout. Seul bémol, lors des trois derniers jours, j'ai commencé à me sentir moins bien sur les skis, aucune idée pourquoi. Et puis heureusement, le dernier jour, j'ai finalement retrouvé de bonnes sensations, comme ça, j'ai pu quitter la Patagonie avec une sensation positive dans la valise. À comparer avec la saison passée, qui était déjà très bonne, j'ai l'impression d'être en avance sur mes temps de passage.

J'étais aussi à Ushuaia quand j'ai appris la retraite de Marcel Hirscher. On avait entendu des rumeurs, mais ça fait quand même bizarre de se dire qu'il ne sera plus là maintenant que c'est officiel. Certains disent qu'il est encore jeune, qu'il aurait pu continuer, mais franchement, je peux le comprendre. C'est un sport qui demande tellement d'investissement tout au long de l'année. Rester au sommet comme il l'a fait pendant autant d'années, c'est vraiment une performance exceptionnelle. Moi aussi, parfois je connais des journées difficiles, mais rassurez-vous, à la fin c'est encore et toujours le plaisir qui prend le dessus. Je ne suis pas près d'arrêter.

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