Chronique: Wendy Holdener: «La question qui lasse»
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ChroniqueWendy Holdener: «La question qui lasse»

Découvrez la dernière chronique de la skieuse schwytzoise parue dans «Le Matin Dimanche».

par
Sport-Center
Keystone

Après ma deuxième place lors du premier slalom de la saison à Levi, beaucoup de gens m’ont demandé si je n’en avais pas marre d’être toujours deuxième derrière Mikaela Shiffrin. Pareil, avant chaque slalom: «Wendy, est-ce que vous pensez pouvoir battre Mikaela cette fois?» À la longue, c’est surtout de ces questions dont j’ai marre, même si elles sont légitimes, plus que des deuxièmes places. C’est vrai, c’est quand même un peu idiot de toujours tout ramener à ça. Bien sûr, j’aimerais enfin remporter mon premier slalom après avoir terminé à de nombreuses reprises à la seconde place, c’est d’ailleurs l’un des objectifs de ma saison. Je peux vous garantir qu’à chaque fois, je donne le meilleur de moi-même.

À Levi, par exemple, j’étais supercontente avec ce résultat. D’abord parce que j’avais raté ma première manche en finissant sixième, ensuite parce que je revenais d’une blessure au coude qui avait perturbé ma préparation. D’ailleurs, mon coude va mieux. Ça fait un mois que j’ai subi cette petite fracture lors d’une chute en salle de fitness et, cette semaine, ma physiothérapeute m’a dit que c’était bon, que je pouvais à nouveau le mobiliser à 100%. Je vais continuer à skier avec une protection malgré tout, car en slalom et en géant, les chocs avec les piquets peuvent être violents.

Je vous écris depuis Killington, dans le Vermont, où je suis arrivée en début de semaine. C’est la seule étape de l’hiver sur la côte est des États-Unis et c’est très différent de l’atmosphère que l’on peut trouver sur la côte ouest, dans le Colorado, à Aspen ou à Vail par exemple. Ici, le ski alpin est une discipline beaucoup plus populaire, moins élitiste. Lors des courses, il y a facilement 15'000 personnes au bord de la piste. Au niveau de l’atmosphère, c’est l’une des meilleures étapes de la saison. Les gens sont vraiment sympas et passionnés de ski. Mais évidemment, ils soutiennent tous Mikaela…

Même si j’aime être ici pour cette course et que j’ai plutôt de bonnes sensations sur la neige depuis mon arrivée, je ne suis jamais très à l’aise quand je passe du temps aux États-Unis. Je trouve que tout est un peu disproportionné: les routes, les voitures, la nourriture, tout est plus grand que chez nous. Et franchement, quand je vois comment est la vie est ici, je ne me verrais pas trop m’installer dans la région. Bientôt, je serai de retour en Europe pour les courses du mois de décembre. Dans ma prochaine chronique, je vous raconterai comment concilier les fêtes de fin d’année avec le sport de haut niveau.

Wendy Holdener

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

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