Chronique: Wendy Holdener: Le ski en salle, vous connaissez?
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ChroniqueWendy Holdener: Le ski en salle, vous connaissez?

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Wendy Holdener, Mujinga Kambundji et Steve Guerdat.

par
Wendy Holdener

Le 8 juillet, j’ai rechaussé les skis pour la première fois. Il m’est déjà arrivé de ne pas être hypermotivée à cette idée par le passé, en plein été de surcroît, mais cette année j’avais vraiment envie d’y retourner. D’abord parce que je n’étais jamais allée sur le glacier du Stelvio – et croyez-moi les pistes que je ne connais pas en Europe sont rares – ensuite parce que j’avais suffisamment sué en salle de force pour avoir besoin de prendre un peu l’air.

Clic, clac: le bruit de la chaussure dans la fixation a résonné pour la première fois de la saison. J’ai vraiment été très surprise de me sentir aussi bien sur les skis et ce dès ma première piste. Franchement, je n’ai à aucun moment eu l’impression d’avoir arrêté trois mois. Il faut dire aussi que nous avons eu de très bonnes conditions de neige. À plus de 3000 mètres, c’est encore des restes de la neige de l’hiver passé, et comme les flocons sont tombés très tard ce printemps, la piste était de très bonne qualité.

Au Stelvio, j’ai découvert un endroit pittoresque, presque passé d’âge. L’hôtel où nous nous trouvions était juste au bord du glacier. Et c’est un sacré avantage: d’habitude, sur les autres glaciers d’Europe, il faut compter une bonne heure pour arriver au sommet de la piste. Chaque jour, je skiais de 5h du matin à 9h. Ensuite, le soleil arrivait et la neige devenait trop molle. C’était bizarre de recommencer à se lever aussi tôt, j’étais presque en jet-lag à la fin de la semaine.

Un entrepôt transformé en frigo

La semaine suivante, j’ai pris l’avion direction Hambourg. Ce n’est pas vraiment une destination phare des sports d’hiver, me direz-vous à raison. Eh bien, à une heure de route de là, il y a une halle à l’intérieur de laquelle il est possible de skier tout au long de l’année. En fait, c’est une sorte d’entrepôt transformé en frigo géant où ils fabriquent de la neige artificielle. Le revêtement est très dur, comme la glace que l’on peut retrouver sur certaines étapes de Coupe du monde, et c’est un peu monotone car il n’y a qu’une seule piste. J’ai fait treize descentes le matin, autant l’après-midi, pendant cinq jours… C’était intéressant, mais franchement ça n’a rien à voir avec le grand air. Il y a énormément d’humidité dans cette halle et elle pénètre les habits de la tête aux pieds. Au bout d’un moment, je mourrais de froid.

Il n’empêche qu’on m’a raconté que cette halle tournait à plein régime toute l’année durant. Beaucoup d’équipes techniques viennent s’y entraîner, et pendant l’hiver les gens de la région viennent skier ici. Tout le monde n’a pas les moyens de se payer des vacances à la montagne et plusieurs milliers de personnes se rendent dans cette halle pour goûter aux joies des sports d’hiver. À Nouvel-An, il paraît qu’il y a une ambiance de folie – si ça vous dit, moi je serai occupée.

La prochaine fois que vous lirez cette chronique, je vous écrirai depuis l’Amérique du Sud. Avec l’équipe féminine, nous allons partir quatre semaines dans le Grand-Sud pour trouver de la neige fraîche. Pour la première fois de ma carrière, je quitterai le groupe des techniciennes durant dix jours pour rejoindre les spécialistes de vitesse. Je me réjouis d’y être et de vous en parler!

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