Football: Western spaghetti autour de Joël Corminboeuf

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FootballWestern spaghetti autour de Joël Corminboeuf

L'entraîneur d'un FC La Chaux-de-Fonds miné par les luttes intestines se retrouve pris entre deux feux. Les uns veulent le licencier, les autres le soutiennent.

par
Simon Meier
Comme il l'a signifié via cette photo sur son compte Facebook, Joël Corminboeuf peine à rester calme.

Comme il l'a signifié via cette photo sur son compte Facebook, Joël Corminboeuf peine à rester calme.

Déjà hautement rocambolesque depuis des mois, la situation du FC La Chaux-de-Fonds vire au tragicomique – mais la tragédie fait mine de l'emporter sur la comédie. Et le conflit entre les deux clans qui s'écharpent à la tête du club est logiquement en train de trouver son prolongement dans les vestiaires, où l'entraîneur Joël Corminboeuf, ex-gardien international, ne sait plus à quel saint se vouer.

Le dernier épisode en date, relaté par Arcinfo, remonte à mercredi. Le coach s'apprêtait à donner son entraînement quotidien lorsque Christophe Maraux, vice-président en disgrâce depuis son arrivée au club ce printemps, a débarqué en tenue de sport pour expliquer aux joueurs que c'est lui qui officierait. Corminboeuf, refusant de se laisser marcher sur les pieds, a appelé à la rescousse Jean-Pierre Massari, président par intérim depuis que François Meuris (associé de Maraux) lui a cédé le témoin mais sans se retirer (vous suivez?)… L'explication entre Maraux et Massari, chaude, ne fait qu'épaissir le trouble qui sévit autour d'une équipe qui, après la fessée reçue le weed-end passé chez les M21 de Bâle (7-0) et avant de recevoir la réserve du FC Zurich samedi à La Charrière, occupe le dernier rang de Promotion Ligue (9 matches/6 points).

Et maintenant? Comme l'a constaté Me Freddy Rumo, fugace médiateur, «les antagonismes sont irréconciliables» entre le duo Maraux-Meuris d'un côté, et les trois autres membres du comité central – Massari, Pierre-André Lagger (directeur sportif) et Amélie Gogniat (responsable des finances). Les premiers souhaitent désormais licencier Joël Corminboeuf; quant aux seconds, ils rêvent d'éjecter du club ceux qu'ils considèrent comme des guignols, voire des fossoyeurs en puissance.

Comme l'assemblée générale extraordinaire de septembre, révoquée par Christophe Maraux après deux minutes, n'avait rien donné, tout le monde est déjà tourné vers celle du 18 octobre. Entre ceux qui s'accrochent envers et contre tous les vents (Maraux-Meuris) et ceux qui promettent avoir un projet pour assurer l'avenir (le reste du monde), qui aura le dernier mot? On verra bien. En attendant, c'est un fleuron du football helvétique, triple champion de Suisse, qui tremble pour ses jours. Et au milieu de tout ça, un ex-gardien international tente de rester calme. «La parole est d'argent, le silence est d'or», s'est contenté de déclarer le Fribourgeois, qui a un match important à préparer…

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