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FiscalitéWidmer-Schlumpf veut une place financière performante et propre

La présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf veut léguer à ses enfants et petits-enfants une place financière suisse performante et propre.

Eveline Widmer-Schlumpf s'est exprimée devant les journalistes réunis à Genève au Club suisse de la presse.

Eveline Widmer-Schlumpf s'est exprimée devant les journalistes réunis à Genève au Club suisse de la presse.

Keystone

La présidente de la Confédération Eveline Widmer- Schlumpf veut léguer à ses enfants et petits-enfants une place financière suisse performante et propre. Elle a insisté sur cette priorité jeudi devant les journalistes réunis à Genève au Club suisse de la presse.

La présidente de la Confédération et cheffe du Département fédéral des finances (DFF) a affirmé d’emblée qu’elle ne s’exprimera pas davantage sur l’affaire Hildebrand afin «d’apaiser les débats». Elle a indiqué avoir répondu aux questions mercredi à Berne.

Interrogée sur les attaques de l’UDC, Eveline Widmer-Schlumpf a néanmoins déclaré qu’elle pouvait vivre avec cela. «Ce ne sont pas des attaques contre moi personnellement, elles visent les institutions, le Conseil de la BNS», a estimé la présidente de la Confédération.

Elle a indiqué qu’il fallait «chercher à donner les réponses aux questions posées de manière pragmatique». «Le Conseil fédéral a réagi comme il a pu et on ne peut pas dire qu’il aurait dû réagir autrement», a-t-elle déclaré à la cinquantaine de journalistes des médias internationaux présents.

Mme Widmer-Schlumpf a précisé que la nomination du nouveau président de la Banque nationale suisse (BNS) pourrait «aller très vite» ou «prendra plus de temps» selon les développements de l’enquête en cours au sein du Conseil de la BNS.

Accords sur l’impôt libératoire

La cheffe du DFF a défendu les accords sur l’impôt libératoire avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Elle a affirmé vouloir «léguer à ses enfants et petits-enfants une place financière suisse performante, propre et fiscalisée» et réaffirmé son opposition à l’échange automatique d’informations. «Ce n’est pas un thème pour la Suisse», a-t-elle dit.

«La vraie question est de savoir ce qui est plus juste: attraper quelques dizaines de personnes dans le cadre des demandes d’entraide lourdes sur le plan bureaucratique ou faire payer l’impôt à un grand nombre de personnes de manière anonyme», a indiqué la cheffe du DFF.

«Nous sommes persuadés que nous trouverons une solution avec l’Allemagne et l’Angleterre. On verra dans quelques semaines, dans quelques mois», a déclaré Eveline Widmer-Schlumpf.

Les discussions sur la mise en oeuvre technique de ces accords se poursuivent, a-t-elle précisé. C’est à l’Allemagne et à l’Angleterre de clarifier leur comptabilité avec le droit de l’Union européenne, pas à la Suisse, a-t-elle relevé.

Tractations avec les Etats-Unis

Interrogée sur les tractations avec les Etats-Unis, la cheffe du DFF a concédé que les Etats-Unis n’étaient pas «des partenaires très faciles», mais «constructifs et justes». Nous espérons pouvoir régler le problème de manière à respecter le droit suisse, a déclaré Mme Widmer-Schlumpf.

A propos de la possibilité d’un accord fiscal avec l’Italie, la cheffe du DFF a affirmé que l’Italie était «plus ouverte qu’il y a deux-trois ans». «Il est plus facile de négocier», a-t-elle indiqué.

La Suisse doit cependant reprendre les discussions avec le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti et Mme Widmer- Schlumpf a précisé ne «pas pouvoir dire si l’on trouvera une solution en 2012 ou plus tard». «Un accord fiscal avec la Suisse n’est pas la priorité de l’Italie en ce moment», a-t-elle fait remarquer.

Abandon de l’énergie atomique

Elle a aussi développé le volet énergétique et défendu la décision du Conseil fédéral d’abandonner le nucléaire. «Je suis persuadée que nous pouvons éliminer l’énergie nucléaire dans les 30 à 40 années qui viennent. On a des possibilités de développement des énergies renouvelables en Suisse et beaucoup de jeunes y travaillent», a-t-elle dit.

«Si on veut, on peut», a déclaré Eveline Widmer-Schlumpf à ce sujet, rejetant les critiques selon lesquelles la décision du Conseil fédéral a été «irrationnelle». «Nous n’avons pas d’autre choix que d’être prêts et c’est une formidable opportunité pour la Suisse de se positionner dans les technologies respectant l’environnement», a souligné la présidente de la Confédération.

(ats)

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