07.06.2015 à 23:15

cyclismeWiggins, l'homme-protée du cyclisme (PORTRAIT)

Paris, 7 juin 2015 (AFP) - Symboliquement, Bradley Wiggins a adopté le logo de la RAF, l'armée de l'air britannique, sur ses différents maillots, signe de l'attachement du nouveau détenteur du record de l'heure (54,526 km) à la vitesse et, plus encore, à un style de vie.

Adepte de la culture "Mods" qui cultivait dans les années 1960 le mythe de la guitare, du scooter et des groupes rock tels que les Jam et les Who, le Britannique qui aurait pu devenir DJ aime à se démarquer du peloton cycliste. Sur le vélo aussi puisqu'il a su, à 35 ans, se métamorphoser de nouveau en pistard. En homme-protée du cyclisme, l'un des six coureurs dans l'histoire à avoir gagné le Tour de France et battu le record de l'heure, "Wiggo" est revenu ce printemps à ses premières amours. A savoir, tourner en rond sur une piste (comme son père Gary, un coureur australien de Six-Jours qui a quitté sa famille alors que le petit Bradley était âgé de deux ans), dans un exercice qui convient par-dessus tout à ce coureur qui déteste les aléas mais nourrit paradoxalement une vraie passion pour Paris-Roubaix, la course de tous les excès. C'est sur les pavés du Nord de la France que l'Anglais a conclu en avril une carrière sur route d'élite, atypique voire illogique. Incapable de grimper un col durant des années, il avait su maigrir drastiquement après les JO de Pékin en 2008 pour se transformer en coureur de grand tour et exceller tant dans les cols que les contre-la-montre, la discipline de base dont il est le champion du monde en titre. Le Tour de France (2012) en poche, le premier Britannique à figurer au palmarès s'est assuré un quatrième titre olympique, dans le contre-la-montre des JO de Londres, après les trois premiers obtenus auparavant sur la piste. Il a été anobli par la reine pour ces performances mais a éprouvé le besoin de passer à autre chose, de se trouver de nouveaux défis jusqu'à sa sortie programmée l'an prochain aux JO de Rio, avant qu'il rejoigne définitivement sa propriété d'Eccleston, dans le Lancashire (nord-ouest de l'Angleterre). Le gamin élevé à Kilburn, dans la banlieue ouest de Londres, se souvient de la naissance de sa vocation cycliste. A 12 ans, il voit à la télévision Chris Boardman, quasi-inconnu à l'époque, ridiculiser ses adversaires de la poursuitee aux JO de Barcelone 1992. "C'est ce que je voulais faire, a-t-il raconté. Etre sur un vélo et gagner des médailles pour la Grande-Bretagne". Passionné par l'histoire de son sport, l'homme qui a troqué ses rouflaquettes pour une barbe rousse et drue -rasée pour la tentative de Londres- a atteint son objectif. Dimanche, il a rejoint Boardman sur les tablettes du record de l'heure. Et confirmé sa place unique dans le Panthéon du sport britannique. jm/chc

(AFP)

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