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tennisWimbledon - Federer et Djokovic matent la jeunesse (PAPIER GENERAL-ACTUALISATION)

Par Ludovic LUPPINO Londres, 4 juil 2014 (AFP) - Novak Djokovic et Roger Federer ont maintenu la domination du "Big Four" en renvoyant à leurs études les jeunes ambitieux Grigor Dimitrov et Milos Raonic vendredi, pour accéder à la finale de Wimbledon.

Le putsch de la nouvelle vague aura finalement échoué. Déterminés à faire bouger les lignes au sommet de la hiérarchie mondiale, Dimitrov et Raonic, 23 ans chacun, ont eu un aperçu du chemin qui leur reste à parcourir pour arriver à leurs fins. Sans se hisser à leur meilleur niveau, les patrons du tennis ont fait parler leur expérience pour décrocher une énième finale en Grand Chelem. Ce sera très exactement la quatorzième pour Djokovic, la vingt-cinquième pour Federer qui détient le record, avec cinq longueurs d'avance sur Rafael Nadal. Le seigneur helvète, aura l'occasion d'ancrer un peu plus son nom dans la légende du tennis en s'offrant un dix-huitième titre majeur, le huitième à Wimbledon où il se sent comme chez lui. A presque 33 ans (le 8 août), Federer devient le deuxième joueur le plus âgé, derrière l'Australien Ken Rosewall (39 ans en 1974), à atteindre ce niveau sur le gazon anglais. Sur un court central baigné de soleil et sous les yeux de l'acteur anglais Jude Law, le N.4 mondial a joué une partition sans fausses notes face au bombardier Raonic, le meilleur serveur du tournoi, limité à 17 aces. Il en avait réussi 29 en moyenne auparavant. Intouchable sur son service, Federer a breaké le colosse canadien au visage juvénile à chaque fois qu'il tremblait, pour boucler la partie en trois sets (6-4, 6-4, 6-4) et seulement 1h41 de jeu. "J'étais vraiment très concentré aujourd'hui. Globalement, j'ai vraiment bien joué jusqu'ici surtout en seconde semaine où j'ai élevé mon niveau de jeu", a affirmé Federer, qui n'avait plus disputé de finale en Grand Chelem depuis celle remportée à Londres en 2012 contre Andy Murray. Cela a été plus difficile pour Djokovic, qui a eu besoin de quatre sets (6-4, 3-6, 7-6 (7/2), 7-6 (9/7)) pour vaincre le talentueux Dimitrov, le plus grand outsider du tournoi, lauréat du Queen's et invaincu jusque-là sur gazon cette saison. La partie aurait pu mal tourner si le Serbe n'avait pas sauvé quatre balles de set dans la quatrième manche. Alors qu'il menait 6-3 dans le tie break, le compagnon de la Russe Maria Sharapova, présente dans les tribunes pour l'encourager, n'a pas su saisir les occasions. Et cela ne passe pas face à "Djoko", qui rate rarement une opportunité d'anéantir son adversaire lorsque celui-ci se met à balbutier. "Grigor a des coups de qualité, comme son revers, et un bon touché. Il est équilibré en attaque et en défense. Il s'est beaucoup amélioré ces six derniers mois, comme le montrent ses résultats. C'est vraiment une bonne victoire pour moi", a affirmé le Serbe au sujet de son adversaire, tombeur au tour précédent du tenant du titre Murray. A défaut d'avoir du sang neuf dimanche, les spectateurs du Central auront droit à un duel plus classique. S'ils se sont souvent affrontés sur le circuit (Federer mène 18-16), les deux cadors du tennis mondial se sont rarement rencontrés en finale d'un Majeur. La seule fois, c'était à l'US Open en 2007. Federer, qui dominait de la tête et des épaules l'ATP, s'était imposé en trois manches. A Wimbledon, la seule confrontation a eu lieu, en demie en 2012, avec la suite que l'on connaît. Federer n'est jamais aussi bon que dans le temple du All England Club où il n'a perdu qu'une seule de ses huit précédentes finales, en 2008 face à Nadal. Après une élimination précoce l'an passé, marqué par des gros pépins physiques au dos, le Suisse a l'occasion de retrouver les sommets. Djokovic espère conjurer le mauvais sort, lui qui a perdu cinq de ses six dernières finales en Grand Chelem et retrouver la première place, qu'il récupèrerait en cas de succès. ll/jcp

(AFP)

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