Football: Xamax et Servette jouent les inséparables
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FootballXamax et Servette jouent les inséparables

Le derby romand n’a pas livré de vainqueur. Alors qu’ils menaient 2-0, les Genevois se sont exposés au retour neuchâtelois.

par
Sport-Center

La saison passée déjà, Xamax en avait fait sa désespérante spécialité, affichant une incapacité à transformer les rares balles de match qu’il s’octroyait. Chaque fois qu’il avait la possibilité d’enchaîner, de montrer que ses joueurs avaient franchi un palier comme on le supposait, le club neuchâtelois rechutait, craquant sous le poids de la pression inhérente à ce type de rendez-vous qu’il ne parvenait pas à négocier correctement.

Alors oui, Xamax n’est pas parvenu à confirmer sa victoire de Lugano qui lui avait permis de se défaire de la lanterne rouge voici une semaine, courant toujours ce matin derrière une victoire devant son public qui le fuit depuis le 22 avril. Mais les joueurs de Joël Magnin, à défaut de pouvoir exulter au coup de sifflet final, ont peut-être remporté samedi soir davantage que les trois points auxquels ils aspiraient au coup d’envoi.

En trouvant les ressources mentales pour revenir à la hauteur d’un Servette seigneurial en première période avant de s’éclipser, ils ont gagné une nouvelle légitimité: celle d’une équipe qui a franchi un palier incontestable, qui ne renonce jamais et produit de surcroît du jeu.

Si les Genevois doivent se demander comment ils ont pu perdre le fil d’une rencontre qu’ils maîtrisaient à leur guise, ce Xamax de caractère a affiché une extraordinaire mentalité. Comme à la Praille le 31 août, on s’est donc séparé sur un 2-2 qui ne résout bien sûr pas tout mais qui permet à chacun d’aborder la pause internationale avec une relative sérénité.

Servette parce qu’il a prouvé, même en étant remanié, avoir en partie retrouvé les valeurs qui le caractérise; Xamax ensuite, qui n’a pas volé un point qui lui permet de poursuivre une mini-série positive.

Le penalty de la discorde

Le poids de ce nul n’a bien sûr pas la même saveur pour chacun des protagonistes. Autant il est frustrant pour les visiteurs dont le principal tort a été de ne pas tuer le match lorsque les occasions d’enfoncer leur hôte étaient là (Walthert a dû sauver trois fois au moins les siens entre la 30e et la 45e), autant il récompense le réveil d’un Xamax apparu métamorphosé. S’il incombait de décréter un vainqueur moral, ce serait sans doute lui.

Tandis que ses défenseurs ont connu une entame de match compliquée, la soirée allait aussi être difficile pour M. Horisberger (premier match en Super League), sortant ses cartons sans trop de discernement et sifflant un penalty de l’égalisation contesté par des Servettiens hors d’eux, invoquant une faute préalable sur Rouiller avant celle, supposée, de Maccoppi sur Nuzzolo.

«L’arbitre a été le plus mauvais acteur du match», tranchait un Alain Geiger aussi remonté que ses joueurs. Entre petites vacheries et coup bas entre amis, les émotions n’ont il est vrai pas manqué. L’intensité dramatique non plus.

Il est cependant assez curieux de constater combien le visiteur a pu perdre de sa superbe. Tant on n’avait d’abord vu que lui, tant ce Xamax, trop passif parce que surtout absent, souffrait des fulgurances adverses, victime aussi de la vitesse des hommes de couloir.

Sans doute le but de l’espoir inscrit par Karlen dès le retour des vestiaires a-t-il pesé sur l’écriture d’un scénario qui devait alors échapper aux Servettiens. «On s’est liquéfié après la pause, on s’est mis à moins jouer», déplorait Geiger.

Avant cela, Servette avait retrouvé tout son allant, cette jouerie qui demeure sa marque de fabrique et qu’il exporte jusque sur le synthétique, une surface qui lui convient - il y est toujours invaincu après des sorties à Berne, Thoune et Neuchâtel. Son homologue préférait retenir la réaction de ses protégés, tombée, expliquait Magnin, «après s’être dit des choses en face.» On peut imaginer lesquelles.

Dans ce classique de la fameuse théorie du verre à moitié plein (ou vide), personne ne méritait de l’emporter, ni de perdre. Chacun à sa manière, Xamax et Servette ont démontré que ce qui existait pouvait revenir. Même après avoir disparu.

Nicolas Jacquier, Neuchâtel

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NE Xamax – Servette 2-2 (0-2)

Maladière: 5819 spectateurs.

Arbitre: M. Horisberger.

Buts: 15e Tasar 0-1, 18e Ondoua 0-2, 51e Karlen 1-2, 78e Nuzzolo (penalty).

NE Xamax: Walthert ; Neitzke, Oss, Xhemajli ; Seydoux, Corbaz, Ramizi, Kamber ; Haile-Selassie (31e Doudin), Nuzzolo ; Karlen (82e Seferi). Entraîneur: J. Magnin.

Servette: Frick ; Sauthier, Rouiller, Sasso, Gonçalves ; Maccoppi, Ondoua (81e Kyei) ; Tasar (70e Cognat), Imeri, Schalk (62e Souici) ; Kone. Entraîneur: Geiger.

Notes: Xamax sans Di Nardo, Mveng, Dugourd, Farine (blessés). Servette sans Iapichino (blessé), Cespedes, Stevanovic (suspendus), Wüthrich (ménagé), Chagas (pas convoqué), Busset, Lang (M21).

Avertissements: 1re Kamber, 48e Xhemajli, 58e Maccoppi, 63e Kone, 74e Karlen, 78e Frick, 83e Kyei.

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