Football - Xamax jouera un match de Coupe d’Europe à Chiasso
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FootballXamax jouera un match de Coupe d’Europe à Chiasso

Maîtres de leur destin, les Neuchâtelois n’auront pas le droit de s’égarer jeudi prochain au sud des Alpes. Il leur faudra éviter surtout de tomber dans le piège de la provocation.

par
Nicolas Jacquier

Conséquence de son match nul face à Grasshopper (1-1) combiné au point que Chiasso a ramené de son déplacement à Schaffhouse sur le même score, Xamax n’est toujours pas certain d’évoluer en Challenge League la saison prochaine. A 90 minutes du dénouement du championnat, le spectre d’une potentielle relégation continue de hanter les esprits neuchâtelois.

Schaffhouse a tiré sur le poteau à la… 95e minute!

Si les chiffres leur seront clairement favorables au coup d’envoi de la dernière journée, on ne peut exclure un scénario catastrophe qui verrait les «rouge et noir» être mis échec et mat à Chiasso. Dans cinq jours, seule une défaite par plus de deux buts d’écart condamnerait le visiteur.

L’approche du match aurait été nettement plus périlleuse si GC avait réussi à transformer vendredi soir l’une ou l’autre de ses maigres chances. Mais le déplacement outre-Gothard aurait tout aussi bien pu prendre des allures de joyeuse course d’école décontractée si le poteau tessinois, à Schaffhouse, n’avait pas renvoyé le tir du remplaçant Axel Müller alors que l’on jouait la… 95e minute!

En fin de compte, la mission qui attend Xamax au sud des Alpes peut s’avérer des plus simples si ses joueurs ne s’égarent pas en chemin et continuent de s’appuyer sur les valeurs exprimées depuis plusieurs semaines. Mais elle pourrait aussi se transformer en traquenard si les protégés d’Andrea Binotto avaient la mauvaise idée de répondre aux inévitables provocations adverses - dans son antre de Riva IV qui a tout du coupe-gorge, on sait Chiasso passé maître dans l’art de (vous) pourrir un match et de chercher à déstabiliser son hôte par tous les moyens.

Il faudra garder ses nerfs

Xamax se retrouve aujourd’hui confronté à ce qu’il voulait éviter à tout prix, la gestion des émotions que suppose un rendez-vous aussi décisif. Avant de soigner le spectacle, il lui faudra garder ses nerfs, ne pas tomber dans la guerre de tranchées que cherchera à lui imposer des Chiassesi qui ne demandent que ça.

Trente-cinq journées ont été disputées jusque-là, qu’il importe désormais d’oublier. Plus rien ne compte sauf la nécessité de gérer l’avantage que lui confère une moins mauvaise différence de but que son adversaire, qui fera foi en cas d’égalité de points (-21 contre -26). Raphaël Nuzzolo n’a d’ailleurs pas manqué d’inscrire le rendez-vous du 20 mai dans un contexte européen, référence aux confrontations en match aller et retour des protagonistes habituellement engagés sur la scène continentale. Dès le coup de sifflet final vendredi, le buteur de la Maladière devait faire référence au système des compétitions européennes. «Ce soir, disait-il en substance, c’est comme si l’on avait gagné 4-1 la première manche contre Chiasso. On sait que l’on ne doit pas perdre 3-0 au retour.»

«Si l’on ne parvenait pas à nos fins là-bas, c’est que l’on mériterait alors de descendre»

Raphaël Nuzzolo, attaquant de Xamax

En principe, cela ne devrait pas se produire mais rien ne doit être exclu. Ni une expulsion, ni un penalty généreux, ni une bourde, etc. Pour se prémunir de tels coups du sort dans un match qui pourrait échapper à son contrôle et ne pas être normal compte tenu de l’enjeu, Xamax devra se déplacer pour finir le travail; en aucun cas pour gérer ses buts d’avance, une option beaucoup trop dangereuse. «Si l’on ne parvenait pas à nos fins là-bas, c’est que l’on mériterait alors de descendre», estimait assez justement le même Nuzzolo.

L’avant-dernier du classement possède l’immense avantage de détenir de meilleurs atouts dans son jeu; mais gare à lui de ne pas se retrouver pomme avec le bour. Pour les visiteurs, on parle beaucoup du risque d’encaisser un but rapidement, ce qui ne manquerait pas de réveiller encore davantage un Chiasso vite survolté. Mais la possibilité existe aussi pour Xamax d’en marquer au moins un (cela doit être son objectif), ce qui mettrait fin au faux suspense artificiellement créé en contribuant à tuer dans l’œuf toute velléité tessinoise.

Au moment de retrouver la Coupe d’Europe seize ans après une ultime apparition contre Saint-Étienne dans la défunte Coupe Intertoto, Xamax, quoi qu’il en soit, serait bien inspiré de réviser ses classiques pour ne pas s’exposer à une improbable remontada. A l’exemple de celle subie par le PSG en 2017 en 8es de finale de la Ligue des champions. Après avoir cru faire la différence à l’aller en atomisant le Barça 4-0, les Parisiens avaient explosé au Camp Nou 6-1, avec trois buts tombés dans les ultimes minutes.

Ne pas ressembler au PSG ou au FC Aarau

Quatre ans plus tard, Xamax ne voudra pas ressembler au PSG. Pas davantage qu’il ne voudrait vivre à son tour ce que le FC Aarau avait enduré lors du barrage de promotion-relégation contre ces mêmes Neuchâtelois voici deux ans (4-0, 0-4).

Jeudi prochain, il en ira du maintien du club de la Maladière dans le football professionnel autant que de sa crédibilité. Quand on touche au but et que l’on entrevoit la possibilité de réussir son opération sauvetage, on n’a tout simplement pas le droit de se saborder.

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