Actualisé 29.10.2018 à 07:00

FootballXamax n’a pas le droit d’être quelconque

Battu par Lucerne, le club neuchâtelois n’est pas parvenu à changer de dimension. Le voici toujours scotché à la place qu’il rêvait de quitter.

par
Nicolas Jacquier

Il est faux de prétendre que certains matches sont plus importants que d’autres – tous le sont, chacun dans leur réalité propre. Ce qui diffère et modifie notre perception, c’est l’approche que l’on peut en avoir en fonction à la fois du classement et de la nature de l’opposition. Une formation moyenne s’en voudra moins d’avoir manqué l’exploit face à un cador du championnat, là même où la situation comptable la «condamne» à l’emporter face à un adversaire que l’on estime à sa portée. S’il n’est donc pas question de choisir ses cibles, certaines paraissent simplement moins éloignées et déjà plus faciles à atteindre que d’autres…

Xamax demeurant somme toute une équipe moyenne, ni assez forte pour assurer un résultat, ni trop faible pour ne pas être capable d’engranger des points partout (on l'a récemment vu à Bâle), la venue du FC Lucerne devait coïncider avec l’abandon de la lanterne rouge, ce qui supposait au préalable une victoire érigée en impératif durant toute la semaine. C’est dire si le néo-promu connaissait l’importance de l’enjeu au coup d’envoi, avec la perspective réjouissante de pouvoir grimper au 7e rang de la hiérarchie tout en refilant la patate chaude à Grasshopper et au FC Sion. Voilà pour la théorie, forcément toujours radieuse…

Chute des températures

Mais rien, au niveau pratique, ne s’est vraiment déroulé dimanche après-midi comme espéré pour une équipe qui n’est pas parvenue à confirmer son succès obtenu lors du match aller (2-0), en ouverture du championnat, quand les fidèles de la Super League, en bras de chemise, ne grelottaient pas encore. Xamax ne parvenant pas à réchauffer son public hormis lors d’une fin de match décoiffante où il montra davantage en 10 minutes que lors des 80 minutes qui avaient précédé, la température a aujourd’hui chuté de plusieurs degrés à la Maladière.

Lucerne représentait un tournant comme il s’en présente 35 autres dans une saison. Mais un tournant que Xamax n’a pas su maîtriser alors qu’il avait pourtant eu la chance d’ouvrir le score par l’excellent Pickel. Cela est dû autant à son incapacité à produire son jeu habituel pendant 45 minutes (son adversaire l’en empêcha en venant le presser très haut) qu’à des déceptions individuelles, à commencer par celles de ses habituels leaders. Si souvent irréprochables, Laurent Walthert et Raphaël Nuzzolo n’ont cette fois pas répondu présent; ou s’ils l’ont fait, c’est de manière trop discrète: la sortie dans le vide du portier, ou plutôt son indécision, a coûté l’égalisation de Schürpf - la tête du capitaine lucernois n’aurait représenté aucun danger si le gardien était demeuré sur sa ligne - alors que l’on se demande toujours comment l’éternel trublion offensif neuchâtelois s’y est pris pour manquer son affaire devant Zibung – sa déviation seul devant le portier ayant le poids d’une égalisation qui aurait été méritée (92e).

Mais cette formidable folie des derniers instants, on aurait aimé la voir bien avant le but assassin de Schneuwly, certes magnifique au niveau de sa réalisation, mais consécutif à un gros oubli sur le repli défensif (il y en eut d’autres...).

Pour Xamax, pas question pour autant de paniquer alors qu’un tiers de championnat est déjà passé. L’équipe ne va pas être reléguée au prétexte de s’être inclinée contre Lucerne comme elle n’aurait pas été sauvée si elle l’avait emporté. Les protégés de Michel Decastel se sont simplement compliqué la tâche alors que l’occasion existait pour eux de prendre une autre dimension que celle de la lutte pour le seul maintien qui les accapare.

Thoune plus important que Lugano

Ce qui paraît sûr, c’est que le néo-promu ne pourra jamais s’en sortir normalement, et que le seul fait de bien jouer, à ce niveau, n’est pas suffisant. Pour combler ses lacunes, Xamax est condamné à être plus fort que ce qu’il est réellement, ce qui oblige ses joueurs à chaque fois se surpasser, ce qui, on le concède aisément, peut finir par user; surtout que ce mode de fonctionnement ne tolère aucune défaillance. Faute de quoi, il redevient une équipe quelconque et prévisible, ce dont a su profiter Lucerne dimanche.

Avec Lugano pour le compte de la Coupe de Suisse d’abord, puis un déplacement dans l’Oberland samedi, une nouvelle semaine capitale attend Xamax, sachant que le match le plus décisif pour lui ne sera pas celui de mercredi soir au Cornaredo mais bien le rendez-vous de la Stockhorn Arena. Il y retrouvera le FC Thoune, cette équipe qu’il aimerait tant imiter mais dont il n’a paradoxalement jamais paru aussi éloigné depuis la claque reçue le 11 août (défaite 5-1 à Neuchâtel).

Alors certes, tous les matches sont importants bien sûr. Mais celui-ci…

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