Football: «Xamax vaut beaucoup mieux que la dernière place»

Publié

Football«Xamax vaut beaucoup mieux que la dernière place»

Nouveau coach du club neuchâtelois, Stéphane Henchoz évoque les défis importants qui l'attendent. Le successeur de Decastel entend insuffler une confiance perdue à un groupe en proie au doute.

par
Nicolas Jacquier
Neuchâtel

L'ancien défenseur a donné sa première conférence de presse vendredi matin.

Pour les clubs de Super League, le vendredi est un jour particulier, traditionnellement réservé aux rendez-vous avec les médias afin d'évoquer l'échéance sportive du week-end. A Neuchâtel, le rendez-vous n'attire habituellement qu'une poignée de journalistes, rarement plus de trois et ne dépassant jamais, ou alors exceptionnellement, les frontières cantonales.

Mais ce vendredi, la première apparition publique de Stéphane Henchoz, parachuté trois jours plus tôt coach de NE Xamax en remplacement de Michel Decastel, a provoqué un engouement sortant de l'ordinaire. TV, radio ou presse écrite, les différents vecteurs d'information se sont mobilisés pour assister à la première prise de parole de l'ancien international helvétique dans son nouveau rôle.

Stéphane Henchoz, comment avez-vous vécu votre promotion sur le banc xamaxien?

J'ai d'abord été surpris. Quand le président m'a proposé l'équipe mardi à 12h30, ça a été un mini-choc. Mais j'ai accepté sans hésiter. Cela fait trois ans que je suis avec ce groupe. J'ai du plaisir à être là. J'aime ce club, j'habite ici, je viens de l'autre côté du lac. Xamax, c'est mon club. J'ai été ravi d'aider Michel (ndlr: Decastel) pendant toute cette période. Je suis convaincu que l'on peut s'en sortir. Si je n'étais pas convaincu de cela, je n'aurais pas accepté cette mission.

Et comment le groupe a-t-il réagi?

Pour tout le monde, il a fallu dans un premier temps digérer les événements. Dès mercredi, on s'est concentré sur ce qui allait venir. Je suis très satisfait du travail effectué. J'ai trouvé des gars très réceptifs, qui se sont engagés à fond. Je me sens en connexion avec eux.

Dans l'ordre des priorités, quel est le chantier No 1?

Faire en sorte que les joueurs retrouvent la confiance qui les a abandonnés. Les joueurs sont marqués par tout ce qui s'est passé durant ces derniers mois. Xamax vaut beaucoup mieux que la dernière place. L'équipe a les moyens de retourner cette situation difficile. On peut gratter des points partout. Le maintien passe par une équipe plus solide défensivement. Cela ne suffit pas d'être bon quand on a le ballon. Il faut aussi l'être quand on le perd. On doit donc absolument être plus fort défensivement. Faute de quoi, c'est la Challenge League au mois de mai. Si les joueurs sont performants individuellement, le résultat suivra plus facilement.

Christian Binggeli, votre président, a dit vous avoir choisi pour faire la révolution. Alors, comment fait-on la révolution?

Je ne vais pas tout révolutionner en trois jours. L'objectif n'est pas de tout mettre au feu mais de mieux faire ce qui n'a pas fonctionné jusqu'à présent. Au niveau des horaires et de la manière de travailler, je vais changer certaines choses pour casser la routine qui s'était peut-être installée. J'apporte aussi un discours différent, avec ma personnalité, qui n'est pas celle de Michel. En tant qu'adjoint, je n'intervenais jamais devant le groupe.

La mission que l'on vous a confiée est pour le moins périlleuse. Ressentez-vous une certaine crainte?

Au risque de paraître prétentieux, non. Pourquoi se dire qu'il a de la pression? Cela doit être du plaisir. Les joueurs ont mérité d'être là, ils doivent en profiter. Plutôt que de les bloquer, l'adrénaline du match doit les libérer. C'est une chance extraordinaire de pouvoir vivre ça. Dans la vie normale, cela n'existe pas.

N'auriez-vous pas préféré commencer à l'extérieur plutôt que d'accueillir Lucerne? -Pas forcément. Le public peut nous pousser. Certes, les spectateurs n'ont pas eu grand-chose à fêter depuis le 26 septembre (ndlr: date de la dernière victoire de Xamax) mais je suis persuadé que leur rôle sera important.

Quel est votre message avant le rendez-vous de dimanche?

Chaque joueur doit absolument donner plus. En faire un peu plus, c'est déjà beaucoup plus. A moi de faire ensuite en sorte que des éléments que l'on a trouvé moyens ou légèrement insuffisants augmentent considérablement leur niveau.

En tant qu'ancien défenseur, allez-vous revenir à un 4-4-2 plus classique?

Je ne suis pas adepte de jouer à cinq derrière mais il faut parfois aller à l'encontre de ses principes. La priorité, c'est de devenir solide derrière, avec plus de sécurité. Jouer dans un système à cinq défenseurs demande aussi moins de connaissance tactique.

Ton opinion