Actualisé 17.07.2020 à 17:25

MotocyclismeY a-t-il un mystère Thomas Lüthi?

Dominateur des essais de février, le Bernois n’y arrive plus. Une nouvelle chute et, bien sûr, des questions...

par
Jean-Claude Schertenleib
Toutes les infos du MotoGP

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Pour Lüthi, le Jerez d’été n’est pas celui du printemps

C’était à la fin du mois de février, à Jerez de la Frontera, dans le paddock dont chacun connaît le moindre mètre carré, à force d’y venir. Pour le GP d’Espagne mais aussi, généralement plusieurs fois pendant la pause hivernale, pour des tests. Dont la traditionnelle répétition générale du championnat du monde. Ces deux jours-là, Tom Lüthi avait marié la qualité (le meilleur temps absolu) et la quantité (un rythme qu’aucun de ses adversaires n’avait pu soutenir). À deux semaines du début de la saison, au Qatar, tous les voyants étaient au vert et le plus expérimenté des pilotes Moto2 était rayonnant. Or, à Doha, que ce soit lors des ultimes tests d’avant-saison ou lors des essais du GP, Tom s’était heurté à un mur. Il avait tout essayé, mais le chrono stagnait, la tension grimpait. Deux chutes lors de la seconde séance d’essais libres du vendredi soir, la deuxième si violente qu’il avait dû faire un passage par le centre médical, avant d’être déclaré «fit» pour la suite du week-end. En course, il allait sauver les points de la dixième place; toujours ça de pris, mais insuffisant pour un favori déclaré. À quelques heures du départ, son propre manager, Daniel-M. Epp, jouait d’ailleurs les oiseaux de mauvais augure: «Il ne faut pas s’attendre à un miracle aujourd’hui.» À Doha, a-t-il roulé, aussi bien le samedi que le dimanche, avec une blessure cachée? «Non», affirment aujourd’hui le manager et le pilote. Reste qu’au Qatar, on a cru lire certaines grimaces, une gêne au niveau des épaules. Un pilote, en tous les cas, soudainement beaucoup moins serein.

Cette semaine chaude de juillet, quatre mois et demi plus tard. Mercredi, deux séances de tests; en matinée, Tom Lüthi signe le meilleur chrono, ce sera le deuxième de la journée. L’après-midi, pourtant, alors que la chaleur grimpe, le Bernois stagne, consacrant, dit-il, la plus grande partie du temps à essayer différents pneumatiques en vue de la course. Ce vendredi, on l’attend tout en-haut de la hiérarchie, il ne signe «que» le onzième temps et n’évite pas la chute à la sortie du virage No 1, à quatre minutes de la fin de la première séance. En boule, il retombe sur la piste, se relève immédiatement et rentre, penaud, à son stand. Comme au Qatar, un passage par le centre médical est obligatoire; comme à Doha, il est considéré «fit» pour poursuivre sa journée. L’après-midi, 35 degrés dans l’air, 52 sur l’asphalte, il signe encore le onzième chrono, mais il lui manque toujours une demi-seconde, comme si, une fois encore, un mur se dressait devant lui. Y a-t-il un «mystère Tom Lüthi»? Va-t-il se transformer, samedi, en passe-muraille? En Moto2, tout se joue sur des détails (21 pilotes en moins d’une seconde), donc tout n’est pas perdu. Mais rien, non plus, n’est gagné!

Tom Lüthi n’a signé que «que» le onzième temps des essais libres en Moto2, ce vendredi.

Tom Lüthi n’a signé que «que» le onzième temps des essais libres en Moto2, ce vendredi.

KEYSTONE

Marquez (Marc), avocat de Marquez (Alex)

On le sait, avant même que la saison MotoGP ne commence, le champion du monde Moto2 en titre, Alex Marquez, a perdu pour 2021 sa place dans le team officiel Repsol-Honda. On le retrouvera dans l’équipe «satellite» de Lucio Cecchinello, à la place de Cal Crutchlow. Le grand frère, Marc, a-t-il été surpris? Était-il au courant des transactions qui ont permis au HRC de s’attacher les services de Pol Espargaró, actuellement chez KTM? «Bien avant que les premiers bruits ne s’échappent, je savais ce qui se préparait. Et je peux vous dire une chose: pour Alex, c’est la meilleure chose qui pouvait lui arriver, parce que lorsqu’on est pilote Honda-Repsol, dans le team d’usine, c’est le podium ou la catastrophe. Et pour un rookie, c’est une pression terrible.» Il n’ajoutera pas que d’autres, comme Jorge Lorenzo l’an dernier, en ont fait l’amère expérience. Tiens, à propos, les deux frères sont tombés aujourd’hui: «La Honda reste une moto compliquée. Pour en tirer le meilleur parti, il faut accepter les chutes», dit Marc.

Marc Marquez suit avec attention les premiers pas de son frère Alex en MotoGP.

Marc Marquez suit avec attention les premiers pas de son frère Alex en MotoGP.

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Quand Andrea Dovizioso bluffe tout son monde

On attendait Andrea Dovizioso, le dauphin de Marc Marquez ces trois dernières années, au contour. Premièrement parce qu’il n’a toujours pas prolongé son contrat avec Ducati, ensuite parce qu’il y a trois semaines, «Dovi» s’est fracturé une clavicule lors d’une course régionale de motocross. Sur un circuit de Jerez où la Desmosedici n’a pas toujours été très heureuse, l’Italien signe le quatrième chrono du jour, à 121 millièmes du champion du monde. Du coup, chez les Rouge, on botte en touche les bruits qui feraient état d’un contact avancé avec Lorenzo pour remplacer Dovizioso: «Le retour de Lorenzo? C’est seulement dans sa propre tête. Il est clair qu’il aimerait revenir chez nous pour terminer sa carrière d’une autre manière – l’Espagnol de Majorque avait mis fin à sa collaboration avec Honda avant le terme du championnat 2019 -, mais je vous assure qu’il n’y a aucune discussion entre nous», affirme le directeur sportif de Borgo Panigale, Paolo Ciabatti.

Andrea Dovizioso pourrait laisser sa place à Jorge Lorenzo chez Ducati.

Andrea Dovizioso pourrait laisser sa place à Jorge Lorenzo chez Ducati.

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