Football: Yann Sommer est-il vraiment intouchable?
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FootballYann Sommer est-il vraiment intouchable?

Depuis le 8 septembre 2014, le gardien de la Nati est indéboulonnable devant le filet. Devrait-il être mis en concurrence? On en débat.

par
Robin Carrel
Yann Sommer a réalisé un blanchissage face au Bayern Munich.

Yann Sommer a réalisé un blanchissage face au Bayern Munich.

EPA, Keystone

Ottmar Hitzfeld l’a pris comme troisième portier dès la réception de l’Argentine, le 29 février 2012. Le natif de Morges, âgé aujourd’hui de 29 ans, a ensuite fait ses premiers vrais pas de titulaire, un jour de septembre, deux ans et demi plus tard, toujours sous «Gottmar», qui avait décidé de lancer sa classe biberon à Wembley, contre l’Angleterre (0-2). Depuis, le cerbère de Mönchengladbach, passé par Bâle et GC, qui compte également 65 capes entre les M16 et les M21 suisses, n’a plus jamais eu à craindre pour son poste. Est-il l’heure de le remettre en question? On se l’est posée, la question, justement. Et on n’était pas tout à fait d’accord.

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Tim Guillemin: Oui, il a prouvé qu'il était le No 1

Il y avait des doutes légitimes sur Yann Sommer avant la Coupe du monde. Sa sortie manquée à la 90e minute du barrage retour face à l'Irlande du Nord est encore dans toutes les mémoires et elle aurait pu coûter très, très cher. Sa faiblesse récurrente dans les airs est un problème, même s'il l'assume complètement: désormais, il ne sort plus. Patrick Foletti, entraîneur des gardiens de l'équipe de Suisse, l'a d'ailleurs avoué pendant le Mondial: il préfère voir Sommer défendre son but plutôt que l'espace. Bon... Personne n'est en train de dire que le gardien de «Gladbach» est le meilleur d'Europe, non. Par contre, il a gagné le droit d'être No 1 de l'équipe de Suisse en réussissant une Coupe du monde de haut niveau. En Russie, il a été bon lors de ses quatre matches et il est aussi constant en club qu'en équipe nationale.

Sur sa ligne, il est vraiment fort et en plus, il est performant au pied, ce qui est important dans le jeu de passes courtes prôné par Vladimir Petkovic. Ses relances proches de lui ou de moyennes longueurs sont de grande qualité. En plus, il n'a pas vraiment de concurrence en équipe de Suisse. Ou disons qu'il l'a écartée. Derrière lui, Roman Bürki est trop inconstant, Yvon Mvogo n'est pas titulaire en club, tout comme Gregor Kobel.

Après, on sort un peu du cadre du football, mais je dois avouer qu'il m'énerve un peu en essayant de devenir une espèce de Roger Federer du football, ce qui n'est pas un compliment. Il soigne son image de gendre idéal et de «Mr Perfect» en se créant un personnage un peu trop lisse. Sur le plan de la personnalité, je préfère Roman Bürki. Sur le plan du football, je suis plus Yann Sommer. Et finalement, c'est bien ça qui compte.

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Robin Carrel: Non, il doit au moins être mis en concurrence

La faiblesse récurrente de Yann Sommer dans les airs et sa façon de mettre un genou au sol et de regarder en l'air avec l'air dépité quand un ballon passe hors de sa portée doivent le conduire à se remettre en question. Pour l'aider en cela, il lui faut une vraie concurrence, comme cela commence à être la mode dans certains des plus grands clubs européens comme le Real Madrid, le Paris St-Germain ou Arsenal. Plus de No 1 et 2 ou deux Nos 1 bis, les grandes équipes veulent désormais compter sur deux titulaires en puissance. Ça tombe bien, la Nati en a un deuxième sous le coude en Roman Bürki.

Le cerbère du Signal Iduna Park mérite mieux que les seules neuf sélections qui lui ont été «gentiment» offertes depuis maintenant plus de quatre ans. Au cours de ce bail, l'ancien de GC n'a gardé la cage helvétique qu'à deux reprises lors de matches qui comptent. C'était contre St-Marin en 2015 (7-0) en qualifications pour l'Euro 2016 (super…) et en déplacement à Andorre en qualifications pour le Mondial 2018 (1-2) où il a sauvé la baraque en fin de rencontre (génial…). Deux matches en plus de quatre saisons, c'est presque une insulte pour un dernier rempart qui a poussé à la retraite Roman Weidenfeller, le chouchou du Signal Iduna Park de Dortmund. 180 minutes de «vrais matches» pour un homme qui garde avec brio la cage du leader de Bundesliga, doublé d'une bête physique au mental d'acier, ce n'est pas assez.

En passant, Vladimir Petkovic serait bien avisé de donner également quelques minutes de jeu à Yvon Mvogo un de ces jours. Le gardien remplaçant de Leipzig est encore sélectionnable par le Cameroun et il serait ballot de le lasser lui aussi, comme un certain Marwin Hitz qui a récemment préféré pouponner que de passer un été sur un banc russe. Être sélectionneur, c’est aussi gérer son personnel. Les gardiens sont réputés être forts mentalement, mais il faudrait voir pour ne pas tous les pousser à bout.

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