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DécouverteYi qi, un dinosaure de poche aux ailes de chauve-souris

Un drôle de dinosaure, découvert en Chine, constitue une surprise pour les paléontologues.

Yi qi signifie «aile étrange» en mandarin. L'animal vivait il y a environ 160 millions d'années.

Yi qi signifie «aile étrange» en mandarin. L'animal vivait il y a environ 160 millions d'années.

Keystone

Il s'appelle Yi qi. Il a la taille d'un pigeon et des ailes de chauve-souris: ce dinosaure étrange, découvert en Chine, constitue une surprise pour les paléontologues qui y voient une expérimentation non aboutie dans le processus de l'évolution.

Cousin primitif des oiseaux, Yi qi semble avoir eu des ailes non pas faites de plumes mais d'une membrane qui devait lui permettre de se déplacer dans les airs un peu comme les chauves-souris ou les écureuils volants, selon une étude publiée mercredi 29 avril sur le site de Nature.

Transition des dinosaures vers les oiseaux

«Nous ne savons pas si Yi qi battait des ailes, ou s'il planait ou bien s'il faisait les deux mais il a certainement développé un type d'aile qui est unique dans le contexte de la transition des dinosaures vers les oiseaux», relève le professeur Xu Xing, de l'Institut de paléontologie des vertébrés(IVPP) de Pékin.

Yi qi (qui signifie «aile étrange» en mandarin) vivait il y a environ 160 millions d'années. Il appartient à la famille des Scansoriopterygidés, petits dinosaures à plumes qui vivaient pendant le Jurassique moyen et tardif. Munis de longs doigts, ils étaient sans doute capables de grimper aux arbres. Leurs fossiles n'ont été retrouvés qu'en Chine.

Découvert par un paysan

Les Scansoriopterygidés font eux-mêmes partie des théropodes, dinosaures bipèdes, la plupart du temps carnivores, qui comptent dans leurs rangs le célèbre Tyrannosaure mais aussi l'ancêtre des oiseaux.

Yi qi (prononcer «ee chee») a été mis au jour par un paysan dans la province de Hebei, proche de Pékin.

Le dinosaure devait peser environ 380 grammes, a estimé l'équipe de paléontologues, principalement chinois, qui a mené l'étude. Il avait des dents et était sans doute omnivore.

L'équipe a bien retrouvé des plumes le long du squelette de Yi qi mais elles sont trop étroites et filamenteuses pour lui avoir permis de s'élever dans les airs.

Même tige osseuse que chez les chauves-souris

La surprise est venue de la découverte d'une étrange tige osseuse légèrement courbée au niveau de chaque poignet de ce fossile qui possédait en outre trois doigts articulés. La tige mesure environ 13 centimètres.

Des mammifères comme les chauves-souris et les écureuils volants possèdent ce type de tige ou de cartilage osseux. Chez eux, elle a pour fonction de soutenir une membrane aérodynamique, relèvent les chercheurs.

Des morceaux de membrane semblent bien avoir été identifiés sur le fossile Yi qi «même si la forme et la taille de celle-ci demeurent incertains».

«Bizarre expérience évolutive»

«Alors que ce type d'appareil destiné à voler a évolué dans d'autres groupes, il n'avait jamais été retrouvé jusqu'à présent chez un dinosaure. Yi qi pourrait représenter une bizarre expérience évolutive qui aurait finalement échoué», relève l'Institut de paléontologie de Pékin.

Yi qi le dinosaure «ne devait pas voler comme un champion», reconnaît l'institut chinois. «Même s'il a été capable de battre des ailes plutôt que de seulement planer, cela a dû se limiter à quelques courts vols entre des arbres ou d'un point élevé jusqu'au sol».

Controverse au sein de la communauté scientifique

Pour Xu Xing, «il s'agit vraiment d'un exemple des expérimentations qui ont dû avoir lieu lors de la phase de transition» dinosaures/oiseaux. «Alors que les oiseaux allaient faire leur apparition, plusieurs autres lignées ont essayé par d'autres moyens de s'élever dans les airs mais finalement un seul groupe a réussi».

L'équipe scientifique s'attend à ce que leurs travaux sur la reconstruction des ailes de Yi qi suscitent la controverse.

Kevin Padian, un biologiste de l'Université de Californie à Berkeley, se montre très sceptique. «Rien ne montre que Yi qi était capable» de battre des ailes et donc de s'envoler, relève-t-il dans un commentaire publié par Nature. A ses yeux, au vu de sa morphologie, on peut même écarter cette possibilité.

Le chercheur ne pense pas non plus qu'il ait été en mesure de planer pour une question de centre de gravité. C'est une étude «qui devrait brasser pas mal d'air», plaisante Henry Gee, biologiste spécialiste de l'évolution et l'une des plumes de Nature.

(AFP)

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