Switch: Yoshi, ce petit dinosaure qu'on aurait aimé détester

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SwitchYoshi, ce petit dinosaure qu'on aurait aimé détester

Avec «Yoshi's Crafted World», Nintendo confirme une fois de plus sa maîtrise du jeu de plate-formes pour enfants de 7 à 77 ans. Désarmant.

par
Jean-Charles Canet

Les bases du jeu «Yoshi's Crafted World» en vidéo (YouTube/Nintendo France)<nobr></nobr>

Allergique depuis la nuit des temps aux couleurs pastels, aux gros nez rouges, aux princesses qu'on délivre à la fin, au «yahou!» et autres «yippi!», aux jolis petits nuages blancs, aux charmants papillons, aux champi-champi-champignons... bref, à tout sur quoi Nintendo a bâti son image, l'occasion était trop belle: la sortie de «Yoshi's Crafted World» (que l'on traduira par «Le monde en carton de Yoshi») sur Switch allait nous permettre de lâcher les vannes et déverser notre fiel sur ce pauvre dinosaure aux grands yeux joyeux et au sourire niais. Nos armes étaient chargées, nos dents acérées prêtes à déchirer la jugulaire de la peluche énervante. Et puis...

Et puis nous y avons joué

Et puis nous y avons joué. Sur la télé, directement sur la Switch, puis à nouveau sur la télé. Nous avons enfilé les niveaux. Nous avons progressé dans la quête stupide de gemmes insipides dispersées par des méchants aux quatre coins de la carte afin que le soleil (au secours!) darde à nouveau de ses rayons le royaume de «Youpi les mirabelles». Nous avons même obéi à toutes les injonctions proposant de refaire les niveaux déjà arpentés afin de satisfaire nos bas instincts «complétionnistes». Nous avons même pistés d'adorables chiots aux jappements joviaux alors que c'était une activité totalement facultative. Et le pire dans cette histoire est que nous y avons pris un immense plaisir.

Le problème – enfin, pour celui qui souhaite tuer le soldat Yoshi – c'est que le jeu de plate-formes ne laisse pratiquement aucune prise à la critique tant l'essentiel frise la perfection. Le Gameplay? Aux petits oignons. La réalisation? Au sommet, la Switch est exploitée au meilleur de ses capacités. La difficulté? Parfaitement modulable afin de s'adapter autant aux plus jeunes qu'aux vieux briscards. Et avec tous les outils d'assistance qui permettent à papa ou maman gamer de guider son rejeton ou sa rejetonne. L'originalité? Elle provient de l'environnement en carton qu'on jurerait fait main avec un côté réversible qui permet de s'amuser avec l'envers du décors. Un aspect «méta» permet même aux découpeurs de pixels en quatre de se gargariser. Et que dire de la musique d'une simplicité et d'une limpidité magique...

Simple, souple, facile

Le pire est que cette qualité qui saute aux yeux dès les premières secondes semble aller de soi. Comme si Nintendo était le seul détenteur du secret tout en donnant l'impression qu'atteindre un tel sommet est d'une facilité déconcertante. Il faut voir les produits issus d'autres écuries pour se rendre compte qu'il n'en est rien.

Certes, on pourrait rétorquer que «Yoshi's Crafted World» n'est qu'un jeu de plate-formes de plus. C'est dire la puissance de notre argumentaire à charge.

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