16.09.2020 à 02:53

JaponYoshihide Suga investi Premier ministre

Le nouveau chef du Parti libéral-démocrate (PLD) doit être adoubé par le Parlement pour prendre la tête du gouvernement japonais mercredi.

Yoshihide Suga à Tokyo le 16 septembre 2020.

Yoshihide Suga à Tokyo le 16 septembre 2020.

AFP

Yoshihide Suga, 71 ans, a été élu mercredi nouveau Premier ministre du Japon par le Parlement, en remplacement de Shinzo Abe, démissionnaire pour des raisons de santé, dont il était le fidèle lieutenant.

La composition de son gouvernement devrait être annoncée plus tard dans la journée. Yoshihide Suga, qui avait déjà triomphalement remporté lundi l’élection interne du Parti libéral-démocrate (PLD) pour devenir son nouveau chef, a promis de poursuivre la politique de son prédécesseur qui était au pouvoir depuis fin 2012.

Pas de doute

Quarante-huit heures après son élection triomphale à la tête du PLD, l’adoubement de Yoshihide Suga au Parlement ne faisait aucun doute, sa formation et son allié de coalition, le parti Komeito, disposant d’une confortable majorité dans les deux chambres de la Diète. Un vote à la majorité simple est requis pour élire le Premier ministre.

Yoshihide Suga était secrétaire général et porte-parole du gouvernement depuis le retour au pouvoir de Shinzo Abe fin 2012. Fils d’un cultivateur de fraises au parcours atypique, il a fidèlement servi et conseillé Shinzo Abe pendant de longues années, coordonnant la politique entre les ministères et les nombreuses agences de l’État. Il connaît à ce titre tous les rouages de la puissante bureaucratie japonaise, mais n’a pas la stature internationale de Shinzo Abe.

Gages de stabilité

Le Premier ministre sortant, âgé de 65 ans, a battu des records de longévité à son poste, mais a choisi fin août de démissionner, ayant été rattrapé par une maladie inflammatoire chronique de l’intestin qui avait déjà été l’une des causes de la fin prématurée de son premier passage au pouvoir (2006-2007).

Yoshihide Suga s’est engagé à poursuivre les politiques de son prédécesseur, donnant ainsi des gages de stabilité aux barons du PLD, qui l’ont plébiscité lors de l’élection interne du parti lundi.

La composition de son nouveau gouvernement, dont l’annonce est attendue mercredi après le vote du Parlement, ne devrait pas réserver de grandes surprises. Des figures clés de la précédente équipe devraient conserver leurs postes, comme le vétéran Taro Aso (Finances) et Toshimitsu Motegi (Affaires étrangères), selon les médias nippons.

À la Défense, Taro Kono serait remplacé par Nobuo Kishi, qui n’est qu’autre que le frère de Shinzo Abe mais portant le nom de famille de leur grand-père maternel, Premier ministre du Japon à la fin des années 1950. Taro Kono hériterait du portefeuille de la Réforme administrative, considéré comme une priorité par Yoshihide Suga. Le nom du ministre de la Santé sortant, Katsunobu Kato, circule pour succéder à Yoshihide Suga au poste stratégique de secrétaire général du gouvernement.

Parmi les vastes chantiers qui attendent le gouvernement Suga figurent la crise du coronavirus, la récession économique, la délicate question de la tenue ou non des Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l’été 2021, et les répercussions des tensions internationales, notamment entre Washington et Pékin.

Pragmatique

Yoshihide Suga est perçu comme un leader plus pragmatique que dogmatique. Durant la brève campagne de l’élection interne du PLD, il a ainsi insisté sur la nécessité de casser les silos de l’administration publique japonaise plutôt que de proposer une grande vision politique.

Les observateurs s’attendent à ce qu’il poursuive la politique économique de Shinzo Abe, caractérisée notamment par une politique monétaire ultra-accommodante et des relances budgétaires massives, tout en accélérant des réformes structurelles jugées nécessaires.

Certains hauts responsables du PLD sont favorables à la tenue d’élections législatives anticipées, afin de consolider la légitimité de Yoshihide Suga et allonger la durée de son mandat au-delà du terme de celui initialement prévu pour Shinzo Abe à l’automne 2021. Mais pour le moment Yoshihide Suga a jugé qu’une telle élection n’était pas une priorité, arguant par ailleurs qu’il serait difficile d’organiser un tel scrutin national tant que la pandémie de coronavirus ne sera pas sous contrôle.

(AFP/NXP)

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