Football: Young Boys et la politique des petits pas
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FootballYoung Boys et la politique des petits pas

Les Bernois n’ont pas vu le ballon, il y a une semaine, à Amsterdam, face à l’Ajax (3-0). Si bien qu’avant de penser à un très hypothétique quart de finale d’Europa League, YB espère surtout montrer un autre visage, jeudi, chez lui.

par
Florian Vaney
AFP

Un journaliste suisse-allemand a fait fonctionner à fond son imagination pour poser une très jolie colle à Gerardo Seoane, tandis que l’entraîneur d’YB réceptionnait les questions en conférence de presse depuis une dizaine de minutes. En substance, il lui a été demandé si les derniers entraînements de Young Boys avait été garnis d’un «bonus remontada». Autrement dit, de séances vidéo où il aurait été diffusé le célèbre Barcelone – PSG de 2017 ou le Liverpool – AC Milan de 2005.

En plus d’être originale et bien trouvée, l’interrogation se prête parfaitement à la situation, les Bernois ayant été renversés 3-0 jeudi dernier face à l’Ajax au match aller des huitièmes de finale d’Europa League. Elle n’a pas arraché un franc sourire au visage de Gerardo Seoane, mais le technicien a joué le jeu, répondant d’un «non» très clair, avant d’argumenter.

«D’abord, chacun de nos joueurs est libre de faire ce qu’il veut et de regarder les matches qu’il entend chez lui. Ensuite, je crois qu’ils ont déjà tous plus ou moins vécu ça sur le terrain, lors d’une rencontre qu’ils perdaient 2-0 et qu’ils ont finalement remporté 2-4, par exemple.» Mais surtout, à l’inverse du Barca il y a quatre ans ou de Liverpool lors d’une finale de Ligue des champion mémorable, l’idée de renverser l’Ajax semble enfouie très loin dans la liste des priorités et des espoirs bernois.

C’est que le souvenir de la défaite de jeudi est encore au moins aussi chaud que douloureux. Le triple champion de Suisse en titre flottait sur son nuage, jubilait toujours d’avoir éliminé Leverkusen quelques jours plus tôt et s’est salement amoché en retombant sur terre. Non pas qu’une défaite face aux Néerlandais n’était pas attendue. Mais la manière, cette seule demi-occasion à se mettre sous la dent en nonante minutes, elle, a laissé des traces.

D’abord, montrer un autre visage. Ensuite…

Alors avant d’en découdre de nouveau avec Dusan Tadic, Nicolas Tagliafico et compagnie, pas de grands discours, pas de déclarations insensées. «Ce qu’on veut avant tout, c’est réussir une autre prestation qu’à Amsterdam. La seule chose qui compte vraiment, c’est ça, lance Gerardo Seoane. Produire un jeu offensif, créer du danger et faire oublier notre contre-performance du match aller. On a un nom à défendre, à représenter, on veut faire mieux. À partir de là, tout peut se passer, parce qu’il est question de football. Mais on ne va pas entrer sur le terrain avec la prétention de jouer pour gagner 4-0.»

«Mine de rien, on a de belles prestations européennes au Wankdorf sur lesquelles s’appuyer. Elles sont récentes, bien encrées dans nos têtes. Leverkusen, Feyenoord, Glasgow, la Juventus…»

Gerardo Seoane, entraîneur de Young Boys

Appelons ça la politique des petits pas. D’abord, oublier le traumatisme de la Johan Cruyff Arena. Ensuite, tenter de déstabiliser le bloc amstellodamois. Et enfin, si tout se passe exceptionnellement bien, commencer à croire au miracle. «Mine de rien, on a de belles prestations européennes au Wankdorf sur lesquelles s’appuyer. Elles sont récentes, bien encrées dans nos têtes. Leverkusen, Feyenoord, Glasgow, la Juventus…», rappelle le boss du banc bernois, sans trop en faire.

Pour sonner un début de révolte, Young Boys pourra à moitié compter sur le retour de Christopher Martins, cloué par les blessures depuis le début de la saison. Le milieu de terrain a joué avec les M21 le week-end dernier et devrait se trouver dans le groupe, moins probablement sur le terrain au coup d’envoi. Comme à l’aller, les Bernois espéreront que Guillaume Faivre se transforme de nouveau en ange gardien, le processus de rétablissement du gardien numéro 1, David von Ballmoos, n’étant pas encore achevé.

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