31.07.2020 à 16:20

Formule 1

YouTube roule sur les plates-bandes de la RTS

Le Grand Prix de l'Eifel, disputé le 11 octobre sur le circuit allemand du Nürburgring, sera accessible gratuitement dans sept pays européens, dont la Suisse.

par
Ugo Curty
La RTS est menacée par ce géant du web, spécialisé dans l’hébergement de vidéos, qui a été acheté par Google en 2006.

La RTS est menacée par ce géant du web, spécialisé dans l’hébergement de vidéos, qui a été acheté par Google en 2006.

KEYSTONE

La Formule 1 a repris ses droits le 5 juillet dernier. Le GP d’Autriche a lancé une saison bousculée par la pandémie mondiale. Une course, remportée par le Finlandais Valtteri Bottas, que les passionnés d’automobilisme ont pu suivre comme d’habitude sur la RTS avec Fabrice Jaton au commentaire.

Le service public devra pourtant faire face à une concurrence d’un nouveau genre cette année. Ce vendredi, la F1 a annoncé que le Grand Prix de l'Eifel, disputé le 11 octobre, serait diffusé sur Youtube dans sept pays européens, dont la Suisse.

«Pour la première fois dans l'histoire, les fans à travers des marchés européens sélectionnés auront l'opportunité de regarder un Grand Prix de Formule 1 gratuitement sur YouTube, incluant les essais libres, les qualifications et toute la journée de course sur le Nürburgring du 9 au 11 octobre», a annoncé Formula 1 dans un communiqué de presse.

Les jeunes en ligne de mire

«La nouvelle était dans l’air, a réagi Massimo Lorenzi. On sait que les GAFAM (ndlr: les cinq géants du web Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) s’intéressent au sport et qu’ils sont prêts à faire des coups.» Le rédacteur en chef des sports se veut rassurant. «Ce n’est pas du tout quelque chose qui nous terrorise à ce stade, poursuit-il. Les spectateurs romands sont attachés à notre chaîne, à la plus-value apportée par nos journalistes, aux commentaires en français et à l’ancrage local. Notre public nous voue une fidélité qui est unique en Europe.» Le contrat de la SSR ne la protégeait pas contre l’appétit de YouTube.

Pour l’instant, la diffusion sur cette plateforme propriété de Google d’une course de F1 reste un événement isolé. Mais à l’avenir, les diffuseurs de sport pourraient régulièrement avoir à faire avec ces mastodontes du net. «Les GAFAM arrivent sur le marché avec une autre façon de consommer le sport. Ils vont poser des problèmes aux chaînes traditionnelles, notamment en mettant l’accent sur des «highlights» ou des produits plus compacts», analyse Alexandre Rey. L’ancien attaquant de la Nati oeuvre désormais comme responsable du marketing chez «NetPlus», opérateur multimédia en Suisse romande. «Les réseaux sociaux ont réussi à capter l’attention des jeunes en ligne. Ils voient dans le sport une autre opportunité de toucher cette jeunesse.»

Du foot sur Netflix

Cette semaine, Netflix s’est positionné sur le juteux marché du football en France. La plateforme de streaming, spécialisée dans les films et les séries TV, a passé une entente avec le groupe Mediapro. Ce dernier a acquis les droits de diffusions pour la Ligue des champions et les Ligue 1 et 2 françaises. Un paquet qui sera disponible pour 30 euros par mois.

De nouvelles offres qui pourraient, à terme, devenir réalité en Suisse aussi. «Ces groupes, ce sont Goliath. En face, le service public n’est que David, image Massimo Lorenzi. La RTS a de plus en plus de peine à exister face à des adversaires qui ont des moyens illimités. Le jour où les tout-puissants GAFAM menaceront directement notre offre sportive, il sera nécessaire que le sujet devienne hautement politique

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5 commentaires
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Thierry Le Lardon

31.07.2020 à 16:24

C'est qui la RTS ? Ca se mange ?