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Tolérance zéroYoutubeurs romands en colère

La plate-forme de vidéos en ligne renforce sa traque des contenus non respectueux des droits d'auteur. Une mesure qui provoque l'incompréhension des créatifs.

par
Antoine Harari / largenetwork.com

YouTube ne fait plus de cadeau à ses utilisateurs. Depuis le début de l'année, la chaîne de partage de vidéos applique sans concession ses conditions générales.

Pour cela, la filiale de Google compte sur une arme imparable, baptisée «Content ID»: un robot qui scanne automatiquement les vidéos pour identifier si celles-ci utilisent du contenu audio sans en détenir les droits. L'algorithme a déjà envoyé des menaces de blocage à des millions de youtubeurs. Et mis à exécution la mesure dans plusieurs cas, provoquant la grogne d'utilisateurs romands.

En France, les youtubeurs se sont très vite mobilisés en créant une pétition sur le Web, à fin décembre, intitulée «Touche pas à ma vidéo». De nombreuses stars de YouTube, tel l'humoriste français Cyprien qui fait fureur auprès des jeunes, ont aussi exprimé leurs indignations à travers des messages sur Twitter.

Le blocage des vidéos concerne tous les utilisateurs de YouTube, mais affecte surtout les possesseurs de contenu rémunéré. Cette nouvelle politique impacte non seulement les vidéos de «gamers», où l'on voit une personne évoluer dans un jeu vidéo, mais aussi les parodies de clips, les samples de musique, les critiques de cinéma ou d'albums. En effet, même si elles constituent souvent de nouvelles créations, ces vidéos exploitent des contenus audiovisuels (les images des jeux, les musiques ou les samples de clips) protégés par des droits d'auteur, raison pour laquelle YouTube en interdit la diffusion.

Spécialiste du marketing, à Lausanne, Thierry Weber résume les raisons de ce durcissement: «Google en avait marre de se retrouver régulièrement en procès avec les maisons de disques aux Etats-Unis. Du coup, ils ont serré la vis.» Les violations des droits de propriété intellectuelle restent au centre de la bataille de l'industrie du disque et du cinéma, qui chiffre le manque à gagner en milliards de dollars.

Appel au boycott

Mais ce changement de stratégie pourrait entraîner une désaffection du site. Certains utilisateurs, déjà refroidis par l'obligation d'avoir un profil Google + pour pouvoir laisser des commentaires sous les vidéos, en appellent aujourd'hui à un boycott pur et simple de la chaîne de partage.

Comment être rémunéré

Lorsqu'un utilisateur poste un contenu sur YouTube, il lui est possible de le monétiser, c'est-à-dire d'accepter l'insertion de publicité avant le début de sa vidéo contre une rémunération. YouTube paie les utilisateurs au prorata du nombre de vues (en moyenne 1 dollar pour 1000 clics).

Les diffuseurs doivent cependant posséder l'intégralité des droits sur les contenus vidéo et audio qu'ils proposent. Une disposition rarement respectée à la lettre par les youtubeurs, qui utilisent volontiers des musiques, des extraits de films ou des images dont ils ne détiennent pas les droits de reproduction.

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