13.01.2020 à 13:17

Ski alpinYule: «J’aime quand la pression est à son comble»

Vainqueur du slalom d’Adelboden, Daniel Yule est entré dans la cour des grands. Retour avec lui sur ces instants hors du temps.

von
Sport-Center
Daniel Yule: «Je savais que tout reposait sur moi, mais j’apprécie ça.»

Daniel Yule: «Je savais que tout reposait sur moi, mais j’apprécie ça.»

Keystone

Daniel Yule, vous vous êtes imposé devant une foule en furie. Comment avez-vous fait pour résister à cette pression?

J’aime cette pression. Déjà à Madonna, j’étais leader après le premier tracé et je m’étais élancé en dernier. Entre les manches, je me suis dit qu’il fallait y aller à fond pour ne pas avoir de regrets. Je suis tellement content que tout ait fonctionné. J’ai fait une erreur avant le mur final, je n’y croyais plus, et puis finalement c’était du vert. Une sensation incroyable.

Vous avez semblé comme galvanisé par les attentes...

J’étais étonnamment relax entre les deux manches. J’aime quand tout le monde me regarde, que la pression est à son comble. Je savais que tout reposait sur moi, mais j’apprécie ça.

Vous en êtes à deux victoires de suite en Coupe du monde. Qu’est-ce qui a changé pour que vous puissiez franchir ce palier?

La retraite de Marcel (ndlr: Hirscher) aide: ça a libéré une place sur le podium! (Rires) J’ai progressé régulièrement tout au long de ma carrière, c’est un aboutissement naturel. C’est aussi le résultat de tout un travail avec mon team, comme avec mon équipementier, avec qui on a totalement repensé ma chaussure de ski cet été. Là, tout s’assemble, et ça paye.

De quoi vous imposer dimanche prochain à Wengen?

Il faut que je continue à bosser. À Adelboden, c’est vrai que j’ai particulièrement aimé cette neige, les conditions étaient idéales pour moi. Mais les autres concurrents aussi ont faim, il ne faut pas l’oublier. Pour l’instant, je vais apprécier cette victoire et je penserai à Wengen ensuite.

Votre meilleur résultat à Adelboden était une huitième place jusque-là. Qu’est-ce qui était différent cette année?

Les dernières années, les conditions étaient difficiles. Là, la neige était dure, elle répondait sous le pied, j’aime quand elle accélère le ski comme ça. Ça m’a permis de me lâcher à fond. Arriver en tant que vainqueur ici, ça a aussi agi comme un déclic, je savais que le pouvais le faire. C’était la première fois que j’arrivais dans la peau d’un favori à Adelboden et je suis très heureux d’avoir su répondre présent.

Un mot sur vos coéquipiers, notamment Ramon Zenhäusern, qui, diminué par une grippe intestinale, finit quatrième?

Si je suis à ce niveau actuellement c’est aussi parce qu’on se tire la bourre à l’entrainement avec tous les membres de l’équipe. L’émulation est vraiment incroyable. Aujourd’hui (ndlr: dimanche), je ne voulais pas me faire battre par les autres. C’est quelque chose qui me motive. Que ce soit en course ou à l’entraînement.

Propos recueillis par Florian Müller, Adelboden

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