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FootballYverdon, une gifle qui doit faire réfléchir

Bavois a donné une leçon de football direct à YS, en s'imposant 4-1. L'envie était du côté du «petit». Yverdon ne peut pas se le permettre.

La Promotion League en est à sa quatorzième journée. «Le Matin» vous propose de suivre l'actualité de la troisième division nationale, au moyen d'une toute nouvelle rubrique qui sera en ligne après chaque journée. Les joueurs en vue, les affiches, les phrases-choc: vous ne manquerez rien de ce qui concerne les six clubs romands de ce niveau, à savoir La Chaux-de-Fonds, Yverdon, Bavois, Stade-Lausanne-Ouchy, Sion M21 et le Stade Nyonnais.

La claque du week-end

Elle est pour Yverdon Sport et elle fait mal. Devant plus de 1000 spectateurs (778 payants), Bavois a montré ce que pouvait réaliser une équipe qui joue ensemble, s'imposant 4-1 face à un YS complètement dominé dans l'envie et l'état d'esprit. Yverdon avait pourtant bien préparé ce match, mais les hommes d'Anthony Braizat se sont retrouvés menés 3-0 après vingt minutes de manière tout à fait logique.

Sur un terrain en bon état (les Yverdonnois s'étaient entraînés toute la semaine sur le plus mauvais terrain du Stade Municipal pour «s'habituer» aux mauvaises conditions qu'ils pensaient trouver à Bavois...), YS s'est tout simplement fait marcher dessus, sans aucune circonstance atténuante. Une équipe avait compris ce que le mot «derby» voulait dire. L'autre cherche encore, tout simplement.

Anthony Braizat a pourtant tout tenté à la pause, poussant un énorme coup de gueule dans le vestiaire visiteurs. A ce moment-là, YS, qui était revenu à 3-1 à la 38e grâce à un penalty de Djibril Cissé (touché par Robin Enrico), pouvait espérer revenir dans ce match. Mais Muamer Zeneli, une nouvelle fois excellent, a plié l'affaire à la 65e d'un coup-franc vicieux traversant toute la défense pour tromper Dany Da Silva. 4-1, score final.

Yverdon Sport étant tellement fragile dans les têtes, ce match a soulevé beaucoup d'interrogations dans le vestiaire. On a ainsi vu un Arthur Deschenaux passablement énervé à sa sortie à l'heure de jeu. Pas forcément énervé d'être remplacé, mais plus soucieux de l'équilibre général de l'équipe, qui tend à tanguer un peu depuis quelques semaines. En fait, YS est à un tournant, pas forcément facile à gérer pour le président Mario Di Pietrantonio et l'entraîneur Anthony Braizat: celui du semi-professionnalisme.

Le président, d'un côté, veut grandir et atteindre la Challenge League très vite, tout en gardant une certaine identité régionale. Le projet est plaisant, surtout qu'il s'accompagne de faits concrets et de réussites tangibles (promotion en juin dernier, le nouveau stade qui arrive). Anthony Braizat, lui, est un professionnel à 100%, qui vit pour le football et qui a moins d'états d'âmes. Il gère son vestiaire comme celui d'un club pro et prend ainsi le risque, délibéré, d'écarter ou de fâcher ceux qui sont là depuis le début de l'aventure, sans trop d'explications. YS se trouve en pleine phase de transition et il faudra se poser les bonnes questions à Noël, car Yverdon a montré samedi que tout pouvait voler en éclats assez vite.

Cela ne veut pas dire que les Yverdonnois ne monteront pas en mai prochain. Mais cela veut dire qu'il y a des soucis à régler et qu'il faudra le faire très vite car aujourd'hui, Kriens a cinq points d'avance. Si la trêve de Noël est atteinte avec ce retard, pas de problème. Mais si le SCK ou Nyon comptaient sept à huit unités d'avance, la montée serait fortement compromise avant même le début du deuxième tour. Clairement, ce n'est pas le moment de lâcher dans les têtes. Ni de lâcher tout court, d'ailleurs. A Yverdon de réagir très vite, dès samedi à la maison face à Brühl.

L'arrivée en fanfare

Yverdon Sport compte deux fans clubs bien distincts. Les fameux «Verts-Play» sont toujours là et, depuis quelques semaines, la «Section Lac» a fait son apparition. Les deux groupes se mettent à des endroits distincts dans le stade et, disons, les deuxièmes sont un peu plus virulents que les premiers. Ainsi, le président du FC Bavois et le cadre champêtre des Peupliers ont eu droit à quelques refrains bien sentis au mégaphone (non, Jean-Michel Viquerat n'a pas obéi au premier chant et oui il a gardé son pantalon).

Et on doit avouer qu'on a bien aimé l'arrivée des fans yverdonnois avec un très très drôle et très sonore «C'est quoi le menu?», répété une quinzaine de fois en passant devant la buvette des Peupliers. Le président du FCB a en effet une manie: celle d'envoyer par tous les canaux possibles (SMS quasiment nocturnes, Facebook, journaux) le programme de la semaine au restaurant du stade. Impossible d'y échapper pour tout habitant du Nord vaudois s'intéressant un tout petit peu au football (et aux escalopines de porc au citron avec risotto au parmesan). Bref, un petit chambrage comme on aime et qui a même fait sourire Jean-Michel Viquerat (intérieurement).

Le joueur du week-end

Muamer Zeneli, encore lui. Désolé, on parle de lui quasiment toutes les semaines, mais il est tout simplement phénoménal. Samedi, il est impliqué sur les quatre buts de son équipe, marquant un penalty et un coup-franc, tirant le corner du 1-0 et centrant (du droit après un crochet magique) pour le 3-0. Bref, un match de patron. Un de plus.

La phrase du week-end

«Je vais te faire refaire des calculations. Apparemment, ça te réussit!» De Jean-Michel Viquerat à Adrian Alvarez. L'ailier du FCB travaille dans l'entreprise du président et il est arrivé deux fois en retard à l'entraînement cette semaine, ayant dû effectuer des travaux spécifiques pour son patron-président. Avec un match plein (il a déposé Adriano De Pierro sur l'action amenant le 2-0 avec une vitesse...), l'ancien joueur du Vasteras SK a prouvé que boulot à 100% et football peuvent aller ensemble.

Le buteur du week-end

Aimery Pinga a inscrit un doublé sur la pelouse de Colovray dimanche et Sion M21 est allé chercher un bon 2-2 face au Stade Nyonnais. Sept buts désormais pour l'espoir de Tourbillon, âgé de 19 ans. Onzième match sans défaite pour Maurizio Jacobacci et les jeunes Sédunois. De là à ce que Christian Constantin décide de placer Gabri avec les M21 et de faire monter «Jaco» avec la première équipe... On n'ose même pas écrire que c'est impossible.

Le chiffre décevant du week-end

Les 255 spectateurs annoncés par le site internet (très bien fait d'ailleurs) du Stade Nyonnais. Nyon est deuxième, compte plusieurs joueurs de grand talent dans l'effectif, joue bien au football, a un entraîneur charismatique et ne fait plus parler de lui dans les coulisses. Bref, tout va bien. En plus, il y a des Vaudois (Ridge Mobulu, Romain Dessarzin...) et des Genevois (Benjamin Besnard, Fabrizio Zambrella...) sur le terrain, y compris des gars du coin (Benoît Bryand, voire Guillaume Golay, qui joue moins).

Alors, pourquoi cette affluence aussi faible et malheureusement habituelle en championnat? Heureusement, 1200 personnes sont venues en semaine en Coupe de Suisse face à Thoune, ce qui donne un peu d'espoir pour la suite. Ce Stade Nyonnais-là mérite bien mieux.

La Tchaux, ça devient chaud

Cinq défaites, une victoire. C'est peu dire que le FC La Chaux-de-Fonds est sur une série négative. Voilà les Neuchâtelois à trois points de la barre, avec les réceptions de Nyon et de United Zurich au programme, avant un déplacement à Breitenrain. Trois points sont le minimum à attendre. Quatre ou cinq, ce serait déjà bien. Six, ce serait le paradis.

Le SLO est un peu court

Les temps sont durs pour Stade-Lausanne-Ouchy. Battus par Zurich en Coupe de Suisse cette semaine, les hommes d'Andrea Binotto ont craqué en fin de match samedi sur le terrain du FC Köniz (défaite 4-1). Le souci, c'est que le banc est un peu court avec tous les joueurs blessés (dont l'indispensable Andy Laugeois) et que le coach lausannois a choisi, un peu forcé, de remettre les onze mêmes joueurs que mardi, à l'exception du capitaine Fabian Geiser.

Attention, la barre n'est plus qu'à cinq points et le calendrier restant est très compliqué (Kriens 1er, Nyon 2e et un déplacement à United Zurich, dernier). Perdre les deux prochains matches serait une très mauvaise idée avant de rendre à Zurich avec la peur au ventre... Réaction attendue, donc.

Episode 12: A trois, c'est plus sympa

Episode 11 Ibrahim Tall, intraitable derrière, décisif devant

Episode 10: La Tchaux, quel caractère!

Episode 9: L'accélération d'Alvarez, la Ferrari de «CC» et les fins de matches d'Yverdon Sport

Episode 8: Djibril Cissé a fait trembler la Charrière

Episode 7: Nyon, c'est vraiment costaud

Episode 6: Nyon et Yverdon en chasseurs

Episode 5: Le coup de vice génial de Muamer Zeneli

Episode 4: Fabrizio Zambrella, la preuve qu'en Promotion League, on sait jouer au ballon

Episode 3: La Chaux-de-Fonds, les Canaries et Djibril Cissé

Episode 2: Sion M21 peut commencer à s'inquiéter

Episode 1: Ahmed Mejri, l'artiste tunisien de Stade-Lausanne-Ouchy

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