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FootballYvon Mvogo a réussi sa relance aux Pays-Bas

Prêté au PSV cette saison, le gardien fribourgeois s’est bien ressaisi après des débuts compliqués. Il est devenu l’un des hommes de base d’une équipe candidate au titre.

par
Brice Cheneval
Yvon Mvogo est en train de relancer sa carrière avec brio aux Pays-Bas.

Yvon Mvogo est en train de relancer sa carrière avec brio aux Pays-Bas.

Getty Images

Dimanche, l’Eredivisie offrait un alléchant choc au sommet entre le leader, l’Ajax Amsterdam, et son dauphin, le PSV Eindhoven. Outre l’intérêt sportif, avec la première place en jeu, cette rencontre mettait aux prises la référence du championnat au poste de gardien, André Onana, et l’international suisse Yvon Mvogo, dans un duel à distance très attendu.

À l’arrivée, les deux équipes se sont quittées bons amis (2-2), malgré l’ouverture du score du PSV par Eran Zahavi dès la 2e minute, sur une passe merveilleuse de Donyell Malen.

Les deux portiers sont donc repartis dos à dos, symbole de l’ascension linéaire de Mvogo depuis quelques mois. «Aujourd’hui, il est au niveau d’Onana, voire au-dessus», estime Philippe Pachurka, grand supporter du PSV et fondateur du compte Twitter PSV en France, dédié à l’actualité de son club de cœur.

Barré par Péter Gulácsi au RB Leipzig, le Fribourgeois a débarqué au PSV cet été pour un prêt de deux ans. Avec un objectif clair: se relancer après trois saisons de vaches maigres (seulement 19 apparitions toutes compétitions confondues). À 26 ans, il se retrouvait à un sérieux tournant de sa carrière. Mais les débuts n’ont pas été rassurants.

Désigné d’entrée comme le titulaire au poste, Mvogo a mis du temps avant de justifier la confiance de son entraîneur, Roger Schmidt. En cause: deux énormes bourdes lors de ses deux premiers matches.

«Dans les prises de balle, les relances, c’était délicat, se rappelle Philippe Pachurka. On en venait même à penser que Lars Unnerstall, le gardien qu’il a remplacé et n’était pourtant pas très rassurant, se débrouillerait mieux.»

À ce moment-là, les doutes étaient au plus haut chez les supporters. «Il y avait déjà du scepticisme à son arrivée, confirme Philippe Pachurka. C’était un inconnu, même pour moi qui, pourtant, suis beaucoup le football européen. Et quand on se penchait sur son profil, on se rendait compte qu’il avait très peu joué les saisons passées. On se posait pas mal de questions.»

Patrick Foletti, l’entraîneur des gardiens de la Nati, n’était lui pas du tout inquiet pour son protégé en équipe nationale: «J’étais très tranquille car Roger Schmidt a tout fait pour attirer Yvon, ce n’était pas un transfert de dernière minute sous le coup de la panique. Il connaissait aussi sa situation et savait qu’il fallait lui laisser du temps. De notre côté, on l’a toujours soutenu. Yvon a senti toute cette confiance et ça lui a fait du bien.»

Ses qualités impressionnent

Par la suite, l’ancien joueur de Young Boys lui a donné raison et montré que ses premiers pas hésitants s’expliquaient non pas par un niveau défaillant mais par un manque de rythme et de repères. «Après ces erreurs, j’ai travaillé encore plus dur qu’avant, témoignait-il y a un mois dans la presse locale. Je sais que l’entraîneur me voulait et je connais mes qualités. Je veux les montrer ici. Je suis heureux dans cette équipe.»

«Ce qui m’a plu, c’est sa réaction. Il en est sorti plus fort, réagit Patrick Foletti. Ce n’est pas facile quand on arrive dans une nouvelle équipe et qu’on rate ses débuts. Mais en très peu de temps, il a su gagner la confiance de son entraîneur, de ses coéquipiers.»

«Après trois ans sans jouer, on voit qu’il ressent beaucoup de plaisir à être sur le terrain»

Patrick Foletti, entraîneur des gardiens de l’équipe de Suisse

Les performances d’Yvon Mvogo ont mis tout le monde d’accord. Il a notamment détourné un penalty contre Zwolle, le 18 octobre, et signé nombre d’arrêts spectaculaires. Résultat: il n’a raté que deux matches sur les 24 disputés cette saison par le PSV, toutes compétitions confondues. Un en championnat et un en Coupe, à chaque fois parce que Roger Schmidt souhaitait le faire souffler.

«Désormais, il est titulaire sans discussion, relate notre interlocuteur. C’est l’homme de base du PSV cette saison. Il a fait gagner quelques points à l’équipe. Il est meilleur à la relance, fiable sur sa ligne et inspire confiance dans les prises de balle. Il monte en puissance. Il effectue surtout des détentes phénoménales. C’est un gardien félin, je le compare un peu à Joseph-Antoine Bell (ndlr: ex-international camerounais élu meilleur gardien africain de l’histoire).»

«Il a toujours été doté d’immenses qualités techniques et physiques. Mais, maintenant, on peut les voir régulièrement, abonde Patrick Foletti. Et après trois ans sans jouer, on voit qu’il ressent beaucoup de plaisir à être sur le terrain. Il est en train de progresser tactiquement et grandit avec l’équipe.»

«Il est meilleur à la relance, fiable sur sa ligne et inspire confiance dans les prises de balle.»

Philippe Pachurka, fondateur du compte Twitter PSV en France

Dans le sillage de leur dernier rempart, les «Boeren» (les «fermiers» en version française) se retrouvent au coude-à-coude avec l’Ajax pour le titre et ambitionnent d’aller au bout. «Si on termine champion, ce sera en grande partie grâce à lui», indique Philippe Pachurka.

En parallèle, le PSV espère continuer à briller sur la scène européenne. Après s’être qualifié pour la phase de groupes de la Ligue Europa, le club néerlandais s’est hissé à la première place de sa poule et affrontera l’Olympiakos en 16es de finale. Avec un Mvogo en confiance et à son meilleur niveau, il peut nourrir de l’espoir.

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