16.11.2018 à 11:59

InterviewZaz: «Je rêve d'être maman depuis longtemps»

La chanteuse sort aujourd'hui un album éclectique, «Effet Miroir». Elle se confie sur ses envies de maternité et son rapport à l'argent.

von
Fabio Dell'Anna

Zaz était de passage à Lausanne.

Zaz, c'est un peu la copine toujours d'excellente humeur qui vous raconte des histoires extraordinaires avec la plus grande humilité. De passage à Lausanne pour présenter son dernier disque, «Effet Miroir», disponible dès aujourd'hui, la chanteuse de 38 ans n'a pas peur de prendre de risques. Avec des sons plus rock, des textes teintés d'humour et d'amour et sa signature vocale, l'artiste est sur le point d'avoir un nouveau succès international. Est-ce qu'elle y croit? Sa cigarette éteinte, elle s'assied dans son fauteuil en tailleur, prête à nous répondre.

Votre nouvel album, «Effet miroir», montre plusieurs facettes de votre personnalité musicalement. On a du rock, des sons plus dansants mais aussi du piano voix.

Exactement. C'est assez éclectique. On retrouve des paradoxes dans ma personnalité, comme des choses plus sombres ou plus lumineuses. Ce titre signifie aussi que tout ce que l'on regarde est perçu à travers nos filtres, nos histoires, nos souvenirs. Il faut trouver le moyen de se sentir le plus libre possible. Si quelque chose ne te plaît pas, plutôt que de faire la gueule ou de râler, tu le changes. Et si ce n'est pas possible, il faut finir par l'accepter.

L'amour est sous toutes ses formes dans ce disque, non?

Oui. Pour moi, l'amour passe d'abord par soi-même. Il faut apprendre à se respecter, se considérer, s'aimer et être bienveillant avec soi-même. Nos relations reflètent ce que l'on est avec nous-même.

Votre premier single, «Qué vendrá», est déjà un beau succès. Il est même dans le Top 20 au Mexique. Cela fait quelle sensation?

C'est fou. Pendant 7 ans, je ne me suis jamais arrêtée et, grâce à ce travail acharné, je remplis des salles de 8000 personnes à Buenos Aires. C'est assez dingue de voir ce qui se passe à l'étranger.

La reconnaissance à l’international a toujours été quelque chose dont vous rêviez?

J'ai tout mis en œuvre pour y arriver. Après, cela ne m'appartenait pas. Ce sont les gens qui demandaient que je me déplace. En y allant, de nouvelles personnes commençaient à parler de moi et il y a eu un effet boule de neige.

Puis vous avez sorti un second titre «Demain c’est toi» qui parle d'un futur bébé. C'est autobiographique?

Je rêve d'être maman depuis longtemps. Les enfants sont les êtres les plus incroyables qui existent. Je suis amoureuse d'eux. Mais je ne parle pas de mon enfant, mais de tous les enfants. C'est le monde de demain. Il est important de leur donner un cadre et de rester bienveillant.

Donc cette rumeur de grossesse vous a bien fait rire?

Oui! Je ne suis pas encore enceinte, mais cela va arriver. C'est sûr!

Sur «On s’en remet jamais», on vous entend sur du bon pop rock. A quel moment vous avez décidé de prendre ce virage?

Sur scène, on avait déjà réarrangé les morceaux des anciens albums. Donc pour les gens qui n'ont pas eu la possibilité de venir, cela peut paraître comme une nouveauté. Mais pour moi, c'est assez naturel.

Vous serez le 14 février 2019 à l'Arena de Genève et vous avez un titre intitulé «Saint-Valentin» sur ce disque. Vous imaginiez un meilleur tête-à-tête?

(Rires.) Absolument pas. Je suis ravie d'être avec mon public suisse pour cette soirée.

La chanson parle plutôt d'être seule.

Exact, et qu'il ne faut pas dramatiser. C'est un titre drôle où je chante que, malgré notre célibat, on peut s'offrir un verre ou aller au cinéma seul. Tu t'accompagnes et surtout il n'y a aucune raison de se morfondre. Il ne faut rien lâcher!

Vous avez rencontré à plusieurs reprises Charles Aznavour et vous avez notamment partagé un duo avec lui...

(Elle nous coupe et dit de manière enthousiaste.) J'ai même fait du studio avec lui et Quincy Jones! C'était complètement surréaliste. J'étais bouleversée lorsque j'ai appris la nouvelle. Cela a été très étrange... Je ne pensais pas avoir cette réaction. J'avais beaucoup de tendresse pour Charles. C'était quelqu'un de très curieux, de très provocateur, qui a bouffé sa vie comme il l'entendait.

Vous gardez un bon souvenir de votre première rencontre?

C'était sur un plateau télé, on chantait «La java bleue». J'avais l'impression d'être avec mon grand-père. J'aime la connerie et lui aussi, donc c'était cool.

Vous receviez énormément de critiques à vos débuts. Les gens disaient ne pas comprendre pourquoi chanter que «l'argent ne fera pas (votre) bonheur» alors que, par exemple, vous aviez accepté de vous produire lors d'une soirée privée. Cela s'est calmé aujourd'hui?

Je ne vois plus trop les critiques. J'y fais peut-être moins attention aussi. Pour revenir sur cette histoire, même si c'est pour une soirée privée, je trouve ça complètement débile de dire non. Je chante tout d'abord pour les gens. Avec cet argent, j'ai notamment créé un festival (ndlr: le Crussol Festival). C'est un gouffre économique. Je mets tout mon argent dedans. Dans mon titre «Je veux», je ne dis pas que je ne veux pas d'argent. Je souligne que le luxe n'est pas important et je ne faisais pas les choses pour ça.

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