Zemmour fâche en France et n’est pas le bienvenu à Genève

Publié

PolitiqueZemmour choque en France et n’est pas le bienvenu à Genève

Le polémiste a indigné les familles des victimes du 13 novembre, en prenant la parole samedi au Bataclan. Le même jour, l’Exécutif genevois jugeait inopportune sa conférence dans la ville.

par
Michel Pralong
Éric Zemmour qui parle sur les lieux des attentats et que Genève n’aimerait pas entendre parler chez elle.

Éric Zemmour qui parle sur les lieux des attentats et que Genève n’aimerait pas entendre parler chez elle.

AFP

Ils étaient nombreux, les politiques à se déplacer samedi sur les lieux des attentats du 13 novembre 2015 pour rendre hommage aux victimes. Mais un hommage silencieux. Aucun, ni Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, ni le premier ministre, Jean Castex, ni le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, n’ont pris la parole. Aucun, sauf Éric Zemmour.

Devant le Bataclan, où 90 personnes ont été tuées, le polémiste a, comme il l’avait fait lors d’un meeting à Bordeaux la veille, accusé le président d’alors, François Hollande, d’avoir une lourde responsabilité dans les attentats. «L’ancien président de la République a dit lui-même qu’il savait que des terroristes seraient infiltrés parmi les migrants et il n’a pas arrêté le flot des migrants (…). Donc François Hollande n’a pas protégé les Français et a pris une décision criminelle de laisser les frontières ouvertes», selon ses propos rapportés par France info.

«Profanateur de sépulture»

Utiliser les lieux des victimes pour un discours politique, même si Éric Zemmour n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, a fortement choqué: «Vous êtes un profanateur de sépulture. Aucun politique n’avait jamais parlé un 13 novembre sur un des sites visés», a ainsi réagi Arthur Dénouveaux, le président de Life for Paris, une association des victimes des attentats du 13-Novembre.

Quant à François Hollande, il a répondu à ces critiques sur BFMTV: «J’ai pris des décisions, et le sens de mes décisions était d’assurer la sécurité et la protection de nos concitoyens, de lutter contre le terrorisme islamiste et de veiller à l’unité de notre pays, à ce qu’il réagisse comme un bloc, qu’il n’y ait pas de fracture, de rupture. Toutes les polémiques, qui sont sciemment entretenues, n’ont qu’un seul but: éviter que nous soyons cohérents, unis face à ce drame».

Pas de salle à Genève pour Zemmour

Éric Zemmour n’est pas non plus en odeur de sainteté à Genève. Sa venue pour y donner une conférence le 24 novembre a provoqué le lancement d’une pétition pour le priver de salle, pétition qui a dépassé les 1500 signatures. L’Exécutif de la Ville s’est lui-même prononcé, a annoncé la RTS samedi: il n’est pas le bienvenu!

Il ne s’agit toutefois que d’une prise de position, puisqu’il n’a pas le pouvoir de lui interdire sa venue: c’est de la compétence du canton. Mais l’Exécutif municipal précise que la présence d’Eric Zemmour n’est «dans tous les cas» pas opportune «dans un lieu géré par la Ville de Genève». Aucune salle communale ne sera donc mise à sa disposition.

Il y avait eu un précédent. la Ville ayant refusé de mettre une salle à disposition de l’humoriste Dieudonné. Celui-ci avait saisi la justice et gagné devant le Tribunal cantonal puis le Tribunal fédéral, la justice estimant qu’il s’agissait d’une violation de la liberté d’expression.

Ton opinion