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footZidane à Madrid - Houllier : "on attend d'un entraîneur qu'il laisse un héritage" (TROIS QUESTIONS)

Par Corentin DAUTREPPE Paris, 7 jan 2016 (AFP) - L'entraîneur d'un grand club, comme Zinédine Zidane l'est devenu lundi au Real Madrid, "doit laisser un héritage à celui qui va suivre", a expliqué dans un entretien à l'AFP l'ancien entraîneur de Lyon et Liverpool Gérard Houllier, actuel directeur mondial football du groupe Red Bull.

QUESTION: Qu'est-ce qu'un grand club européen attend d'un entraîneur au plus haut niveau? REPONSE: "Dans un club de haut niveau européen, il y a une habitude, une tradition de gagner des trophées. Car plus que des résultats, c'est surtout des trophées qu'on demande dans ces clubs car les résultats peuvent être bons, mais pas suffisants pour gagner quelque chose. C'est le premier point. Le deuxième, c'est qu'on attend d'un entraîneur qu'il laisse une trace, un héritage. Une équipe qui est déjà en place, c'est un peu une Formule 1, mais c'est le pilote qui va guider les améliorations à avoir; sur le choix de certains joueurs, le développement de certains autres... Il doit laisser un héritage à celui qui va suivre parce que, quand on est dans un grand club, le plus souvent on ne reste pas indéfiniment. Par son style et son management, un entraîneur doit laisser une empreinte sur le club. Enfin la troisième mission, sera de faire progresser l'équipe et les joueurs. Il faut que les joueurs, individuellement et collectivement, progressent grâce à son management, à son style d'entraînement, aux exercices qu'il va mettre en place, sa vision du jeu." Q: Est-il possible de faire progresser des joueurs comme Cristiano Ronaldo par exemple, qui semblent déjà au top? R: "Justement, c'est très intéressant que ce soit Zinédine Zidane qui soit entraîneur. Je pense qu'il peut apporter encore quelque chose aux joueurs, par de petits détails - car tout est affaire de détails au très haut niveau - pour enrichir encore leur registre de jeu. C'est dans la mission générale, mais l'objectif pour lui compte tenu de l'énorme armada de joueurs qu'il a, ce sera de mieux les faire jouer ensemble. C'est là où son rôle va être important. De ce qu'on voit de l'extérieur, il aura face à lui le problème de l'équilibre de l'équipe, car dans une équipe il faut une harmonie entre aspects offensifs et défensifs." Q: Quelle place a le management des ego dans ce travail d'entraîneur? R: "L'entraîneur doit faire comprendre que, dans son groupe, tout le monde contribue au succès, mais que toute équipe a besoin d'un équilibre. (Pour Zidane, ndlr) c'est sa personnalité et son courage qui feront que son discours marchera. Il devra être courageux mais ça fait partie des qualités requises. Dans une équipe, il y a différents types d'ego. Il devra comprendre ce qui, psychologiquement, est important pour les joueurs. Il y a différents types de grands joueurs sur un terrain: les perfectionnistes, les anxieux, les gagneurs... Lui les connaît bien, ayant été aussi l'adjoint de Carlo Ancelotti, il a cet avantage sur tout le monde. Quand vous êtes dans une grosse écurie, comme quand je suis arrivé à Lyon, finir 2e c'aurait été un échec. Et si malheureusement le Real finit 5 ou 6e, forcément il y aura une déception. On s'attend à ce que l'équipe sous sa direction: 1- ait des résultats, 2- ait son propre style comme tous les entraineurs en ont, 3- effectue des progrès et s'améliore. L'une des clés fondamentales dans tous ça sera de donner la confiance. Parce que le plus important, quel que soit le niveau où vous opérez, c'est d'être un fabricant de confiance." Propos recueillis par téléphone par Corentin DAUTREPPE. cda/pgr/rr

(AFP)

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