Pandémie - Zoo de Servion: les soigneurs font des singeries pour divertir les primates
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PandémieZoo de Servion: les soigneurs font des singeries pour divertir les primates

Malgré la réouverture du parc animalier début mars, les singes placés en intérieur en raison du froid restent privés de visite. Le personnel met tout en œuvre pour éviter qu’ils ne fassent la grimace.

par
Laura Juliano
Laura Juliano – Le Matin

«L’absence de visiteur, pour les primates, c’est comme si on leur avait coupé la télé!», illustre Pierre Ecoffey, biologiste et responsable des animaux du Zoo de Servion. Depuis bientôt un an, hormis quelques assouplissements éphémères des restrictions sanitaires, les singes sont privés de visite.

«Si les visiteurs se divertissent en les observant à travers la vitre, eux aussi s’occupent en regardant les visiteurs passer», note le scientifique. Et même si le zoo a pu rouvrir ses portes le 1er mars, suite à un assouplissement des mesures fédérales, pour l’instant, les primates n’ont que les soigneurs comme compagnons de jeu.

Des singes très sociables

La loi ne permet pas au public d’entrer dans le bâtiment où ils demeurent en raison des températures trop fraîches. «Si certaines races sont solitaires, d’autres ont abondamment besoin de contact comme les saïmiris de Bolivie, en voie de disparition, qui sont capturés en masse en Amérique centrale justement en raison de leur qualité sociale pour en faire des animaux de compagnie», note le spécialiste.

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Les saimirie de Bolivie sont capturés en masse en Amérique centrale pour leur qualité sociale.

Les saimirie de Bolivie sont capturés en masse en Amérique centrale pour leur qualité sociale.

Marvin Ancian
Depuis sa réouverture, le Zoo de Servion atteint une affluence de visiteurs supérieure à la moyenne.

Depuis sa réouverture, le Zoo de Servion atteint une affluence de visiteurs supérieure à la moyenne.

Marvin Ancian
Les primates du Zoo de Servion pourront voir les visiteurs en extérieur dès que les 10 degrés seront atteints l’après-midi.

Les primates du Zoo de Servion pourront voir les visiteurs en extérieur dès que les 10 degrés seront atteints l’après-midi.

Marvin Ancian

En attendant que le mercure grimpe, les soigneurs mettent tout en œuvre donc pour animer leur quotidien. Cacher de la nourriture, apporter de nouveaux jouets, donner à manger à des heures irrégulières ou servir des fruits entiers pour les occuper à peler: des méthodes qui ont tout l’air de fonctionner. «Pour l’instant, l’équipe des gardiens a fait un travail formidable, félicite Pierre Ecoffey. Aucun de nos primates n’est allé jusqu’à présenter un comportement apathique inquiétant.»

Preuve en a été faite en janvier au zoo de San Diego: les primates peuvent eux aussi contracter le coronavirus. Les soignants prennent donc toutes leurs précautions pour éviter une transmission. La manipulation de la nourriture ne se fait pas à main nue, l’hygiène est hautement surveillée et tout employé suspecté d’être malade est tenu d’éviter le contact avec les animaux comme il le fait avec ses collègues.

Une affluence supérieure à la moyenne

Comme bon nombre d’établissements, le zoo de Servion vit dans l’incertitude depuis près d’un an, au rythme des décisions du Conseil fédéral. «Ouverture, fermeture et réouverture du zoo, du restaurant, des terrasses: on a arrêté de compter, soupire le biologiste. Pour un établissement privé non subventionné, nous avons forcément subi un impact économique majeur. En dépit de l’absence de visiteurs pour remplir les caisses, nous avons continué à travailler comme toujours avec les mêmes charges d’électricité, de chauffage, de gardiennage. Les animaux, on ne peut pas les congeler ou les envoyer en vacances , il faut bien s’en occuper!»

Heureusement pour le parc animalier, depuis sa réouverture, les visiteurs affluent en masse. Un soulagement après des mois à se serrer la ceinture, mais qui laisse néanmoins le biologiste perplexe. «Nous avons une affluence bien supérieure à la moyenne, par effet de concentration. C’est normal, quand les trois quarts des centres de loisirs sont fermés: tout le monde va dans ceux qui sont ouverts. On ne s’en plaint pas, c’est bien pour le zoo. Mais on a de sérieux doutes sur l’efficacité des mesures sanitaires qui génèrent de telles concentrations humaines.»

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