Mardi 2 juin 2020 | Dernière mise à jour 14:04

Humeur 17 mai: chronique d'un vote qui n'a pas eu lieu

Aujourd'hui, la Suisse devait être en pleine effervescence. Les résultats de l'initiative de l'UDC visant à limiter l'immigration seraient en train de tomber: c'est oui, c'est non...

A quand le retour de la poignée de mains entre la Suisse et l'Europe?

A quand le retour de la poignée de mains entre la Suisse et l'Europe? Image: istock

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Imaginons, si la votation de ce 17 mai avait eu lieu: à cette heure-ci tomberaient encore de nombreux résultats. On s'acheminerait peut-être vers un oui à l'initiative de l'UDC, dite «initiative de limitation». Du côté d'Herrliberg (ZH), la famille Blocher serait alors en train de monter le champagne de la cave. Une chose est certaine, la votation de ce jour aurait tenu toutes ses promesses avec une participation record. Même à Genève, on aurait sans doute compté 60% de votants, qui refuseraient de justesse le texte.

Le non des Romands est trop faible

Continuons à imaginer: Appenzell Rhodes-Intérieures aurait probablement plébiscité la proposition à 82% visant à mettre fin à la libre circulation des personnes dans l'année qui suit. Le canton de Vaud aurait refusé à 60 %, ce qui ne serait pas assez fort pour contrebalancer les résultats positifs d'Argovie, Thurgovie, Saint-Gall ou Soleure. On attendrait encore les cantons de Berne et Zurich, dont les résultats seraient décisifs...

Pas de Plan B

Pour la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, l'heure serait alors grave... «Nous n'avons pas de plan B», disait-elle au début février au moment de lancer la campagne du non à l'initiative. Elle avait mis en garde: sans les accords bilatéraux, la Suisse allait perdre pentre 460 à 630 milliards de francs en 20 ans. Soit 23 à 31 milliards par année. Aujourd'hui, le virus a fait plus fort!

Pas même en rêve!

Karin Keller-Sutter, c'était le 11 février. Quelques semaines plus tard, la votation était reportée et l'exercice de la démocratie directe suspendu à cause de la Covid-19. Ce petit bout de virus a réussi une chose que l'UDC n'aurait même pas formuler en rêve: fermer toutes les frontières de la Suisse avec l'extérieur.

Refermer les frontières?

Dorénavant, le prix à payer sera autrement plus cher. Mais lorsqu'on votera réellement en septembre sur le texte de l'UDC, les Suisses auront-ils encore envie de fermer leurs frontières avec leurs voisins? Chat échaudé craint l'eau froide.

Eric Felley

Créé: 17.05.2020, 15h46

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