Lundi 25 mai 2020 | Dernière mise à jour 14:17

Humeur Pour 2020, tout est à jeter, il faut déjà s'y faire

Après deux semaines d’Etat d’urgence semi-confinées, les nouvelles ne sont pas bonnes. L’épidémie est tenace. Psychologiquement, il faut développer une stratégie pour toute l'année.

Il faut commencer à réaliser que l'épidémie de coronavirus pèsera sur l'ensemble de l'année 2020. Accepter cette perspective nous permettra de prendre de meilleures décisions.

Il faut commencer à réaliser que l'épidémie de coronavirus pèsera sur l'ensemble de l'année 2020. Accepter cette perspective nous permettra de prendre de meilleures décisions. Image: istock

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Cette épidémie nous est tombée dessus d’une manière si brutale, que pour l’instant nous sommes dans un état de choc qui nous empêche de penser. Cette situation va durer bien plus longtemps qu'on pouvait le penser. Durant ces deux semaines d'état d'urgence, le virus a continué de progresser en Suisse, montrant à quel point il s'était éparpillé dans la population dès le mois de février et le début mars.

Une année de notre vie

En voyant telle ou telle personne âgée dans les avis mortuaires avec la précision «emportée par le Covid-19», on se demande comment il a pu arriver jusqu'à elle. Le fait est qu'il se propage d'une manière très rapide, dans les familles notamment. Après deux semaines de semi-confinement et un mois de mesures, le temps des faux espoirs est révolu. On doit penser qu’en 2020, tout est à jeter, qu'il n'y aura peut-être même pas la Foire du Valais... Cette épidémie va prendre une année de notre vie, une année de notre économie et sera suivie d'une convalescence assez longue.

Un optimisme sur le long terme

En posant cela comme une réalité d’avenir, ce n’est pas faire preuve d’un pessimisme déplacé. Au contraire, en se fixant un horizon lointain pour sortir de crise, on peut commencer réfléchir à ses conséquences avec un optimisme raisonnable. Cela ne sert à rien de se dire qu’au mois de mai ou au mois de juin, ce sera le retour à la normale et qu'on boira des bières sur les terrasses. Tant mieux si c’est le cas, mais les signaux sont trop nombreux en Suisse et dans le monde (la moitié de la planète confinée!) pour que cela se passe ainsi.

L'impatience et la précipitation

Sur le plan politique, on peut louer le sens des responsabilités des parlementaires à vouloir siéger à nouveau début mai. Mais la première responsabilité ne serait-elle pas de suivre les mesures appelant à ne prendre aucun risque à se contaminer les uns les autres? L’impatience ne doit pas engendrer de la précipitation. On ne voit pas comment 246 parlementaires et le staff du Conseil national vont passer une semaine à deux mètres les uns des autres, alors que l'épidémie sera encore bien présente.

La frustration est générale

La frustration est générale, que l’on soit riche ou pauvre, fort ou faible, intelligent ou pas. En 2020, il faut apprendre la patience. Un exercice psychologique à laquelle nous n’étions pour la plupart pas habitués. Maintenant, il faut se demander comment notre société peut surmonter une année où tout s’arrête. On peut se dire qu'une année, finalement, ce n'est pas si grave. Le premier travail des politiques est de sortir du déni. Le second est de réfléchir comment chacun pourra redémarrer dans notre société dans de bonnes conditions.

Deux écoles vont s’affronter, ceux qui prôneront le retour au «comme avant» et ceux qui voudront construire un monde différent. De toute évidence, la seconde option va s'imposer peu à peu et bouleverser les lignes politiques habituelles.

Eric Felley

Créé: 30.03.2020, 08h38

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